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 The shadow of the wind {Livia}

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« Sin Moreno »


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MessageSujet: The shadow of the wind {Livia}   Mar 26 Juil - 20:16






Me poser des questions à tort et à travers pour chaque décision que je prenais, ce n’était pas tasse de thé et cela ne l’avait jamais été, pour une raison très simple ; lorsque l’on butait et tabassais des gens à tour de bras, on n’avait pas le temps pour les problèmes de conscience qui devenaient totalement secondaires. J’avais fini par appliquer ce mode de fonctionnement au reste de ma vie, ce qui me facilitait grandement les choses, je n’avais plus qu’à gérer la vie de tous les jours et faire en sorte qu’elle soit plus ou moins en adéquation avec mes principes et tout roulait pour le mieux. Du moins dans un monde parfait où toutes les théories fonctionnaient forcément. Malheureusement, ce n’était pas le cas ici-bas et la mort de Rafael avait fait éclater ma petite bulle de sûreté, d’abord parce que c’était toujours vers lui que je me tournais quand je me sentais apeurée et que j’avais besoin d’être réconfortée mais également parce que j’avais toujours cru que je serais la première à partir. De nous deux, il avait toujours été le plus sage et réfléchi, ce qui n’était pas dur quand il fallait soutenir la comparaison avec moi qui n’étais qu’une boule de nerfs, dirigée par ses émotions et qui dépassais parfois les bornes, bêtement, pour en payer chèrement les conséquences par la suite. Lui comme mon frère aîné, Gab, m’avaient souvent mise en garde contre les dangers d’un tel comportement, me faisant comprendre que si je continuais à agir comme une furie sous acide, je finirais par me prendre une balle perdue ou bien dans le coma après m’être pris la raclée de ma vie. Et à vrai dire, je leur avais bien ri à la gueule jusqu’à ce que j’ouvre les yeux sur la chose la plus débile que j’avais faite jusqu’à présent et à cause de mon putain d’instinct et de mon impulsivité maladive. Cette connerie avait un cul d’enfer et renfilait ses fringues en essayant de faire dans la discrétion, sans doute pour ne pas me réveiller – trop tard – et s’épargner un autre œil au beurre noir et des cris de bon matin, ce qui, soit dit en passant, m’arrangeait plutôt pas mal, je ne voulais pas affronter son regard et faire comme si tout était rentré dans l’ordre, parce que c’était tout simplement faux. On avait baisé comme des bêtes pendant des heures et je devais admettre qu’il était loin d’être nul à chier en la matière mais ça n’effaçait pas l’abandon et le reste, même si je refusais de le reconnaitre, la discussion sérieuse risquait d’être inévitable, à moins qu’il ne tienne à considérer tout ça comme une nuit de pause dans sa petite vie bien rangée d’avocat et alors, on laisserait ça de côté pour se détester avec véhémence et je dois dire que j’étais prête à y mettre tout mon cœur, ne serait-ce que pour lui faire payer le fait de m’avoir mise à poil sans que je n’ai été capable d’opposer la moindre résistance. Cette connerie, elle portait un prénom et c’était celui de mon ancien meilleur ami : Emilio. Tout le monde le connaissait parce qu’à l’époque, Raf, lui et moi étions tout bonnement inséparables, il ne se passait pas une seule journée sans que l’on se voie pour profiter du peu d’activités du quartier, fumer des joints ou aller boire quelques bières dans un squat pour ne pas se faire prendre par mon frère qui nous aurait tabassé pour nous faire passer l’envie d’imiter les grands. De nous trois, il était le seul qui avait fait des études et qui en était surtout capable, il avait quitté le ghetto des années auparavant, je connaissais par cœur le nombre d’années, de semaines, de jours et même d’heures, ce qui devait sans doute me faire passer pour une psychopathe obsessionnelle mais il avait été le seul mec pour qui j’aurais pu changer, le seul qui aurait pu m’amener vers autre chose que la vie de criminelle que je menais à présent et qui me convenait parfaitement. Après tout, je n’avais jamais rien connu d’autre, on ne pouvait pas m’en vouloir d’idolâtrer le vice et le péché alors que je baignais dedans depuis que j’étais gamine. Il était trop tard à présent, huit années s’étaient écoulées, j’avais grandi, muri et pu expérimenter la vie suffisamment pour m’apercevoir que tout ça n’avait été qu’utopie, nous étions trop différents et jamais ça n’aurait fonctionné, c’était d’ailleurs la raison pour laquelle je m’étais « rabattu » sur Rafael, parce qu’il était fait du même bois que moi et qu’il me comprenait d’un regard. Certes, ce n’était pas la grande passion, l’amour au premier regard et toutes ces choses romantiques qui me venaient en tête tout en me collant une nausée d’enfer, mais on avait eu de très bons moments et il s’était toujours montré respectueux et surtout amoureux. Malheureusement pour lui, je ne fus jamais capable de lui offrir ce qu’il méritait, à savoir un minimum d’amour et de tendresse, du moins pas autant qu’il l’aurait mérité et voulu, surtout. L’ombre de notre ancien meilleur ami n’avait eu de cesse de planer sur notre drôle de couple et ce jusqu’à la mort de Raf, six mois plus tôt. Il savait très bien que ce n’était pas vraiment à lui que je pensais quand j’avais un peu de temps libre, il avait également découvert que je donnais régulièrement de l’argent à madame Garcia, non seulement pour les factures mais aussi pour aider un peu son fils, chose qui avait bien failli me coûter la vie. Il avait fait la gueule pendant des jours après ça, refusant de m’adresser la parole, de me voir et encore moins de passer chez nous. J’essayai tout ce que je pus pour le convaincre de ma bonne foi sans succès, je finis donc par l’envoyer se faire foutre et ce fut lui qui finit par revenir malgré tout, ne revenant jamais sur le sujet, pour notre bien à tous les deux. Il le savait, il était hors de question que je cesse d’agir comme je le faisais, tout comme il savait qu’il n’aurait jamais pu m’enlever le souvenir de ce connard de Garcia. Il était le remplaçant et avait dû vivre avec cette idée un bon paquet de temps, ce qui ne fit qu’accentuer la culpabilité que je ressentis une fois que je me retrouvai complètement seule dans la chambre de Cruz, nue dans les draps défaits. Ce que j’avais fait cette nuit était une insulte à sa mémoire et à notre relation toute entière.

Je finis par me lever, filant directement à la douche pour me défaire de l’odeur de mon amant d’une nuit mais même après avoir frotté comme une malade, je pouvais encore sentir son eau de toilette, à moins que tout ça ne fût que le fruit de mon imagination. Une fois habillée et prête pour mon déjeuner avec Sofia, je fis en sorte d’effacer les traces de la veille, ramassant mes fringues dans le salon et changeant le lit de mon frère avant de m’atteler à la cuisine et au rangement à un rythme tel que je n’avais même plus l’opportunité de penser. Heureusement que le reste de la journée était planifié de telle sorte que je ne me retrouvai pas seule un seul instant. Après mon déjeuner avec l’ex petite amie de mon frère, l’une des rares femmes pour qui j’avais de l’estime, nous avions enchaîné par une virée shopping , durant laquelle elle me fit acheter un nombre incalculable de robes pour mes futurs plans séduction en boîte de nuit – ce qui n’arriverait jamais - puis je l’abandonnai après avoir reçu un appel lié à mon boulot. Inutile de préciser qu’ils furent tous surpris de me voir débarquer en robe et j’eus le droit à quelques commentaires grivois jusqu’à ce que je sorte mon flingue et le braque entre les deux yeux d’un de mes « frères ». Bizarrement, il la ferma immédiatement et les ricanements cessèrent presque aussitôt. Je n’avais pas besoin de lire dans leur esprit pour savoir ce qu’ils pensaient. Ca avait déjà dû faire le tour entier du quartier puisqu’Emilio était sorti de chez moi vers huit heures ou huit heures et demi, que j’avais eu le droit à quelques remarques sur le boucan que nous avions fait par mes voisins et que les commères étaient toujours très friandes de ce genre de ragots. Ils s’étaient sûrement dits que maintenant que j’étais une vraie femme, ils pourraient prendre la confiance et me casser les couilles comme ils voulaient, sauf que ça ne marchait pas comme ça, j’en avais trop chié pour gagner leur respect et il était hors de question qu’on m’enlève ça, de toute façon, je refusais que la nouvelle star de la communauté vienne interférer dans mon boulot. J’avais déjà assez de mal à assumer le fait que nous ayons passé la nuit autrement qu’à parler, j’étais donc encore moins encline à évoquer tout ça avec des types que ça ne regardait pas et qui n’attendait qu’une belle occasion de prouver à Hector qu’il avait eu tort de croire en moi. Mais putain de merde, est-ce que j’allais voir ce qui se trouvait dans leur lit ? Connards de merde ! Je rentrai chez moi en début de soirée, sur les nerfs, de mauvaise humeur et avec une folle envie de bousiller le premier venu et l’ironie du sort voulu que ce soit mon frère Cruz, ce petit con prétentieux et imbuvable, qui me croise le premier.

« C’est toi qui a changé mon lit ? » me demanda-t-il l’air visiblement agacé
« Je vois pas quel est le problème, t’es pas rentré depuis des jours, je pensais même que tu avais déménagé. »
« Je pensais que les choses étaient claires, chacun dans sa chambre ! »

Je n’avais qu’à le regarder pour savoir qu’il avait compris, pourtant je me contentai de lui offrir un sourire arrogant avant de le planter là et de rentrer dans ma chambre pour mettre des vêtements dans lesquels je me sentais beaucoup plus à l’aise après avoir allumé ma chaîne hifi et fait tourner un album de Depeche Mode. Il se passa une heure sans que je ne cesse de tourner le problème dans tous les sens, je ne pouvais pas laisser les choses comme ça, je ne pouvais pas ignorer le fin mot de l’histoire, j’avais besoin d’avoir son avis, de savoir ce qu’il avait pensé de cette nuit et surtout qu’il me dise ce qu’il voulait, même si pour ça je devais lui coller des tonnes de claques, même si je devais le tuer après parce qu’il aurait, une fois de plus, osé me briser le cœur ! Mais au fond, la seule raison qui me donnait envie de courir de nouveau vers lui, c’était que j’avais terriblement aimé cette nuit et tout ce qui s’était passé et je me détestais pour ça. La tête entre les mains, je cherchais une alternative raisonnable à tout ça et ça me vint quand mon portable sonna et que je vis s’afficher un sms de Livia. Sans vraiment réfléchir, j’attrapai mon blouson et je sortis en trombe de ma chambre, offrant un doigt d’honneur un mon frère qui tenta de me dire quelque chose. Je fus chez elle en quelques minutes et une fois devant sa porte, je frappai, d’abord une fois et avec douceur puis plusieurs fois précipitamment, encore et encore, comme si j’étais au bord de la mort. M’enfin, c’était presque ça. Elle m’ouvrit, l’air toujours aussi décontracté et commença à me scruter, comme si je m’étais rasé la tête. J’entrai sans me faire prier, les mains dans les poches, essayant d’avoir l’air aussi relax que d’habitude, ce qui n’était pas du tout mais alors pas du tout le cas.

« J’ai ramené mon herbe mais j’espère que t’as de quoi boire parce qu’il me faudra plus qu’une bière pour oublier ! »

Elle me fixait toujours avec suspicion ce qui me fit un peu perdre patience.

« Qu’est-ce que tu regardes ? Je suis si laide que ça pour que tu me mates comme si j’étais Frankenstein ! »
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The shadow of the wind {Livia}

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