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 Jour de marché [Reggie Bell]

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« Willemina C. Castle »


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MessageSujet: Jour de marché [Reggie Bell]   Ven 8 Juil - 21:39

    Los Angeles, la cité des anges….ils sont où les anges ? Nan parce que sérieusement, Willemina commençait sérieusement à douter du bien fondé de l’appellation de cette ville. Bon, certes, elle avait de la chance et logeait dans un coin assez calme de la ville, le beau temps présent lui permettait de faire de multiples sorties et elle pouvait voir ce côté de la ville qui attirait tant les touristes. Car oui, elle jouait les touristes sans aucun remords. Ne vous méprenez pas, la DEA l’avait bien envoyé ici en tant qu’agent spécial, elle avait donc pas mal de boulot. Mais pour le moment, aucun signe de ces supérieurs, personne ne l’avait contacté alors elle venait de s’octroyer gracieusement quelques jours de vacances. Et elle en avait bien besoin. Sa précédente mission au fin fond du Texas l’avait épuisé. Son petit groupe constitué d’une dizaine d’agent avait traqué sans relâche et pendant trois mois une bande de texan passant pour de gentils fermiers aux yeux des habitants mais étant en réalité des revendeurs d’armes. Ils fournissaient à qui le voulaient, sans distinction politique ou raciale. Pour mener à bien la mission, il avait fallut les infiltrer. Oh bien sûr, ce n’était pas Willemina qui s’était chargée de cette partie. Avec ses airs de poupée blonde, elle n’avait aucun espoir de réussite dans cette campagne profonde restée très « old school » avec les femmes. La jeune agent avait servit d’agent référent à l’infiltré ce qui lui avait occasionné pas mal de frayeurs, dont une bien belle le jour où elle avait cru son agent mort et leur mission découverte.

    La jeune femme s’arrêta brusquement au beau milieu d’une des avenues de la ville, soudainement coupée dans ses pensées. Elle mit quelques secondes à reprendre ses esprits (bonjour les réflexes pour un agent spécial)et attrapa le gêneur qui vivrait dans sa poche. Elle avait dit quoi à propos de ses boss y’a deux secondes déjà ?

    La conversation dura très exactement 10 minutes et 45 secondes. Enfin, conversation est un bien grand mot, monologue serait plus approprié vu que Willemina ne pu caser aucun mot à part « allo » et « bien reçu ». Elle devait abandonner son idée d’après-midi shopping pour aller prendre le thé avec un certain Bell….sommité en matière de trafic de drogue dans le coin apparemment. Ca allait être le truc habituel, réduction de peine contre petites info bien croustillantes. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas eu un baron de la drogue pour le goûter…

    20 minutes plus tard – vive les embouteillages, Paris, LA même combat !- elle débarquait au centre de police, le dossier sous le bras (dont elle n’avait pas eu le temps de lire ne serait-ce une ligne) et cherchant la pièce où se trouvait son futur meilleur ami. Bon le problème, c’est que cela ne faisait que deux jours que Will était présente à LA et, n’ayant pas eu le temps de se présenter, personne ne la connaissait, ne savait qui elle était ni ce qu’elle faisait là. Autant dire qu’elle perdit un temps fou à s’expliquer et à tenter de ne pas étrangler l’autre abruti qui se tenait devant elle. Non ce n’était pas une blague, oui elle était bien agent de la DEA et me gonfle pas !

    Une fois ce léger détail réglé, c’est déjà fatiguée qu’elle pénétra dans la salle d’interrogatoire pour voir son suspect attablé et patientant. Elle s’assit en face de lui sans un mot et pris le temps de consulter le dossier pour s’en approprier les détails avant de le refermer dans un bruit sourd. Toujours sans un mot, elle examina son interlocuteur sous tous les angles, formant mentalement son plan d’attaque. Ses trois ans d’expérience depuis sa sortie de l’académie l’avait confronté à toutes sortes de types sans scrupules. Son année d’infiltration au sein d’un cartel de la drogue cherchant à s’étendre sur Washigton lui en avait appris pas mal sur l’état d’esprit de ces types et elle savait très bien que sa proposition de marché ne serait pas acceptée comme un cadeau de noël, elle allait devoir la jouer serré.

    « Je suis l’agent spécial de la DEA Willemina Castle. Je suis la pour te proposer un marché Bell. »

    Elle rouvrit le dossier et en sortie plusieurs photos qu’elle étala sur la table. Sur ces photos, l’on pouvait voir quatre corps, dont l’état

    « Tu as quatre meurtres sur le dos. Tu risques au mieux la prison à perpétuité au pire la peine de mort non sans avoir passé une petite dizaine d’année dans le couloir de la mort. Je ne sais pas ce qui est le plus préférable entre les deux. Tu connais le livre « la ligne verte » ? Tu devrais le lire. »

    Oui bon, parler littérature dans une salle d’interrogatoire n’était pas forcément habituel, mais bon dans agent spécial il y a « spécial » hein.

    « Voilà ce que je te propose, tu me donnes les informations dont j’ai besoin et moi j’interviens auprès du procureur dans ton dossier. OK ? »

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« Reggie Bell »

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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Sam 9 Juil - 4:57



Près de vingt-quatre heures déjà que Reggie était dans ce poste après que ces baltringues du C.R.A.S.H l’aient topé au club pour un quadruple meurtre. Innocent ? Pas du tout. C’est bien lui qui était à bord de ce 4x4 et qui a perpétré ce drive-by sur les putain de russes qui menaçaient le business du gang. Le civil qui s’avérait être le fils d’un juge n’était que dégât collatéral d’une balle perdue évidente au fusil des fusils mitrailleurs dont ils étaient équipés. Non, ce qui l’avait le plus intrigué, c’est les preuves que les flics avaient bien pu trouver pour le coincer et ça… Il du attendre l’arrivée de son avocat, baveux crapuleux à titré de tous les Niners ayant à faire avec la justice, pour le savoir. Il y avait un témoin oculaire. Reggie eu du mal à y croire. Bien sûr qu’il y avait du monde ce soir là dans la rue et un paquet de témoin de la fusillade… Mais depuis quand y avait-il des citoyens avec les tripes de témoigner et balancer contre un gang et contre les Niners en particulier ? Visiblement pourtant, ils en avaient bien trouvé un… Ou plutôt une apparemment puisqu’il s’agissait d’une femme, ce qui ne changerait au sort que Trevor devait déjà être en train de lui réserver pour faire tomber les charges à l’eau.

Quoi qu’il en soit, il avait laissé repartir l’avocat confiant puisque toute l’accusation ne reposait que sur ce seul témoin… Un coup de balais et il serait libre. Il suffisait juste de patienter le temps que les gars la trouvent dehors et la fassent taire. D’ici là, il serait sûrement transféré à Pelican Bay en détention provisoire au vu de ses antécédents et de son casier déjà chargé. L’avocat lui avait déjà dit de ne pas compter sur une caution, même astronomique, au vu des charges qui pesaient contre lui. En attendant, il était repartit dans leur cage de garde à vue en pensant enfin pouvoir se reposer un peu et trouver le sommeil, mais visiblement ces enfoirés de flics ne l’entendaient pas comme ça puisque moins de deux après, un officier revenait lui passer les menottes pour l’emmener en salle d’interrogatoire. Ô oui, il les connaissait bien leurs méthodes… Ces guignols pensaient peut-être le pousser à bout de force en l’empêcher de dormir pour arriver à lui tirer des aveux forcés ou ce genre de conneries. Tas de clowns… Il suivit donc la fliquette qui l’emmena jusqu’à la salle, non sans « l’insulter » de lesbienne au passage comme il avait déjà insulté la bande de Mourning. C’est tout ce qu’ils avaient eu de lui d’ailleurs…

« Avocat » … Ou « Avocat fils de putes » … Ou tout au mieux « Je vous dis que dalle sans mon avocat ». Là encore, ces connards avaient attendus qu’il soit partit pour le réinterroger sans lui mais Bubba leur ressortirait le même refrain, encore et encore... Inutile de jouer aux méchants flics aux gros bras avec lui, il leur rendait à tous au minimum une tête et vingt kilos. Dans la pièce sombre, il s’assit sur la chaise devant la table et laisse l’officier en uniforme le menotter à une barre soudée à celle-ci. Reste plus qu’à attendre Mourning… Ou peut-être l’autre là, le barbu qui se la joue sudiste du 19ème siècle avec ses droits. Peut-être importe quel est le connard d’entre eux qui débarque, il aura le droit à son même mépris. Le temps passe… Cinq… Dix minutes… Un quart d’heure bientôt. Reggie soupire et secoue négativement la tête en soupçonnant une nouvelle méthode d’interrogatoire pour le pousser à bout. Puis enfin la porte s’ouvre à nouveau, mais même sans se retourner, il sait déjà que ce n’est pas un flic du C.R.A.S.H ni même l’officier qui l’a amené ici. Non… Un parfum de femme envahit rapidement la pièce jusqu’à ses narines et c’est bientôt une jeune blonde qui arrive devant lui pour s’installer sur la chaise d’en face.

Il hausse les sourcils, penche légèrement la tête sur le côté pour la regarder en biais consulter un dossier qu’il devine être le sien. C’est un sketch ? La caméra de surveillance est une caméra cachée pour un bêtiser télévisé ? Voilà qu’il lui envoie une nana, et qui plus est une nana qui ne connait rien à l’affaire et a besoin de lire son putain de dossier avant de savoir de quoi elle parle ?! L’homme ne peut s’empêcher de finir par rire doucement, amusé par la situation au moment où elle se présente à lui. Ah… Il comprend mieux maintenant. DEA. Les stups… Qu’est-ce qu’elle fout ici ? Il n’y a aucune charge de trafic de came qui pèse contre lui à ce qu’il sache. Heureusement, parce qu’il risquait presque d’en prendre pour autant que pour ces meurtres au vu de l’importance du réseau qu’il dirigeait pour les Niners…

« Ces baltringues de l’antigang sont tellement désespérés qu’il ont rien trouver de mieux que de m’envoyer une gonzesse … C’est pas croyable... » glisse-t-il dans un nouveau rire narquois qui le traverse.

Et son amusement n’est pas près de se dissiper au vu de ce qu’elle lui raconte ensuite. Est-ce qu’elle connaissait les gangs ? Est-ce qu’elle savait seulement qui il était ? Ce que le nom de Reggie Bell représentait à Inglewood ? Il lui dirait bien qu’elle faisait fausse route complète et que les types comme lui, d’où ils venaient, préfèrent mourir que de rester enfermés dans une cage le reste de leurs jours et que le couloir de la mort était donc une meilleure issue que la perpétuité à ses yeux de gangster. Mais il n’en fait rien. Non… Elle, elle lui plait déjà bien… Il va s’amuser un peu avec et donc ne rien dire de son désintérêt pour une quelconque offre concernant la peine qu’il encoure. De toute façon, il ne purgera rien. Cette salope de garce qui l’a identifié sera bientôt bien moins bavarde avec un peu de plombs de 38 au fond de la bouche… Et lui, libre comme l’air. Il ne répond pas non plus à son allusion sur « La ligne verte », bien que cela le démange. Il l’aurait fait s’il n’avait pas su qu’elle était de la DEA et donc là pour des affaires de came.

« Les seules lignes que je connais, elles sont blanches et des connards de junkies les sniffent pour me faire gagner en une semaine ce que tu gagnes en deux mois… »

Il l’a pensé tellement fort, derrière ce sourire qui reste accroché à ses lèvres… Elle lui propose une sorte de marché ? Ok... Il acquiesce d’une moue consentante et d’un bref hochement de tête positif et se penche alors en avant pour poser ses avant-bras sur la table. Une manière de la tester aussi en réduisant la distance entre eux et cette table qui les séparait… Allait-elle être intimidée comme la bleu qu’il pensait deviner qu’elle était ? Il avait un poignet menotté oui… Mais il lui restait l’autre main et avec sa grande stature d’un mètre 90, son allonge était bien suffisante s’il voulait faire une énorme connerie. Il ne lui ferait pas ce plaisir… Pas plus qu’à ses « collègues » du C.R.A.S.H. Pas besoin de se rajouter une charge pour violences volontaires sur représentant des forces de l’ordre. Reggie n’était pas un jeune loup impulsif, un dealer de bas étage de la zone. C’était un chef, un cerveau de gang. Une pointure.

« C’est quoi votre nom déjà ? Castle... C’est bien ça, hein ? Alors écoutez… Je vais vous dire agent Castle… Vous voulez commencer par faire quelque chose pour moi ? Amenez moi un sandwich. Vous ou envoyez l’un de vos larbins, je m’en cogne… Il y a un subway à deux minutes de là. J’ai la dalle… J’ai rien mangé depuis près de vingt-quatre heures, alors je voudrais bien un sandwich au crabe… Sans œufs, pas trop de mayonnaise. » lui glisse-t-il doucement comme une confidence avant de se réinstaller au fond du dossier de sa chaise avec un nouveau fin sourire « Vous me ramenez ça… Et vous et moi on pourra commencer à discuter. »

Un bon deal pour commencer, non ?
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« Willemina C. Castle »


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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Sam 9 Juil - 13:05

    En la conduisant vers la salle d’interrogatoire, l’officier qui avait bien voulu la guider dans ce commissariat l’avait mise en garde, Reggie Bell n’était pas un enfant de cœur, truand notoire et impliqué dans toutes sorte d’affaire louche mais sans aucune possibilité de le prouver…et en le voyant de près à présent, Willemina trouvait qu’il avait la tête de l’emploi. Il paraît qu’il ne faut pas se fabriquer des préjugés sur le seul critère de l’apparence. Il paraît….en même temps quand le type en question est dans une salle d’interrogatoire, menottée et avec un lourd dossier…bah généralement la première impression était la bonne. Généralement hein, parce que le gaillard là, il semblait penser que Willemina était une sorte de sous-fifre envoyé on ne sait pourquoi. Mais elle ne réagit pas. Quand on vit et évolue dans un monde macho comme l’est celui de la DEA (et toutes les autres forces de police), on apprend vite à se blinder face à ce genre de remarque…et le faire payer très cher en surpassant ses collègues masculins. Mais cela est une autre histoire.

    Pour le moment, Will commençait à se demander ce qu’elle faisait là. Ses patrons avaient-ils enfin sombrés dans la folie ? Non parce que plus elle avançait dans la proposition de son marché plus elle se disait que cela n’avait aucun intérêt. Vu les charges qui pesaient sur lui, que pouvait-elle lui proposer ? Le procureur refuserait toute libération anticipée, ce qui était fort compréhensible, et elle n’avait pas l’impression que la menace de la peine de mort lui fasse grande peur. Ah moins qu’il soit absolument certain de sortir d’ici innocenté ? C’est marrant comme elle avait l’impression que ce témoin oculaire, dont le nom était soigneusement gardé secret, allait voir sa vie s’abréger de manière radicale dans peu de temps. Il faudrait mettre les meilleurs sur l’affaire pour assurer sa protection. Qui c’était les meilleurs ici ? Le C.R.A.S.H ? Oui !......mais non ! Trop de rumeur courait sur cette unité et tant que Will ne serait pas certaine du non-fondement de ces rumeurs et n’aurait pas vérifié qu’aucun pourris ne se trouvaient dans leurs rangs, tant que cela n’aura pas été vérifié, elle ne placerait pas de témoin sous leur protection.

    Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à Reggie. Bizarrement, son hochement de tête positif à l’annonce du marché ne l’enchanta pas plus que ça. Avec ces types là, le coup fourré venait toujours quand on sentait la victoire à portée de main. C’est avec curiosité qu’elle le regarda bouger et réduire le « périmètre » de sécurité entre eux. Pourtant elle ne broncha pas. Certes, il faisait au minimum trois tête de plus que lui, certes rien qu’avec une gifle il serait capable de l’assommer…encore faudrait-il qu’il l’atteigne. Elle pratiquait plusieurs sports de combats et s’en était de nombreuse fois servie. Mais comme on n’est jamais trop prudent, toute personne censée se serait reculée de quelques centimètres. Bah non, pas Willemina, bien au contraire. Elle croisa les bras sur sa poitrine et sourit. Non elle n’était pas folle, pas totalement. Elle se disait juste que s’il venait à vouloir jouer les chirurgiens esthétiques avec sa figure, certes elle ne serait pas belle à voir mais l’agent de l’autre côté de la porte réagirait assez rapidement (du moins elle l’espérait) et violence sur agent fédéral pouvait lui coûter très cher. Et du peu qu’elle avait vu dans le dossier, appris par l’agent de police et vu durant ces quelques minutes, Reggie Bell semblait trop intelligent pour se fourrer dans une embrouille pareille. Parce que le système fédéral…aïe aïe aïe, une fois le doigt mis dans l’engrenage, difficile d’en sortir. Enfin tout ce la n’était que des suppositions, une part d’elle se tenait sur ses gardes, prête à bondir en cas d’attaque du fauve sur elle.

    Sa demande de sandwich ressemblait plus à un ordre, mais elle s’exécuta avec un sourire. Si elle le volait ce marché, autan partir sur de bonnes bases. Elle se leva, ouvrit la porte, choppa un subalterne qui passait par là et lui passa commande. En attendant le repas, elle sortit du dossier la fiche présentant rapidement Bell et rangea tout le reste puis glissa le dossier marron sur un coin de la table, elle n’en aurait plus besoin. Un ange passa…et puis Gabriel et toute sa clique dans le silence. Confortablement assise, du moins aussi confortablement que possible sur ce genre de chaise, elle examina ses ongles puis la pièce, inspecta le plafond qui lui semblait bien trop fissuré et eut la pensée fugitive que s’il leur tombait dessus, ils étaient mal. Tout cela en gardant un œil sur son suspect. Il voulait son repas avant de commencer à discuter, elle respectait ce choix et attendait que son livreur de repas forcé revienne. Ce qu’il fit d’ailleurs, 10 minutes tout juste après qu’elle ait passé commande. Elle prit le sac qu’il lui présentait et referma la porte. Elle déposa sur la table un sandwich pur lui et un cookie pour elle (parce que les cookies du subway c’est trop bon et y’a pas de raison qu’il n’y ait que lui qui mange) ainsi que deux cafés.

    « Bien, nous allons pouvoir commencer. Je vais être franche Bell, les accusations de meurtre qui sont votre ton dos, je m’en contrefous. »

    Bon d’accord, c’était pas très cool pour ce pauvre gosse du juge qui n’avait rien demandé, mais elle penserait aux familles des victimes plus tard.

    « En fait, je ne suis même pas là pour cette affaire. Moi je viens vous parler du trafic de drogue dont vous êtes l’un des personnages centraux. C’est là-dessus que je veux des informations. Et ne me dite pas que vous ne savez pas de quoi je parle, je pense que personne dans cette ville ne sait pas qui vous êtes. »

    Pour l’instant, elle en était encore au vouvoiement. Pour le moment….


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« Reggie Bell »

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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Sam 9 Juil - 17:08

Elle accepta de lui faire apporter son sandwich. Bien, au moins elle changeait des autres et se montrait d’entrée moins contrariante que les cowboys du C.R.A.S.H. Un bon point pour l’agent spécial, même si elle était là pour le coincer et lui en rajouter sur le dos. Pour la peine, elle avait gagnée autre chose que des insultes ou un mur la renvoyant à ses droits et, comme promis, une discussion. En attendant la livraison express, il l’observa avec attention et ne la quitta pas des yeux. Il s’était peut-être trompé sur son compte finalement… Elle était plutôt relativement assurée et pas du tout intimidée. Séduisante, jeune, elle ne devait pas avoir la trentaine et donc pas encore une longue et prestigieuse carrière derrière elle. Au fond, dans son égo de gangster, il s’en sentait presque insulté. Les fédéraux auraient pu leur envoyer leurs plus grosses pointures, il n’était pas n’importe qui. Enfin, il n’allait pas s’en plaindre surtout qu’elle semblait plus sympathique – ou en tout cas, moins antipathique – que les autres flics qu’il avait déjà croisé et qui lui aurait fait mangé la crosse de leur flingue en guise de sandwich.

Enfin, son repas (enfin son en cas, puisque ce n’est pas ça qui allait nourrir la grande carcasse de son poids à trois chiffres) arriva et l’agent Castle partit le chercher à la porte avant de venir lui déposer son sandwich sur la table. « Merci beaucoup » lui glissa-t-il avant de se pencher en avant pour s’y attaquer. Elle avait dû ronger son frein durant ses dix minutes puisque la jeune femme replongea immédiatement dans l’affaire qui l’intéressait à peine avait-il déballé le sandwich. Rohhh quoi ? Elle ne peut pas encore attendre cinq minutes qu’il puisse manger tranquillement ? Il lui dirait bien qu’il avait toute la nuit et était même sensé avoir toute la vie devant lui avec la peine de perpétuité qu’il encourait, mais il n’aurait pas été crédible. Pressée de rentrer chez elle et de retrouver un mari ou une famille l’agent spécial ? Elle ne portait pourtant pas d’alliance au doigt, il l’avait déjà repéré en l’observant en détail le temps que la bouffe n’arrive. Alors quoi ? Elle avait bien un peu de temps devant elle, non ?! L’homme avait bien compris qu’elle n’était pas là pour les meurtres. La DEA se foutait des cadavres en général, c’était le boulot de la criminelle ou de la division en charge de la nature des victimes et suspects impliqués. Il ne répondit donc pas tout de suite, de toute façon il avait la bouche pleine et les mâchoires en activité.

Elle voulait donc qu’il lui parle du trafic et du réseau qu’elle assurait savoir qu’il tenait avec les One Niners. Cela ne sonnait qui plus est pas vraiment comme un compliment dans sa voix cristalline. Enfin, elle était déjà courageuse pour imaginer qu’un membre de gang, le numéro 2 du plus important d’Inglewood qui plus est, pas une jeune recrue de 16 ans, puisse balancer… C’était « le code » de la rue. On ne balance pas. On ne coopère pas. Peu importe sa bannière, son quartier et sa couleur. Jamais. Enfin, cette naïveté déterminée lui plaisait. Reggie prit tout de même le temps de finir son sandwich avant de lui répondre, terminant en enfermant un pouce de sa main libre entre ses lèvres charnues pour le sucer jusqu’aux dernières bribes de goût. Bien… Ca allait déjà mieux l’estomac un peu rempli. Il lui demanderait bien une bière en plus, une douche et une demi-heure avec une des putes du jour arrêtées qui traînaient toujours dans la cage, mais peut-être qu’il abuserait un peu là. Il se remit au fond du dossier de sa chaise et expira profondément en posant sa main sur sa ceinture abdominale. Il avait peut-être mangé un peu trop vite…

« Admettons… Je dis bien admettons que je suis celui que vous croyez… Vous pensez vraiment que je vais vous donner un réseau qui se chiffre en millions pour un putain de sandwich à 7 dollars ? » l’interroge-t-il finalement en haussant les sourcils avant de laisser s’échapper quelques rires de ses lèvres.

Il voulait bien jouer… Ou du moins voir les cartes qu’elle avait en main, juste par simple curiosité.

« Qu’est-ce que vous avez à m’offrir pour ça ? Hmm ? Un allègement de peine ? Vous savez aussi bien que moi quelles sont les conditions de détention dans une prison d’Etat pour un type de mon rang… J’aurais déjà toutes les étoiles que je veux dans « l’hôtel » où je vais séjourner. » reprend-t-il. Oui, de sa place, il savait déjà que l’administration et les gardiens lui accorderaient des libertés et des privilèges spéciaux. Il le voyait déjà chaque fois qu’il allait rendre visite à Laroy à Pelican Bay… Le fondateur du gang avait droit à des visites libres quand il le souhaitait, il pouvait avoir des filles, il avait une cellule aménagée de luxe et des gardiens à sa botte qui lui donnait presque tout ce qu’il demandait, à l’exception d’armes bien sûr. Tout ça parce qu’il dirigeait plus de 1 400 One Niners derrière ces barreaux et assurait à l’administration pénitentiaire qu’ils ne foutraient pas le bordel dans des émeutes. Reggie bénéficierait du même régime ou presque, si Laroy ne lui en faisait pas déjà profiter. Les quelques jours ou les quelques semaines tout au plus qu’il aurait à passer là-bas en attendant que ses hommes ne retrouvent le témoin dehors s’annonçaient donc loin d’être durs. Mais il continue tout de même dans le sens de l’agent spécial comme s’il pensait être déjà cuit…

« La peine capitale ? » lui demande-t-il maintenant avec ses mêmes traits interrogatifs. « Vous savez pourquoi les gars comme moi n’ont pas peur de mourir ? Parce qu’ils n’ont pas eu peur de vivre… » reprend l’homme en s’avançant à nouveau vers elle, plissant légèrement les paupières comme s’il cherchait à la lire. « Et vous, agent Castle ? Vous avez peur de vivre ? Vous vous cacher derrière tout un tas de lois et de restrictions, vous suivez les règles d’une société qui enchaîne jusqu’à vos rêves… Parce qu’il faut que tout le monde soit à égalité, parce qu’il faut que tout le monde ait sa part du gâteau. Pour que ce soit « juste » ? C’est ça la justice ? Vous livrez une guerre en sachant pertinemment que vous ne pouvez pas la gagner et qu’elle ne terminera jamais… Parce que même si vous m’arrêter moi, ou un autre… Il y aura toujours d’autres enfoirés qui viendront ensuite pour prendre la place et récupérer le business… ».

Il s’arrête et se remet au fond de sa chaise. Sa main libre vient caresser le fin bouc qui entoure ses lèvres avant de se reposer sur la table devant lui.

« Je vais vous dire… Je crois que vous n’avez rien à m’offrir de mieux que ce que j’ai… Les lions ne traitent pas avec les agneaux. Parce que même je meurs de votre injection létale demain, ou dans un mois... J’aurais plus vécu que vous durant les cinquante ou soixante années qu’il vous reste… Et même si on m’enferme derrière des barreaux pour tout ce temps… Je serais toujours plus libre que vous. » finit-il par conclure en penchant la tête sur le côté.

« Mais allez-y, si vous voulez on va faire quelque chose de votre temps pour que vous méritiez votre salaire horaire de fonctionnaire de police et que vous vous sentiez utile à la collectivité que vous pensez protéger… Vous me posez une ou deux question, j’y réponds. Et ensuite c’est à moi de vous poser une question à laquelle vous devez répondre. Chacun son tour, ça vous va ? » lui demande-t-il en arquant un sourcil. Ces questions à lui allaient être nettement plus différentes des siennes, ça c’était certain mais si elle ne se laissait pas démonter, peut-être qu’elle pourrait obtenir ce qu’elle veut… Et lui aussi. « Honneur aux dames… » ajoute Reggie en la présentant de sa main libre pour lui laisser poser la première question.
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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Sam 9 Juil - 18:15

    Examiner son adversaire. Voilà l’un des premiers principes qu’on lui avait inculqué. La logique même n’est ce pas ? Logique que semblait également avoir acquis Bell puisque durant le laps de temps d’attente de leurs repas, alors qu’elle l’observait, elle se sentait également observé. Jouons à celui-qui-n’exprime-aucune-émotion, jeux typique des salles d’interrogatoires. Le repas arrivé et distribué, elle fut surprise du remerciement émis par son interlocuteur. Bah celle là, on ne lui avait jamais faite dans sa courte carrière, généralement c’était les insultes, voire le mépris qu’elle recevait quand elle se pliait aux premières exigences de celui, ou celle, avec qui elle allait marchander. Surprise donc, elle se contenta d’un signe de la tête avant de regagner sa place et d’attaquer tout de suite, elle n’allait pas attendre que monsieur est fini son repas avant d’engager la discussion, manquerait plus qu’il demande à faire la sieste tiens ! La discussion commença donc. Enfin, la discussion….le monologue plutôt. Seule Will parla et quand elle se tut, ce fut le silence qui revint. Apparemment, quelqu’un avait appris à Bell à ne pas parler la bouche pleine. La politesse c’est bien, mais sur le moment elle s’en serait bien passée. Elle grignota légèrement son cookie et prit une gorgée de son café pendant que l’autre en face terminait tranquillement son repas sans en perdre une miette.

    Elle sourit. « Admettons » qu’il avait dit. Pas d’admettons, elle savait qui il était comme toute personne normalement constituée dans cette ville, LA personne qu’il valait mieux avoir dans son camp, voire même de n’être dans aucun des camps mais surtout pas en ennemi. Durant son trajet en voiture jusqu’au commissariat, ses supérieurs l’avaient rapidement briefés sur ce drôle de personnage et elle voyait à peu près sa place dans l’échiquier. Gros poisson dirait certain, trop gros même peut-être. Soutirer des infos à un type en bas de l’échelle hiérarchique du gang aurait peut-être été plus facile. Mais maintenant qu’elle était là, elle ne comptait pas partir sans s’être battue. (façon de parler hein. Parce que même avec son niveau en sport de combat, la seule chose à faire en cas de dérapage avec lui, c’était s’enfuir.)

    « 8 dollars 50 le sandwich. Ils augmentent leurs prix et on se fait avoir. Un autre que moi aurait été beaucoup moins sympa, ça mérite bien un petit quelque chose non ? »

    D’un point de vue extérieur, la scène devait être hallucinante. Un « baron » de la drogue et un agent de la DEA discutant tranquillement, échangeant banalité sur un ton tout à fait conventionnel. Les agents spéciaux fonctionnent avec tact, pas comme ces brutes de policiers ! Hum….ne nous égarons pas. La guerre entre services n’avait pas (encore) lieu d’être pour le moment ?

    Le gros problème avec ce type c’est….qu’il avait totalement raison ! Sur le papier, elle n’avait rien à lui offrir, il le savait, elle le savait et cela n’arrangeait pas son affaire.

    « Un type de votre rang….les étoiles que vous voulez….Vous êtes donc un personnage très important dans ce trafic. »

    C’est lui qui l’avait dit le premier ! On n’offre pas autant de luxe à n’importe qui, n’importe quel dealer même travaillant pour un groupe tel que les Nines. Luxe qui la révulsait plus qu’autre chose. Des gents comme elle se donnait un mal de fou pour les attraper et ces types se la coulaient douce derrière les barreaux. Il faudrait qu’elle ait une conversation avec le directeur de la prison.

    En attendant, elle avait vu juste, la peine de mort ne l’inquiétait pas plus que ça. Plus la conversation avançait, plus elle se rendait compte qu’elle n’avait pas à faire au truand de bas étages. La suite lui donna raison. Celle là, elle ne s’y attendait pas, encire une fois. Décidément, Bell s’avérait être très étonnant. Il lui servait à présent une leçon sur la vie, elle se faisait l’impression d’être revenue sur les bancs de l’école fasse à son professeur. L’image d’un Reggie Bell en tenu de professeur d’université la fit sourire.

    « Et il y aura toujours quelqu’un pour prendre ma place et reprendre la traque de ces enfoirés comme vous le dites si bien. Vous avez raison Bell, cette guerre ne se terminera jamais mais on la continuera tout de même, pour défendre nos rêves que vous dites enchaînés, pour défendre cette société corrompue je vous l’accorde mais qui possède tant de bons côtés. Et surtout pour défendre les familles détruites par la saloperie que vous vendez et celles pas encore touchées mais qui pourraient l’être un jour. Pour défendre ces gens terrifiés par votre gang et qui n’ose plus sortir ou le fond avec la peur maladive de se trouver bloqué entre deux fusillades. Nous sommes sur vos traces, avec un temps de retard certes, mais sachez que l’on n’abandonne jamais. Tout comme vous n’est ce pas ? Au fond, nous sommes pareils, seules nos motivations changent et c’est pour cela que cette guerre perdura éternellement. »

    Non elle ne s’était pas énervée, elle n’avait même pas haussé ni durci le ton. Elle lui avait répondu comme il lui avait parlé, le plus simplement du monde, comme si ils parlaient de la pluie et du beau temps.

    « Je n’ai pas peur de vivre, et mon métier peut me conduire à la mort à tout moment. Mais c’est une chose qui me fait peur il est vrai, peur de perdre les gens que j’aime. Mais peut-être est-ce une chose que vous ne connaissez pas Bell….. »

    Elle passa la main dans ses cheveux blonds et poussa un soupir. Cette drôle de discussion venait de marquer réellement le début de sont travail et elle sentait qu’elle n’allait pas l’avoir facile cette victoire, si victoire il y avait.

    « Une fois de plus vous avez raison. Je ne peux pas vous offrir mieux….mais je peux vous offrir ce qu’il y a de pire. Que diriez-vous de quitter votre prison dorée de Pelican Bay et d’aller faire un tour à…hum…disons Alcatraz ? En cellule d’isolement, sans aucun contact humain si ce n’est avec un gardien que je choisirais personnellement. De préférence quelqu’un qui a perdu un être cher à cause d’un gang tel que le vôtre. Et ce, jusqu’à la fin de votre peine, autant dire un bon moment. Mais je peux également fermer les yeux sur ce qui se passe à Pelican Bay et ne rien dire sur les innombrables et inimaginables faveurs que vous recevriez là-bas. »

    Il voulait jouer aux questions maintenant ? Après tout, pourquoi pas, elle n’avait rien à y perdre dans cette histoire non ? A elle de commencer donc. Hum…il fallait soigneusement réfléchir à la question et…..

    « Faites-vous affaire avec des membres du C.R.A.S.H ? »

    Heee ? Mais pourquoi elle avait dit ça ? C’était sortie tout seul mais pas au bon moment, elle gardait cette question pour beaucoup plus tard et formuler d’une manière différente, ça ne concernait pas du tout son affaire ça. Et savoir retenir ses mots, combien de fois elle s’était faite enguirlander à l’académie. Faut croire que ça n’avait servi à rien.
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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Mar 12 Juil - 16:35

Si cette flic des stups se montrait peut-être différente des autres dans la forme, dans le fond, elle restait pareille… Reggie pensait la même chose de tous les flics, et de tous les citoyens vivant – plutôt survivant pour lui – dans la légalité en général. Des moutons… Manipulés par un système et enchaînés par des règles au nom d’une égalité qui n’existait que sur des papiers. Heureusement, il restait toujours des loups et des alphas comme lui pour en profiter et marcher au dessus de ce système en les piétinant. Il s’enrichissait sur le désespoir et la déchéance humaine de junkies qui avaient basculés un jour dans la drogue après s’être fait heurter par cette vie d’esclave du système. Il suffisait d’un rien pour créer un camé accro à la merde avec laquelle il inondait les rues… Un divorce, des difficultés financières, un licenciement, un deuil… Le lot quotidien de coups durs qu’offrait chaque jour ce système à des centaines d’hommes et de femmes et qui les poussaient toujours plus en nombre à venir voir ses dealers Niners dans la rue. Castle, la DEA ou n’importe quelle police ne pourrait jamais arrêter ça. La demande était toujours plus grande, et l’offre, qu’elle vienne de lui ou d’un autre, serait toujours là.

Elle avait raison, ils seraient sans doute toujours là pour les combattre. L’éternel combat entre le bien et le mal… Mais ça ne finirait jamais, et dans ce cas là, c’est le mal qui triomphait toujours. Raison également sur le fait qu’il ne connaissait pas la peur de mourir ou de voir mourir des gens qu’il aimait. Reggie avait de l’amitié, de l’affection sincère pour certains gars, Trevor en tête… Mais « le jeu » restait le jeu. Si la rue t’avale un jour, c’est comme ça. C’est la loi chez lui. Même principe que pour ses collègues, il imaginait… Nombre d’entre eux mourraient en essayant de réaliser leur mission. Le métier de flic comportait des risques. Le sien aussi. Voilà tout. Les menaces de Castle ne lui faisaient pas peur. Déjà parce qu’il ne resterait jamais assez longtemps en prison pour cela, et ensuite parce que l’avocat des Niners qui allait le représenter était une pointure qui trouvait toujours le moyen de paralyser ce genre de pression et d’en jouer devant les jurés. On ne joue pas au poker avec lui sur du bluff. Surtout quand on a rien, ou si peu qu’un seul témoin prêt à témoigner en main… En ce qui la concernait, pour la drogue, elle n’avait rien. Et on ne menace pas avec rien…

Enfin, passées toutes ses théories qui les séparaient, Reggie était quand même disposé à se distraire d’une discussion avec elle. Elle n’en tirerait pas grand-chose, en tout cas rien de ce qui l’intéressait à la base, mais au moins elle aurait participé à rendre sa dernière nuit ici avant d’aller en prison plus agréable. Une question pour une autre, chacun son tour. Ca semblait plutôt honnête, non ? Et la première qu’elle lui posa n’eut d’abord qu’un petit sourire amusé sur ses lèvres comme seule réponse. Intéressant… Voilà donc la première de ses préoccupations ? La corruption du C.R.A.S.H. Elle voulait savoir que Mourning et sa brigade protégeaient les dealers et laissaient certains territoires One Niners tranquilles en échange de pots-de-vin que leur versait régulièrement Trevor... Ou peut-être le nombre de gars dont les têtes étaient mises à prix par le gang et qu’ils leur avait livrés pour qu’ils les abattent en échange d’un autre service pour eux… Non… Ca bien sûr, Reggie ne lui en dirait rien. Pas que balancer des flics criminels le dérangerait, mais le gang était en business avec eux et leur poser des soucis poserait également des soucis aux One Niners.

« J’ai dû mal comprendre… Je croyais que vous étiez de la DEA, pas des affaires internes… » lui répondit-il finalement sur le même air sarcastique avant de lui donner une vraie fausse réponse pour avoir le droit de poser la sienne ensuite. « Comme vous le savez sans doute, je suis un honnête entrepreneur qui fait construire de nouveaux logements neufs sur Queen Street… Des appartements, surtout pour les gens les plus défavorisés, mais aussi quelques duplex de grand standing. Je dois avouer que j’ai donné ma carte à l’inspecteur Mourning lors de l’une de ses « visites » amicales dans le coin, au cas où il serait intéressé par l’acquisition d’un de ses logements… Mais il ne m’a jamais recontacté. Il doit déjà avoir un appartement qui lui convient…. Alors, non, nous ne sommes pas exactement en affaires, mais je l’espère bien un jour… » glissa-t-il dans un grand numéro d’innocence incarnée.

Passer pour le bon samaritain, comme il le faisait avec ses projets immobiliers affichés comme un grand développement social dans les ghettos de Queen Street. En réalité, ces affaires servaient surtout à blanchir l’argent de la drogue et à donner une façade légale au trafic, plus qu’à reloger des pauvres familles, bien que c’était aussi le cas… Il s’arrêta un moment dans sa pièce de théâtre, la fixa un moment en fronçant les sourcils et pinçant sa langue entre ses lèvres, comme perturbé par une intense réflexion avant de reprendre.

« Je vous donnerais bien une carte de visite à vous aussi, au cas où vous seriez intéressée, mais hélas je n’en ai gardée aucune sur moi… » dit-il en mimant de tapoter ses poches. « Et vous ? Vous avez une carte agent Castle ? Laissez moi en une… Juste au cas où j’aurais quelque chose à vous proposer un jour… » lui demanda-t-il dans la foulée en haussant les sourcils.

Il parlait toujours des appartements, ou d’un marché et d’informations là ? Peut-être des deux… En tout cas, il cherchait à avoir sa carte, c’était certain. Lorsqu’il serait libre, il lui passerait peut-être un petit coup de fil histoire de lui reparler d’Alcatraz ou lui ferait livrer un sandwich Subway à 8$50 à l’adresse de son bureau en souvenir de cette nuit. Bien… Sauf erreur, c’était à lui de poser une question maintenant. Reggie commencerait doucement, pas la peine de la bousculer d’entrée.

« Vous êtes jeune, pas vrai ? Depuis combien de temps vous travaillez pour les stups ? » lui demanda-t-il.
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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Ven 15 Juil - 12:49

    Les silences qui entrecoupaient leur discussion permettaient à Willemina de rassembler ses esprits et de tenter de réadapter son plan d’attaque au fur et à mesure. Bien sûr, dès le début, elle ne s’attendait pas à ce que ce soit simple, elle n’avait pas à faire à n’importe qui. Mais elle ne s’était pas attendue à ça. Ce Reggie Belle n’étai pas un imbécile et contrecarrait la moindre de ses « attaques », retournant la situation à son avantage ou cherchant à la perdre avec de long discours et des réponses bien loin de celles qu’elle attendait. La jeune demoiselle soupira et se passa la main sur le visage. Elle avait un café mais se demandait s’il ne lui faudrait pas en commander une cargaison. La soirée promettait d’être longue.

    Il semblerait que la menace d’Alcatraz ne lui fasse pas plus peur que ça. Oh bien sûr, Will connaissait la réputation de l’avocat des Niners, il réussissait à les sortir de leur pétrin à chaque fois, pas étonnant que Bell se sente confiant. Mais sur ce coup là, l’agent de la DEA était confiante également. Qu’importe la réputation de cet avocat, elle pouvait faire appel à des personnes également très performantes. Si elle voulait l’envoyer à Alcatraz, elle en avait les moyens et il devrait peut-être prendre sa menace au sérieux. Certes, niveau preuve, elle était un peu limite, que ce soit pour la drogue ou les meurtres. Mais la justice américaine était comme toutes les administrations, elle pouvait faire traîner en longueur les procédures tout en gardant le suspect bien au chaud dans une cellule (enfin façon de parler parce que le chauffage dans les prisons, c’était pas trop ça.)

    « Vous devriez prendre au sérieux ce que je dis Bell. »

    Et rien de plus. Après tout, elle n’allait pas se lancer dans un discours avec thèse, antithèse, synthèse et arguments chocs pour le convaincre. Il s’en moquait ? Tant pis, ils se reverraient au tribunal juste après sa sentence l’envoyant à Alcatraz.

    Mais revenons-en à sa question posée sans réfléchir. Elle ne s’attendait pas bien sûr à avoir le droit à une réponse franche du genre : « C.R.A.S.H ? Ah mais bien sûr qu’on fait affaire avec eux. Je peux même vous donner le lieu, la date et l’heure du prochaine RDV avec eux. »….ça faisait un moment qu’elle avait arrêté de croire au père noël. Mais le coup de l’entrepreneur honnête…… franchement …. un rire lui échappa. Et maintenant il lui fallait démêler le faux du vrai dans cette réponse. Bon….la construction de logement neuf, ça elle pouvait mettre de côté, bien qu’elle le notait dans un coin de sa tête avec l’idée d’aller y faire un tour à l’improviste histoire de voir s’il s’agissait vraiment de familles défavorisées relogées ou de laboratoires secrets. Par contre, la rencontre avec Mourning ne lui échappa pas et elle décida de croire cette petite partie du conte qu’il était en train de lui chanter, la rencontre entre l’inspecteur et Reggie Bell. Il disait ne plus avoir de nouvelles de lui ce dont elle doutait fortement mais elle mit cela de côté, se promettant d’y revenir plus tard et de rendre une petite visite de courtoisie à l’inspecteur Mourning dès le lendemain. Perdue dans ses pensées, elle mit en moment à se rendre compte qu’il la fixait en fronçant les sourcils et se demanda vaguement quelle bêtise il allait encore lui sortir. Ca ne loupa pas. Une carte de visite hein ? Pas la peine mon chou, d’ici quelque temps, il n’en aurait plus besoin e elle saurait où se rendre si elle voulait lui rendre visite. Dans un endroit bien peu agréable, gris et entouré d’eau. Quant à la sienne de carte de visite…pourquoi pas ? Elle fouilla dans ses poche et en ressortit un morceau de papier plastifié, noir, où se trouvait juste son nom, sans son titre d’agent fédéral, l’adresse du bureau et son numéro de téléphone, téléphone de fonction bien entendu. Elle en possédait un privé sur lequel elle ne risquait pas de recevoir des appels de certains détenus ou informateurs.

    Elle fit glisser la carte sur la table avec un sourire amusé.

    « N’hésitez surtout pas à m’appeler si vous voulez…discuter. »

    Et pas du beau temps ou du dernier film à la mode.

    Ah, c’était à elle de répondre maintenant. Il commençait plutôt doucement le garçon. Peur de la brusquer ? En tout cas il la jouait plus fin qu’elle-même avec sa question sur le C.R.A.S.H, question qu’elle ne finirait pas de regretter d’avoir posée ainsi, brutalement.

    « Jeune ? Oui, j’ai 26 ans et le fait que vous me trouviez jeune me rassure. Je ne suis pas encore marquée par le métier. Hum…..si je compte les 2 ans à l’académie, cela fait 5 ans que je travaille pour la DEA. »

    Ouais…bon là elle passait pour une novice de première, comment il allait pouvoir la prendre au sérieux après ça. Mais, comme le disait on-ne-sait-plus-qui, il ne faut pas se fier aux apparences et sous ses airs de jeunette tout juste débarqué, Willemina faisait partie des meilleurs agents de la DEA, alors un peu de respect hein !

    A elle maintenant, elle allait essayer d’y aller moins franco que pour la précédente question.

    « Depuis combien de temps faites vous partie des Niners ? »

    Légalement parlant, faire partie d’un gang n’avait rien d’un délit, c’était ce qu’ils faisaient après qui constituaient un crime. Mais elle était curieuse de savoir depuis combien d’années il évoluait dans l’un des gangs les plus dangereux de LA, savoir combien de temps il avait mis à atteindre sa place. Elle ne savait pas exactement où il se situait dans la hiérarchie mais savait qu’il était dans les hautes sphères. A moins qu’il n’avoue tout d’un seul coup, rien dans sa réponse ne pourrait lui permettre de l’arrêter, elle avait posé cette question plus par curiosité qu’autre chose.
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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Sam 16 Juil - 0:59

Il l’appellerait… Elle pouvait en être certaine. Ne serait-ce que pour lui transmettre ses amitiés en guise de provocation lorsqu’il serait libre et blanchi de ces meurtres. Reggie prit sa carte avec un petit sourire satisfait et la rangea précieusement dans une poche de son pantalon. Il la récupérait avec sa montre à 50 000 $ dans ses effets personnels lorsqu’il sortirait de sa mise en détention provisoire vers laquelle il semblait tout droit se diriger dès le lendemain. Qui sait, peut-être qu’il serait aussi élégant avec une blouse orange floquée au numéro d'écrou de son matricule de détenu, il pourrait lui demander ce qu’elle en pensait mais cela lui ferait gaspiller une question pour quelque chose qui n’avait aucune importance au final. Non, l’homme préférait surtout savoir à qui il avait à faire et s’attaqua d’abord à sa carrière. Dans le mille… 26 ans et cinq ans chez les stups. Ca se lisait sur elle… Il aurait parié sa liberté sur sa jeune expérience et ce dès qu’elle avait mis les pieds dans cette pièce. A force d’en voir des flics, il commence à les connaître… Ils lui ont donc envoyée une bleue. Toute crise d’égo criminel mise à part, contrairement à ce qu’elle devait peut-être penser, ce n’était pas fait pour lui déplaire…

« Je vois… Vous êtes encore pleines d’idéaux naïfs et de valeurs morales alors… » acquiesce-t-il avec de lents hochement de tête d’accord. « C’est bien… Si je pouvais choisir, j’aimerais qu’il y ait plus de flics comme ça dans les rues. Encore frais d’esprit et avec une vraie foi de justice… Ca éviterait le spectacle de ces vieux cowboys alcooliques désabusés par des années de métier et qui descendent dans nos quartiers pour tabasser les premiers noirs qui leur passent sous la main. »

Vécu… Ca éviterait également de voir ces salopards corrompus de l’antigang qui ne cherchaient qu’à enfumer tout le monde et tirer profit des deux côtés de la loi. Les pires ordures n’étaient pas son camp, son gang de rue… Ils étaient bien dans le sien, dans ses locaux mêmes, juste derrière la porte de bureau au sigle C.R.A.S.H. Ca évidemment, il ne lui dirait pas. Même pas de façon subliminale. De toute façon, si elle voulait vraiment chercher, elle trouverait forcément. Cela lui avait d’ailleurs toujours échappé… Comment ces enfoirés de requins pouvaient continuer à faire leurs magouilles en toute impunité et à conserver leurs badges sans que personne dans la police ne leur mette le grappin dessus ? Tous complices sans doute… C’est ce qu’il pensait. Peut-être pas l’agent Castle… Certainement pas. Elle ne lui aurait pas posée cette première sinon. La suivante… Il ne s’y attendait pas à vrai dire. Il ne pensait pas que ça puisse l’intéresser. Est-ce que le nombre d’années depuis lesquelles il portait l’étendard pourpre des Niners changerait quoi que ce soit à l’idée qu’elle se faisait de lui ?

A moins qu’elle ne cherche à s’intéresser d’avantage à lui... L’idée fit naitre un fin sourire sur ses lèvres… Pourquoi cette question d’abord ? Pourquoi chercher à savoir depuis combien de temps il faisait partie d’un des plus importants syndicats criminel du compté ? Combien de cadavres avait-il laissés derrière lui ? Combien d’overdose la merde qu’il refourguait dans les rues avait bien pu provoquée ? Combien d’argent avait-il réussit à brasser grâce à ça ? Pourquoi ne pas lui demander par exemple pourquoi n’avait-il pas tiré profit du diplôme universitaire qu’il avait par exemple ? Est-ce qu’elle avait seulement croisé un seul type comme lui qui était allé à l’université et en était sortit diplômé qui plus est ? Nan… Elle n’avait de toute façon jamais croisé aucun type comme lui, c'était certain. Et ça, elle devait s’en foutre éperdument. Ce n’était d’ailleurs certainement pas noté dans le dossier qu’elle avait lu un peu plus tôt. Là-dedans, il ne devait y avoir que les condamnations de son casier judiciaire et les informations sur ses activités criminelles suspectées. C’est tout ce qui l’intéressait, et c’est ce pour quoi elle était là à priori.

Il lui fallait en tout cas une réponse… Et Reggie n’allait une fois de plus pas lui donner de façon directe. Pas besoin de jouer et prétendre ne pas faire partie des One Niners, ce serait la prendre pour une imbécile qu’elle n’était pas. Son appartenance était qui plus est affichée juste sous ses yeux… Gravée sur sa peau de manière explicite sur le tatouage de son avant-bras droit allongé sur la table à laquelle son poignet était menotté.

« J’habite sur Queen Street depuis toujours… C’est là où je suis né et où j’ai grandis. » lui répondit-il de façon tout à fait détournée, sachant très bien qu’elle savait que le nom de cette rue était reliée aux One Niners. Il aurait pu ajouter « Là où je mourrais également », mais il avait déjà dit trop d’évidences. Et pour répondre à sa question… « Et… J’ai du devenir un homme vers l’âge de seize ans. » ajouta-t-il.

Et là, il ne parlait pas de la première fille qu’il avait pliée dans un vieil appartement abandonné… Aussi laide que les lieux d’ailleurs cette fille. Il n’en garde pas un souvenir impérissable.. Enfin bref. Il parlait bien de son entrée dans le gang en tant que recrue, son premier tatouage, ses premières classes dans la rue, son premier homme tué… Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Il a monté les échelons au fur et à mesure, Trevor est devenu le chef et en a fait son numéro 2. Mais la recette n’a pas changée… Reggie recrute des enfants soldats du même âge dès 14-15 ans pour les enrôler dans le gang comme il l’a été. Enfin, ce n’est pas le même monde… A lui, non ? Bien… Cette fois-ci, il serait plus… Personnel. Car, peut-être contrairement à elle, lui ne s’intéressait vraiment qu’à elle. En même temps, de sa position de suspect, il ne risquait pas de s’intéresser à ses crimes ou à autre chose… Il fit un bref instant vrombrir ses cordes vocales pour s’assurer de garder sa voix et pencha la tête sur le côté pour la regarder légèrement en biais, déjà interrogatif.

« Vous êtes mariée ? Un petit ami… Des enfants peut-être ? » lui demanda-t-il en haussant les sourcils.

Cette fois, il ne parierait pas sa liberté sur le fait qu’elle réponde. Il aurait peut-être le droit à une autre, si elle refusait. En quoi ça l’intéressait ? Bien… Elle le serait peut-être après. Après tout elle avait parlé d’une craindre de perdre des êtres qui lui sont chers. D’ailleurs, comme la plupart des flics, elle pourrait penser qu’il voulait savoir cela pour s’en prendre à eux. Stupide… Reggie ne s’en prenait jamais aux familles. C’était un gangster, un meurtrier et tout ce qu'on voulait, mais avec certaines valeurs tout de même… Et puis si ça se trouve, elle n’avait de toute façon rien de tout ça.
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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Lun 18 Juil - 10:35

    Transposé dans un autre lieu, leur conversation aurait pu ressembler à une prise de contact tout ce qu’il y a de plus normal, un « faisons connaissance » bateau. Sauf que…sauf que voilà, ils n’étaient pas dans un parc ou à une table dans un café sympa, ils se trouvaient dans l’une des salles d’interrogatoires lugubres et froides du commissariat. Tout de suite moins sympa. Pour un peu, elle en regretterait presque Miami et ces salles d’interrogatoires vitrées laissant passer le soleil. Presque hein, parce que Miami était sa première enquête, la première fois qu’on la balançait sur le terrain et elle en gardait un très mauvais souvenir. Pas qu’elle garde un bon souvenir des autres missions, elle était là pour arrêter les gros méchants, pas faire du tourisme, mais Miami resterait toujours à part. Ils s’étaient fait griller, un des leurs avait retourné sa veste et travaillait avec le gang qu’ils cherchaient à démanteler. Etant la plus jeune et la moins expérimentée, elle était alors une cible facile et s’était fait attrapé à la sortie de l’hôtel où elle venait d’interroger quelqu’un. Le temps que ses coéquipiers la retrouve, elle avait été rouée de coup et droguée, frôlant par la même occasion une overdose. Une entrée dans le métier des plus fracassantes. Alors aujourd’hui, les types comme Bell qui se trouvait au centre des réseaux de drogues, elle leur vouait une haine sans limite. Chose qu’elle cachait bien n’est-ce-pas ? Jusqu’à présent, à aucun moment elle ne l’avait insulté ou s’était montrée haineuse. Première leçon à l’académie, essayer de retenir ses émotions en toutes circonstances.

    Mais revenons-en à notre affaire. C’est d’un air sceptique affiché que Willemina écouta son discours sur l’idéal naïf et la vraie justice. Reggie Bell en personne qui regrettait trop de flics pourris ? Permettez-lui d’en rire. Bon par contre le coup des alcooliques qui tabassaient le premier noir venu, elle n’avait rien à dire, c’était un fait avéré et contre lequel les fédéraux eux-mêmes avait du mal à lutter.

    « Vous préféreriez des agents de police clean plutôt que des pourris qui vous filent des infos en échange de je-ne-sait-quoi……. Etrange venant de votre part. ET ne me faites pas le coup du promoteur immobilier honnête et bon citoyen, vous et moi savons que vous ne l’êtes pas. »


    Tout cela ne l’avançait pas au niveau des affaires louches made in C.R.A.S.H. Allait-elle vraiment devoir se confronter à Mourning dès le lendemain ? Si elle n’arrivait à rien avec Bell, c’est ce qui l’attendait et elle supposait un affrontement plutôt musclé, se doutant que cet inspecteur, qu’elle n’avait jamais vu par ailleurs, n’apprécierait guère qu’un tout jeune agent fédéral fraîchement débarquée mette le nez dans ses affaires. Bon chaque chose en son temps, d’abord Reggie Bell, ensuite Sean Mourning, bien que les deux soit liés, elle en mettrait sa main au feu.

    Et maintenant, la réponse à sa question. 16 ans ? Un coup d’œil dans le dossier lui appris qu’il en avait 32 à présent. Il avait donc passé la moitié de sa vie dans les One Niners….Oui, elle avait bien compris que le « devenir un homme » n’avait pas la même signification pour lui que pour le reste du monde. 16 ans…..celà lui paraissait…presque normale, sans jouer les vieux de la vieille-chose qu’elle ne pouvait pas vu son jeune âge- elle avait assez voyagé dans ce monde là pour se rendre compte qu’à présent, des gosses de 11 ans faisait déjà partie de gang plus ou moins importants, alors 16 ans…mais comme il l’avait dit, il était né à Queen Street, alors elle pouvait presque considérer qu’il faisait partie du gang depuis toujours. Depuis tout petit il devait côtoyer les Niners comme tous les autres gosses de ce quartier. Pas étonnant que peu de flics intègres veuillent bien s’y aventurer. A chaque coin de rue on pouvait tomber sur des membres ou futur membres du gang prêt à en découdre avec ceux qui s’aventuraient sur leur territoir.
    Des gosses…..dans cette histoire, c’était peut-être ça qui la rendait le plus malade, des simples gosses que l’on entraîne dans des histoires de grands, les privant de leur innocence mais également des moyens de s’en sortir. C’es types n’avaient vraiment aucun scrupules. Elle ferma les yeux un instant et se concentra sur sa respiration pour évacuer la colère qu’elle sentait peu à peu monter en elle.

    Elle rouvrit brusquement les yeux, prise au dépourvue, c’était quoi cette question ?

    « Pourquoi ? Vous êtes intéressés ? »

    Une fois de plus, c’était sortie tout seul, mais la question l’avait tellement surprise qu’elle avait riposté comme si c’était un type tout à fait banal qui le lui posait et non pas un suspect.

    « Non, il n’y a personne. »

    Tu ne pourras donc pas t’en prendre à eux…..pensa-t-elle sans le dire à haute voix. Mariée, quel drôle d’idée ! Elle n’avait aucune foie en le mariage, d’ailleurs, elle n’était même pas croyante, pour elle le mariage se résumait à un bout de papier posant pas mal de problèmes en cas de divorce alors non merci. Quant aux enfants, elle se trouvait trop jeune pour cela et venait à peine de débuter sa carrière, elle n’allait pas se mettre en congé maternité maintenant. Et puis pour des enfants, il fallait un homme et ça, elle n’avait pas. Une fois, il y a 2 ans, elle avait eu une relation assez longue, mais ce petit-ami de l’époque voulait qu’elle quitte son boulot qu’il trouvait trop dangereux pour une femme et qu’elle garde la maison. La féministe en elle avait bondit et l’avait foutu à la porte en moins de deux. Depuis, plus rien. Quelques aventures d’un soir ou deux histoire de se détendre mais rien de plus.

    « Et vous Bell, y’a-t-il dans ce bas monde des personnes à qui vous tenez, pour qui vous mettriez votre vie en jeu ? »

    Elle en doutait fortement mais était curieuse d’avoir la réponse, sa réponse puisqu’il avait l’art et la manière de tourner ses phrases de drôle de manière en disant trop ou pas assez. Et puis, son dossier ne donnait rien d’autre que des informations physiologiques et son casier, rien sur sa vie privée, il fallait bien qu’elle se renseigne !
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MessageSujet: Re: Jour de marché [Reggie Bell]   Mar 19 Juil - 1:38

D’accord, le coup de l’honnête entrepreneur immobilier était un peu gros. N’empêche qu’il était sincère. Il préférerait ne voir que des bons flics dans les rues plutôt que des pourris. Surtout qu’il n’avait jamais parlé d’infos échangées ou « je ne sais quoi »… Les flics corrompus apportaient de la paix au business, mais ils coûtaient chers. Et toujours d’avantage. Sans compter qu’ils étaient un peu trop près d’eux… Trop près pour les rater si un jour l’idée leur venait à l’idée. La preuve il y a peine vingt-quatre heures et la facilité avec laquelle ses enfoirés ont pu le trouver et déjouer sa sécurité personnelle au club. Reggie ne répondit donc pas à sa remarque. Peu importe qu’elle croit à ses idées ou non, ça n’en faisait pas quelqu’un de meilleur, ni de pire non plus. Au fond, il aimait bien cette méfiance latente, cette tension agressive si joliment dissimulée derrière ses fins traits de visage angéliques. Femme séduisante, mais femme fatale aussi. L’image d’une lionne qui cherche à défendre ses petits, les flics comme elle, lui tira même un petit sourire amusé. Ils se ressemblaient un peu sur ce point. Méfiants tous deux. Mais contrairement à elle, Reggie n’avait aucune hostilité contre elle et tous ses semblables à badge. Il ne s’en était jamais pris à un flic, ni même donné l’ordre de le faire, et ne le ferait sans doute jamais. Trop risqué… Autant signer son propre arrêt de mort. Ceux qui tuent des flics ne sont que des désaxés sans aucun espoir futur.

Oh elle devait le mépriser, lui, et tout ce qu’il représentait... Tout ce qu’elle savait qu’il fait sans avoir aucune preuve pour le lui faire payer. La drogue, le trafic, les meurtres… Combien d’autres que ces quatre là ? Combien de familles détruites par ses ordres ou ses propres balles ? Combien de vies dévastées par leur addiction à la saloperie délibérée coupée pour l’entretenir qu’il faisait vendre dans les rues ? C’est peut-être ça qui lui faisait avoir tant de mépris pour lui. Peut-être que s’il lui avait donné ce qu’elle désirait, la came, et que son bail de location pour le couloir de la mort était déjà signé, elle le prendrait différemment. Non, hein ? Un prédateur, même solidement enfermé dans une cage, reste un prédateur qu’on ne peut approcher sans un certain sentiment de méfiance. La contre-question qu’elle lui posa dans la foulée de la sienne, sonna donc plus qu’étrangement dans ses oreilles. Etait-ce de l’humour, ou du défi ? Parce que s’il était vraiment intéressé, il avait du mal à la voir capable de s’intéresser, elle, aux gangsters comme lui qu’elle s’efforce de traquer. Répondre à une question par une autre question, c’était la spécialité des psys ça, non ?

« C’est votre question suivante ? » lui demanda-t-il arquant un sourcil d’interrogation.

Non… Hein ? Dans ce cas, elle n’aurait pas de réponse. Pas tout de suite en tout cas. Il lui demanderait bien où est-ce qu’elle considérait la ligne jaune à ne pas franchir avec un suspect ou s’il lui été déjà arrivée d’être attirée par un suspect. Mais il croyait déjà avoir la réponse… La vraie qu’elle lui donna lui en apprit en tout cas beaucoup sur elle… Personne ? Personne à qui penser jour et nuit sur le terrain, ici-même ou à son bureau ? Ouai… Il l’imaginait bien entièrement dévouée – et dévorée – par son travail, comme beaucoup de flics. Il imaginait même qu’elle ne compte que la plupart de ses amis parmi ses collègues. Elle lui reposa la même exacte question, ce qui le conforta un peu plus dans sa déduction suite à sa première réaction naturelle. Etait-ce vraiment important ? Pour elle, en tout cas… Il ne croyait pas à la simple curiosité, non… Plus maintenant. Il rigola doucement de la façon dont elle formula ça et surtout de la formule « ce bas monde » comme si quelques heures d’interrogatoire avec lui avaient suffis à lui faire perdre complètement espoir en sa beauté et passa brièvement sa main sur son crâne en frottant ses cheveux rasés avant de la conserver sur sa nuque engourdie.

« Ce n’est pas le même monde… » lui souffla-il d’abord dans un soupire.

On ne pouvait pas comparer sa situation avec la sienne, cette question n’avait pas la même valeur pour lui que pour elle. Reggie était dans un cercle fermé, le gang, avec un « Code » de valeurs à tenir. Donner sa vie pour un autre faisait partie du « jeu » comme on dit, bien qu’il soit beaucoup moins exposé à risque et même tenu à cette valeur précise de sa position haut placée dans la hiérarchie One Niners. Mais s’il devait un jour en prendre une pour Trevor, le numéro un par exemple, oui… Il pense qu’il le ferait. Même pour quelques uns de ses plus proches lieutenants. Mais cela va bien au-delà d’une question de sentiments, d’affection pour l’autre, bien que cela pèse évidemment dans la balance… Mourir pour le gang est une belle mort. Une mort plein d’honneur. On le résumera ainsi. Mais comment essayer de l’expliquer à quelqu’un d’extérieur ? A une flic qui plus est ? Autant essayer de convertir un prêtre au culte de satan. Reggie va donc essayer de répondre à sa question de la façon dont elle l’a posée, la sienne. S’il y avait de la famille, une femme ou quiconque pour qui il avait de l’amour… Assez pour donner sa vie ?

« Pas vraiment non plus… » finit-il par lui dire.

Bien, ça fait un nouveau point commun. Comme quoi ils n’étaient pas si différent en fin de compte. A quelques choses près… Ca se vérifiait au fur et à mesure en tout cas, à moins que ce ne soit qu’un sentiment qui lui soit propre et unique. Continuons dans ce sens pour voir… C’était à lui. Il laissa volontairement quelques longues secondes de silence prendre possession de l’atmosphère de la pièce en appuyant un regard sur elle qui se voulait en lecture, les paupières légèrement plissées… Un petit sourire au coin de ses lèvres finit par annoncer la rupture de cette vraie-fausse analyse.

« Vous êtes intéressée par moi Agent Castle… » glissa-t-il avant de se pencher en avant sur la table sur ses coudes. « Et ça... Ce n’est pas… une question… » ajouta-t-il en haussant les sourcils, découpant avec soin chacun de ses mots en hochant lentement la tête de haut en bas.

Une affirmation. Présomptueuse? Probablement. Presque certain qu’elle allait lui dire que la garde à vue le faisait délirer et qu’il racontait des conneries, ou un truc du genre, Reggie l’était pourtant tout autant d’avoir visé juste. En tout cas, il en était convaincu. Il se remit au fond du dossier de sa chaise avec un sourire retrouvé, presque fier de lui.

« La question est… Est-ce que le fait que vous me méprisiez, que vous détestiez ce que je suis… Ou celui que vous soyez intéressée par moi… altère votre jugement d’enquêtrice et fait de vous une meilleure flic ? Ou une moins efficace ? » lui demanda-t-il.

No words. L’un était lié à l’autre par les exactes mêmes raisons… Il le savait, et elle aussi sûrement..
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Jour de marché [Reggie Bell]

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