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 [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend

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« Nash Scardino »


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MessageSujet: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Ven 3 Juin - 13:14

L'heure avançait dans la nuit chaude de la ville et Nash commençait sérieusement à fatiguer. La soirée avait été rude, longue et ennuyeuse. Niveau remue ménage, il avait été servi par le calme quasi soporifique. Pas un mot plus haut que l'autre, rien du tout, pas de bagarres. Il aurait dû être content mais non. Pourtant, il n'aurait pas dit non à quelques vacances et il en avait eu ce soir. Mais vous êtes déjà resté des heures derrière un comptoir à attendre sans rien pouvoir faire d'autre que regarder les gouttes d'eau tomber du robinet ? Quoique calme pour Nash était quelque chose de très relatif car il y avait quand même eu pas mal de mouvement dans le bar ce soir, des rires forts, des techniques de dragues douteuses, des tonnes de bières, d'alcool à servir... Mais il s'était ennuyé, chose presque improbable. Alors quand dans l'avancée de la nuit, le bar se désertait pour ceux qui voulaient aller se finir dans la rue, il commençait, lui, à ranger. Ses verres, ses torchons, sa machine à café - qu'il avait déjà nettoyée deux fois durant la soirée - puis son comptoir, ses machines et éviers... Heureusement que toutes les soirées n'étaient pas comme ça, sinon il n'aurait plus qu'à pointer au chômage, ce serait pareil.

Alors que le bar se vidait, Nash alla débarrasser les tables libres, remonter les chaises et tabourets, ranger les billards et autres tables de jeu comme le babyfoot - les espagnols sont des fans de foot... Il ne restait presque plus personne sinon deux ou trois petits groupes et ce soir, en prime, c'était à lui de faire les comptes de la soirée. Le chef avait décidé de prendre sa soirée. Il ne fermait jamais la porte du bar car il y avait toujours des retardataires à servir et la politique de la maison, c'était "ferme quand le dernier sort". Le dernier n'étant pas sorti, Nash s'installa à son comptoir avec le livret de comptes, une bière fraîche et commença à compter la recette de la soirée, s'étalant quelque peu et gardant un oeil sur les tables encore occupées. Il était hors de question qu'il rentre trop tard - façon de parler - car il était fatigué, légèrement démoralisé - une passade - et qu'il rêvait, dès qu'il fermait les yeux, de son lit moelleux dans le silence presque total où il pourrait se lover. Il pourrait très bien virer tout le monde, faire ses comptes en quatrième vitesse mais la vérité, c'était que ce bar était aussi la maison de Nash. Il l'aimait passionnément et y consacrait toute sa vie. Si on venait à lui retirer le droit d'exercer dans ce bar, il deviendrait malheureux comme les pierres.

C'était donc dans cet état d'esprit là que se trouvait le barman ce soir-là, élevé sur son tabouret derrière le comptoir, ses papiers légèrement étalés et sa bière au bord de l'évier dont il entendait les quelques bulles grésiller à son oreille. Parfois, il relevait les yeux sur les rires explosifs des derniers présents qui devaient en tenir une sacrée couche mais revenait vite à son livret dans un soupir. Pour passer le temps, il repensait à l'époque où lui-même faisait partie de ces jeunes là. Ce n'était pas si loin, d'ailleurs et il avait changé si vite. Vous me direz, la prison quand on est jeune, ça forge. A une époque où il faisait connerie sur connerie, où il était plus rebelle qu'un autre, révolutionnaire, à partir en croisade pour la moindre chose qui allait contre son sens. Et il buvait, fumait à s'en déchirer la gorge sans relâche. Heureusement, il avait changé et même s'il regrettait bon nombres de choses de son passé, il était fier de ce qu'il était devenu. Quelqu'un d'honnête - ou presque - avec des valeurs sûres même si elles se retrouvaient rares mais ce n'était pas grave, au moins il savait qui il était, où il en était et ce qu'il faisait, c'était là bien le plus important.

Ses amis proches lui demandaient souvent où était sa femme - qu'il n'avait pas - et il se contentait de hausser les épaules pour répondre "Je n'ai pas encore trouvé la bonne." Grand romantique ? Non, simplement les femmes ne l'intéressaient pas pour le moment - les hommes non plus - il avait juste envie de se concentrer sur lui-même, ne se sentant pas encore complètement changé ni déchargé de son passé, ce qui lui donnait cette mine souvent antipathique parce que totalement fermée et imperméable à toute intrusion. Pourtant, certains et certaines avaient réussi à rentrer en contact avec l'animal derrière les barreaux même si l'apprivoiser restait encore un secret. Aucune personne ne semblait encore avoir réussi, de rumeurs, en tout cas. Mais même pour les rumeurs, Nash n'en faisait pas partie tellement il paraissait insignifiant à qui que ce soit. Il était un peu le visage que l'on reconnaissait sans réussir à mettre un nom dessus. Ce n'était pas grave, ça lui allait très bien. Il ressentait encore ce puissant désir de rester caché pour ne pas se faire repérer, pour qu'on lui fiche la paix. Peut-être comme un chat apeuré sous un meuble... Et chat apeuré griffe fort.

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« Sin Moreno »


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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Ven 3 Juin - 21:11



Rancunière ? Si moi j’étais rancunière ? C’était un bien grand mot dont le commun des mortels ne saisissait pas tout le sens, du moins était-ce mon opinion. Pour ma part, j’en connaissais la définition par cœur et je l’incarnais d’ailleurs à merveille. Je n’étais pas connue pour mon incroyable clémence, pas plus que pour ma gentillesse débordante mais davantage pour mon sale caractère, mes mauvaises habitudes et ma trop grande gueule. Je n’avais jamais su la fermer quand il le fallait et encore moins face à quelqu’un d’objectivement plus fort ou même plus puissant que moi. J’avais ce besoin quasi constant d’avoir raison, que les autres l’admettent et finisse par accepter ma suprématie naturelle. Certes, c’était un brin mégalo et alors ? Il n’était pas interdit d’espérer et encore moins quand cela concernait une éventuelle promotion sociale. J’étais déjà très haut dans la hiérarchie des Los Ojos, du moins en tant que femme, et j’espérais constamment monter en grade, me retrouver avec plus de responsabilités et pouvoir prouver ce dont j’étais capable sans barrière de sexe, de force ou même de taille. Mais plutôt difficile de mener une révolution seule contre tous. Au lieu d’employer la méthode forte, celle qui me convenait le mieux, soit dit en passant, j’attendais patiemment mon moment, persuadée que je saurais saisir ma chance le moment voulu. Pour le moment, je me contentais de faire ce qu’on me demandait, de profiter des droits que j’avais et surtout de cette liberté dont on ne m’avait pas privé pour une raison ou pour une autre. Il aurait fallu être fou pour me brimer, j’étais du genre coriace et bornée, plus on m’empêchait de faire quelque chose et plus j’avais besoin d’insister lourdement, quitte à ce que cela finisse très mal, je n’avais jamais peur d’aller trop loin, je pensais sans doute que le culot payait plus que le fait de rester constamment dans le rang et suivre les autres comme un troupeau de mouton incroyablement docile. Il m’arrivait tout de même de rester à ma place, de cesser de profiter de mes privilèges pour faire chier mon monde et risquer ma place, en réalité, il y avait très peu de gens qui parvenaient à me la faire fermer, mais il en existait. Tout d’abord mon frère aîné Gabriel, Vargas et quelques autres à qui je ne me frottais pas ou plus. Soit parce que j’avais eu le droit à une raclée en bonne et due forme, soit parce qu’ils m’impressionnaient assez pour que je n’ai rien à redire, pour une fois. Moi qui avais constamment une opinion sur tout et n’importe quoi et qui fatiguait tout le monde. J’étais une chieuse et je le savais, me servant souvent de mes talents de comédienne pour obtenir ce que je voulais, ou bien de mes charmes, ce qui était beaucoup plus rare. Ma méthode la plus efficace restait indubitablement mes poings s’écrasant sur la gueule de quelqu’un. Quand je vous avais dans le collimateur, il était compliqué de se débarrasser de moi jusqu’à ce que j’aie obtenu satisfaction. Je peinais souvent à m’exprimer grâce à des mots et la violence était pour moi le meilleur moyen d’extérioriser mes sentiments. Ces derniers jours, mon plus gros problème était mon frère Cruz et la gifle qu’il avait osé me foutre à cause de la nouvelle pétasse qui s’affichait à ses côtés. Non seulement ça m’avait vexé et blessé mais surtout surprise. Nous nous étions déjà battus comme des gamins mais jamais il ne m’avait frappé sous le coup de la colère, je savais qu’il avait la main leste avec certaines de ses copines mais j’avais il n’osa avec moi jusqu’à ce soir où je dégageai sa pute de chez nous. Gab ne put s’empêcher de voler à mon secours en me voyant sonnée mais ça ne changea rien à ce qui s’était passé et surtout à ce qui s’était brisé dans notre fratrie. Je ne pouvais plus faire confiance à mon propre frère, il avait baissé dans mon estime et surtout, je voulais crever ce putain d’abcès pour me sentir mieux. Après avoir dormi à droite et à gauche pendant deux jours, je débarquai chez moi, l’air hagard et d’une humeur massacrante, je n’étais pas parvenue à me calmer et le fait de le voir tout penaud, tenter de s’excuser ne m’aida en rien à faire descendre la pression. Il piétina un moment devant la porte de ma chambre, cherchant ses mots tandis que je farfouillais dans mes affaires.

« Ecoute Sin, je … »
« Tu sais quoi, tu perds ton temps, barre toi, rien que de voir ta sale gueule, ça me dégoûte ! »
« Je vois que j’ai fini par toucher en plein cœur la gamine capricieuse. Qui aurait cru que tu pouvais ressentir quelque chose ?! Tout ne tourne pas toujours autour de ta gueule, que ton mec ait claqué ou pas ! »

Ultime provocation, il savait parfaitement quoi dire pour alimenter ma colère et me faire démarrer au quart de tour. Ça ne manqua pas, je lui sautai au visage, emprisonnant mes deux mains autour de son cou tandis que je serrais de toutes mes forces et qu’il peinait à respirer, tentant tant bien que mal de se débarrasser de moi. Il finit par y arriver et me balança une droite en plein visage, ce qui m’envoya au tapis avant même que j’ai eu le temps de la voir venir. L’amour fraternel, mon cul ! On s’en mit plein la gueule jusqu’à ce qu’on ne soit plus en état de lever le poing pour l’abattre une fois de plus et qu’on soit parfaitement calmés. On était tellement identiques, ça en devenait presque troublant pour ne pas dire inquiétant, à ceci près qu’il n’était pas rancunier pour deux ronds, contrairement à moi. Je finis par me relever pour m’enfermer dans la salle de bain et tenter de limiter les dégâts un maximum avant d’émerger, de longues minutes plus tard. J’avais besoin d’un verre, voire même de plusieurs pour calmer la douleur une bonne fois pour toute. L’eau n’avait eu aucun effet sur mon arcade bien amochée et mon visage tuméfié, je devais ressembler à Elephantman, à peu de choses près. Je repassai dans ma chambre pour enfiler un marcel et un autre jean, mes anciennes fringues étant pleine de liquide grenat auquel j’avais fini par m’habituer. Quand je sortis de ma chambre, il se tenait toujours par terre, appuyé contre le canapé.

« On est quitte ? »
« Va te faire foutre ! »

Il faisait nuit noire dans le quartier quand le vent vint fouetter mon visage ou plutôt ce qu’il en restait et je préférai marcher plutôt que de prendre ma voiture, de toute façon, si je forçais trop sur la bouteille, il était plus prudent que je reste à pieds ou bien que je prenne un taxi, pour le bien de tous mais surtout le mien. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, je ne tenais pas à claquer prochainement. Il ne me fallut que quelques minutes de marche pour me retrouver devant l’établissement dans lequel bossait un vieux pote, du moins je le considérais comme tel mais on se faisait plus souvent la guerre qu’autre chose. On n’avait jamais pu se mettre d’accord sur quoi que ce soit mais ça ne m’empêchait pas d’apprécier son calme olympien et sa compagnie dans son intégralité, malgré le fait que je le trouvais un peu trop sérieux de manière générale, il se montrait tout de même de bon conseil. Après une vague hésitation, je finis par pousser la porte du bar et traînai les pieds jusqu’au comptoir, m’installant en face de lui, attendant qu’il daigne lever les yeux pour ouvrir la bouche :

« Ca me fait plaisir aussi de te voir mais avant qu’on se lance dans de supers retrouvailles émouvantes, tu peux me servir un verre de rhum ? »


Dernière édition par Sin Moreno le Sam 4 Juin - 19:47, édité 1 fois
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« Nash Scardino »


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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Sam 4 Juin - 19:37

Il ne vous arrive jamais de prévoir les choses ? Ou bien simplement de les sentir. Il ne vous arrive jamais de vous demander si le frisson qui vous parcoure l'épiderme est dû au froid, à la peur ou à l'émotion ? Bizarrement, sans trop savoir comment, Nash sentait toujours Sin arriver, comme un pressentiment, sûrement la présence qu'elle dégageait. Ou était-elle simplement plus prévisible. Alors quand il entendit ses pas dans la pièce même à quelques mètres de lui, il la reconnut et ne releva pas les yeux sur elle. Et trop sérieux était tout à fait approprié, surtout plongé dans ses comptes. Quand Sin venait si tard, en général, c'était que quelque chose n'allait pas et elle avait la maligne habitude de venir chez lui pour décompresser. le problème qu'elle lui posait c'est qu'à nouveau, elle le passait par l'alcool. Il désespérait de voir le jour arriver où elle lui dirait simplement "aide-moi" et il répondrait d'un ton naturel "d'accord". Parce que c'était une bonne patte et que ce n'était que ce qu'il attendait : aider les gens. Il était barman, après tout, son rôle n'était-il pas de servir les gens ? "To Protect and to Serve", peut-être devrait-il s'enrôler dans la police, tiens !

Mais à ses mots, il attendit quelques secondes, l'ignorant comme si elle n'était pas là. Définitivement, quelque chose n'allait pas et il n'était pas sûr d'avoir envie de savoir quoi. Mais il était un grand curieux. Aussi, il prit une profonde inspiration et releva finalement les yeux sur elle pour la dévisager, posant son stylo à côté du carnet. Il ne réagit même pas à son visage. Non seulement il commençait à en avoir l'habitude mais en plus il s'en lassait passablement. Il promena rapidement ses yeux sur elle et pencha la tête, visiblement mécontent. Il avait parfois la sensation de parler dans le vide. Il soupira sans dire un mot. Nash, c'était aussi ça : le silence, qu'il démontre d'une indifférence ou d'une déception, c'était pareil. Il se redressa et repoussa légèrement son carnet avant de descendre de son tabouret pour aller lui chercher quelque chose à boire. Combien de fois il l'avait vue dans cet état là ? Un peu trop à son goût, peut-être.

Il posa une bouteille de bière fraîche sous son nez et avant même qu'elle puisse répliquer, il lui brandit son index haut, lui indiquant qu'elle n'avait pas son mot à dire et que ce n'était plus l'heure pour du rhum. Surtout pour une jeune femme comme elle. Elle se croyait où, dans les îles, sous les cocotiers en bikini et pareo ? Qu'elle laisse ça aux filles qui n'avaient rien de plus passionnant dans leur crâne de piaf. Aussi étrange que cela puisse paraître, il avait foi en cette fille et il voyait plus qu'une gamine bagarreuse au visage détruit par quelques phalanges un peu costauds. Il se rassit sans un mot et reprit son stylo pour rajouter la bière - offerte par la maison, comme souvent avec Sin - et ce n'était que de temps en temps qu'il relevait les yeux pour la regarder. Assurément qu'elle devait bouder ou bien allait-elle s'énerver ! Ce serait quoi ce soir ? Pitié, pas d'engueulades, il sentait déjà tellement la migraine lui monter qu'il s'apprêtait à prendre un cachet en prévention. mélangé à la bière ça le ferait assurément. Oh oui !

_ Quand est-ce que tu donneras du crédit à ce que je te dis ?

Nash = silence oui mais il ne fallait pas non plus pousser, il avait aussi son mot à dire, c'était chez lui qu'elle débarquait ! Imaginez si elle savait où il vivait en plus du bar ? A votre avis, elle finirait plus facilement au bar ou chez lui ? En voilà une bonne question ! Venait-elle pour lui ou juste pour boire à l'oeil ?

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Sam 4 Juin - 21:09




Il aurait probablement fallu me torturer pour que j’avoue qu’effectivement, je débarquais souvent dans ce bar parce que je m’y sentais bien mais surtout parce que je m’y sentais en sécurité. C’était dû à une accumulation de choses comme les lumières, les couleurs de l’endroit, ces rires qui se faisaient entendre alors qu’on n’avait pas encore ouvert la porte et puis bien sûr Nash. Quoi que je puisse en penser et malgré son incroyable faculté à m’emmerder et à me faire la morale, il me rassurait, il était une sorte de grand frère, les obligations envers moi en moins. La plupart du temps, je n’avais qu’à poser mon derrière sur un tabouret pour qu’il me serve un verre et ne pose pas la moindre question, sachant pertinemment que chaque fois qu’il se lançait, il n’obtenait que des sourires ou des blagues d’un humour douteux mais qui faisaient leur petit effet car elle le détournait du sujet qui l’intéressait tant. Ce soir plus que jamais, je n’avais pas envie d’expliquer ce qui m’était arrivé, d’étaler au grand jour le fait que le peu de famille qui me restait était bien loin de la perfection et de toute idée qu’on pouvait s’en faire, je n’avais pas envie de reconnaître que je m’étais battue avec mon frère sans que ce ne soit un autre de nos jeux débiles. Je ne voulais absolument pas reconnaître qu’il m’avait non seulement blessé physiquement mais qu’il me porta également un coup au moral. De toute façon, je m’attendais déjà à ce que ça amuse Scardino, la salle gosse se faisant enfin corriger par l’un de ses aînés, ce n’était pas trop tôt. Sauf que généralement, la figure d’autorité ce n’était pas Cruz, plutôt mal placé pour ouvrir sa gueule sur le sujet, mais mon frère Gabriel, incarnation du calme olympien et de la sagesse et lui n’avait pas besoin de taper pour que je me taise sous le feu de son regard. Il n’avait même pas besoin d’élever la voix, il lui suffisait de me dire quelques mots et tout s’éteignait, je baissais les yeux et me taisais pour de bon. Travailler pour le gang faisait de moi une hors-la-loi mais cela ne m’avait jamais empêché de montrer un minimum de respect envers mes aînés, que ce soit mon frère ou bien Vargas et même Nash. Je le taquinais souvent, parce que désormais il jouait au mec sage, à la vie bien rangé et aux habitudes dites normales et que ça m’amusait de m’imaginer jouer dans le même registre, j’aurais sans doute beaucoup de mal à me défaire de mes manières de rustre mais au fond ça pouvait être amusant, ne serait-ce qu’une fois, pour tenter de comprendre quelle sensation cela procurait d’être un tant soit peu normal. J’étais sûrement une sorte de boulet à son pied dont il ne savait comment se dépêtrer le plus souvent mais j’avais l’intime conviction qu’il m’appréciait tout de même, parce que je n’avais rien de futile ou de frivole, parce qu’on arrivait à avoir de vraies conversations quand je prenais la peine de m’ouvrir et m’empêchais de hurler à tout va. De toute façon, même s’il en avait assez de ma gueule, je ne comptais pas échouer ailleurs qu’ici chaque fois que j’aurais un coup de blues.

Malgré ma magnifique entrée loin d’être recherchée, il fit son numéro du mec impassible et las, cela ne dura que quelques minutes avant qu’il ne pose enfin son regard de braise sur moi et que je le soutienne avec obstination. Il n’avait pas besoin de me le dire, son soupir suffit à me faire comprendre qu’il était blasé, de quoi, je n’en savais trop rien. Que je me pointe toujours à pas d’heure pour lui quémander un verre ou deux ? Que je me pointe avec la tronche d’un chien qui vient de passer sous un camion ? Ou bien tout simplement que je ne prenne pas la peine de chialer sur son épaule, lui racontant mes petits malheurs de pauvre petite fille avant qu’il ne me console en me tapotant le dos de manière parfaitement insupportable ? Je n’avais jamais été comme ça, à raconter ce qui me tracassait, ce qui m’animait même, je préférais tout garder pour moi, jalousement, enfouissant la moindre de mes émotions au plus profond de mon âme, dans l’obscurité, en espérant qu’elle ne resurgirait jamais. Ca piquait durant quelques jours avant que je finisse par ne plus rien ressentir du tout. Et puis il y avait eu le décès, l’enterrement et toutes ces choses qui levèrent un pan entier de ma personnalité, qui me mirent à genoux suffisamment longtemps pour que je finisse par rester enfermer des jours dans ma chambre pour ne pas me mettre à pleurer dès que je voyais un couple ou même un type qui ressemblait un tant soit peu à celui qui m’avait quitté. La douleur était ce que je ressentais avec le plus de force, ce qui me submergeait sans que je n’ai le moindre contrôle dessus mais surtout, ce qui me demandait le plus de travail pour l’effacer, la gommer ou bien tout simplement l’ignorer, comme si elle n’était que le pur produit de mon imagination. J’avais sans doute un problème, ressentir c’était être humain après tout mais moi ça m’indisposait, être trop humain c’était devenir vulnérable et même si je savais que je n’étais pas toute puissante, j’aimais à penser que j’étais difficile à vaincre. Ma vie était une sorte de guerre dont le champ de bataille était semé de corps inertes incarnant mes états d’âme, mes rêves, mes ambitions passées et mes sentiments. Mais ce soir, la guerrière n’avait pas fière allure et avait besoin d’un minimum de réconfort et certainement pas d’un savon de trois heures sur pourquoi il ne fallait pas employer la violence.

Je crus un bref instant qu’il allait me donner ce que je lui avais gentiment demandé, foutaises ! Il me déposa une bouteille de bière devant le nez et me fit signe qu’il était inutile de discuter. Je lui aurais bien carré sa bière bien profond si j’en avais encore eu la force. Ce n’était pas avec ça que j’allais me remettre de mes émotions, loin de là même. Pourtant, je la saisis et la déposa contre mon arcade, espérant que ça arrêterait de me lancer autant grâce à la fraîcheur de la bouteille. Même m’énerver je n’en avais plus la force. Ce soir, je n’étais vraiment pas au meilleur de ma forme et me trouvais presque décevante, ça aurait été si drôle de foutre le bordel ici et de voir le visage de mon hôte déformé par la colère. Les yeux mi-clos, je savourais la trêve que m’accordait cette bouteille de bière posée sur mon visage et j’aurais pu rester comme ça un bon moment s’il n’avait pas fini par se souvenir que j’existais et me lancer une remarque de son cru. Je rouvris les yeux aussi sec et m’enfila la moitié de ma bière d’une traite. A force de traîner avec des hommes, j’avais fini par boire comme eux, ce qui dans l’absolu n’était pas franchement un avantage.

« Tu me dis tellement de choses Nash que je finis par me souvenir de rien. » lâchai-je avec un brin d’ironie avant de reprendre, beaucoup moins encline à la plaisanterie « Si ça t’emmerde que je sois là, dis le directement et je me tire. C’est quand même incroyable que la franchise se perde de nos jours. »


Me préparant à une éventuelle sortie, je terminai ma bière, déposa la bouteille vide pile sur ses notes, avec un plaisir non feint je devais bien l’admettre, avant de réajuster mon blouson de cuir et de me lever de mon tabouret. Je farfouillai dans ma poche pour sortir un billet de 10 dollars et le déposer sur le comptoir.

« Ca m’a vraiment fait plaisir de parler avec toi, non franchement. Tu es la personne la plus compréhensive que je connaisse. »

Une dose supplémentaire d’ironie n’avait jamais tué personne, si ?
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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Sam 4 Juin - 21:34

Elle lui tapait sur les nerfs, si elle savait la moitié de ce qu'elle lui tapait sur le système, elle réagirait peut-être différemment. Ou pas. Là, tout de suite, il avait envie de la tirer par les cheveux pour l'amener dans une maison, prendre un bain pour finir devant un film avec une pizza avant d'aller se planquer dans un lit avec une bonne grosse couette, dans le noir pour y dormir jusqu'à plus soif ! A sa première ironie, il releva les yeux sur elle en penchant la tête. Non, décidément, il n'avait pas l'air très commode ce soir ! Et ce que l'état gère n'est pas commode (désolée). Elle savait parfaitement de quoi il parlait mais elle jouait l'enfant, une fois de plus. Un jour, il voudrait - pour son bien à elle - qu'il soit absent lors de ses visites - ce qui est impossible - et que le barman remplaçant refuse de la servir. Ca, ce serait très drôle à voir. Mais Nash n'avait pas à se leurrer, il n'était pas plus important pour elle que pour qui que ce soit. A trop vouloir aider les autres pour se racheter de ses propres erreurs, il se retrouvait facilement à dépendre des autres, comme si les aider alimentait quelque chose en lui, comme si ça le nourrissait. Et de vous à moi, quand on y pense, ce n'était pas si altruiste que ça. Mais qui a dit que Nash, avec des derrières insignifiants, était quelqu'un de simple ?

Mais voilà déjà qu'elle jouait son petit numéro de psychologie inversée. La question était : la laisserait-il faire cette fois-ci ? Pour qu'elle comprenne ? Non pas qu'il n'était pas à disposition mais qu'il n'aimait que moyenne qu'elle se fiche de lui. Déjà, il la servait, c'était ça ! De quoi se plaignait-elle ? La bière lui ferait moins de mal que du rhum, vous êtes d'accord avec Nash, non ? Alors quand elle posa la bouteille sur ses feuilles, il se redressa en écartant les mains pour la regarder, de moins en moins content. Elle savait que la condensation de l'eau sous les bouteilles de verre effaçait l'encre des tickets ? Elle le savait ? Il se dépêcha de sortir la bouteille de là où elle n'avait pas à se trouver et il la posa dans l'évier à côté de lui, il irait la jeter plus tard. Elle avait pris cette habitude de souffler le chaud et le froid avec lui et comme il réagissait peu, c'était comme s'il approuvait ce comportement. Mais à l'intérieur, il bouillonnait, non pas de colère mais de révolte. Il épongea ses tickets de son torchon et la laissa continuer son petit show, son estomac se noua légèrement. Si elle passait la porte sans se retourner, il la rattraperait. Mais ça aussi, elle le savait et elle en jouait très certainement ! Elle montait sur ses grands chevaux mais... N'était-elle pas une grande joueuse avant tout ?

Il tenta malgré tout ! Reportant son attention sur son carnet et ses tickets, il ne semblait pas lui apporter quelconque attention. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Combien d'amis possédait Nash ? Des vrais amis ? On est jamais vraiment ami avec sa famille, ici les Los Ojos. Alors sur qui pouvait-il compter en dehors d'eux ? La réponse lui fit l'effet d'une bombe : personne. En dehors des Los Ojos, Nash n'avait aucune vie et en même temps, pouvait-il vraiment en sortir ? Sin lui avait toujours fait l'effet d'une personne extérieure et c'était sûrement pour cette raison qu'il s'attachait à elle plus qu'il ne le devrait. Comme un grand frère, un mentor ou un bouclier, ce que vous voulez. Mais pour établir une certaine confiance, il fallait se tester l'un l'autre avant toute chose. Aussi, il la laissa faire, sans relever le coup du billet qu'il laissa là sur le comptoir. Il lui fallait trouver quelque chose qui la retiendrait assez parce que disons le : il avait la flemme de bouger et il avait du travail. Alors pour ce faire, il ne prononça que quelques mots sur un ton désinvolte.

_ Je sais. C'est pour ça que tu continues de venir.

Il posa son index sur le billet pour le faire glisser vers elle sans relever les yeux sur son visage. Il n'avait aucune envie de paraître plus intéressé qu'il ne l'était réellement. Relever l'ironie ? Pourquoi faire, elle était si réaliste ! Vous n'êtes pas d'accord ?

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Sam 4 Juin - 22:22




Mes amis ? Je n’étais pas réellement étouffée sous leur nombre, bien au contraire, quand je prenais la peine de faire les comptes, il s’avérait que le bilan était plus que catastrophique. Le premier était mort six mois plus tôt sous les balles d’un Niners, le second était perdu dans la nature, occupé à sauver la veuve et l’orphelin tant qu’ils étaient hispaniques, quant aux autres, il n’y en avait tout simplement pas. J’avais des potes, comme beaucoup de Los Ojos, on se fréquentait, on bougeait parfois ensemble pour une soirée mais il n’y avait rien de poussé, d’abord parce qu’en tant que femme, j’étais immédiatement mise à l’écart pour certaines petites sauteries, ensuite, j’avais déjà bien assez souffert comme ça des relations orageuses entre mes deux meilleurs amis pour avoir envie de revivre le même genre de situation et puis surtout, j’étais d’une jalousie maladive et l’idée de me lier d’amitié avec une fille, ce qui était déjà un exploit en soi, moi qui peinais à trouver un sujet de conversation susceptible d’intéresser une fille à peu près normale, je disais donc, l’idée de me lier d’amitié avec une fille, une vraie, de l’amener chez moi et de prendre le risque que mes frères et même mon petit ami la préfère à moi était inenvisageable. J’étais sûrement parano, voire même totalement mais je savais pertinemment qu’à côté d’une de ces filles je ne faisais pas le poids et ce même si elles avaient été montées sans cerveau et surtout sans conversation. C’était pour cette raison que je me montrais aussi agressive à leur égard, elles m’effrayaient plus que je ne voulais bien l’admettre, elles jouaient sur un terrain qui n’avait jamais vraiment été mien : la séduction. Fidèle à moi-même, je n’avais jamais pris la peine de le dire ouvertement et surtout pas à Raf, qui, le connaissant, en aurait joué à loisirs, pour me voir me mettre en colère et surtout être certain que je n’étais pas avec lui par hasard, ce qui n’était pas tout à fait faux mais ça ne m’empêchait pas de me foutre en rogne pour un rien quand quelqu’un lui tournait autour. Je supposai alors qu’il s’agissait d’un réflexe typiquement humain, du moins je l’espérais. Cependant, depuis qu’il nous avait quitté, j’avais sensiblement changé, je m’en rendis compte quelques jours plus tôt lorsque je passai la soirée avec Dalia. Pour la première fois de mon existence, j’étais parvenue à me confier à une parfaite inconnue et je m’étais réellement sentie mieux. Oh, je n’avais pas non plus déballé la totalité de mon existence, je m’étais contentée de quelques allusions mais ça m’avait fait du bien et m’avait surtout permis de me rendre compte qu’il existait d’autres femmes faite du même bois que moi et que je n’étais pas obligée de m’abaisser au niveau de toutes les autres. Rassurant pour moi qui étais plutôt partisane du moindre effort.

Je savais qu’en faisant tout pour le mettre hors de lui, je n’obtiendrais pas grand-chose et c’était ce qui me rendait si encline à la plaisanterie et à la provocation. En sa présence, je me permettais tout et n’importe quoi pour tenter de le faire sortir de ses gonds, je jouais avec ses limites mais il semblait n’en posséder aucune. Chose qui m’échappait totalement, on m’aurait fait la moitié des choses que j’avais pu faire ici et on m’aurait dit tout ce que j’avais pu lui balancer sous le coup de la colère, je me serais probablement frappé toute seule. Mais lui, il possédait un tel self-control que c’était un ravissement de voir son visage changer de couleur sans qu’il ne bouge un cil pour venir me la faire fermer une bonne fois pour toute. Au fond, je le taquinais plus que je ne l’emmerdais réellement, si j’avais vraiment voulu lui faire du mal, je m’y serais prise autrement et j’aurais commencé par faire cramer l’endroit ou bien en m’arrangeant pour le chopper après son service. Seulement malgré nos différends fréquents, il n’avait jamais été dans le camp de mes ennemis mais ressemblait davantage à ce que j’aurais pu appeler un ami ou peut-être plus un mentor, quelqu’un sur qui je pouvais compter, même si on échangeait rarement plus de quelques mots, il était là, continuellement présent et cette constance me rassurait et me faisait du bien. Dans ma vie, il n’y avait pas grand-chose qui tenait et qui restait assez longtemps en place pour que je m’y habitue mais parmi toutes ces choses stoïques et quasi inchangeables, il y avait Nash. Soigneusement et en prenant tout mon temps, je remis le tabouret à sa place, prête à partir, de toute façon, il était inutile de m’éterniser, je trouverais bien une âme charitable qui accepterait de m’accueillir chez elle ou bien j’échouerais dans un hôtel par très loin d’ici, viderais le mini bar et terminerais complètement arrachée dans mon lit. Ce fut ce moment qu’il choisit pour reprendre la parole après un long moment de silence et d’ignorance. Il m’énervait quand il agissait de la sorte, feignant de n’être touché par rien alors que je le voyais dans ses yeux qu’il mourait d’envie de me gueuler dessus, de m’envoyer chier et peut-être même de me virer d’ici en me balançant la bouteille de bière vide à la gueule. Il aurait sans doute dû se lâcher, il se serait probablement senti mieux et moi, ça m’aurait permis de me rassurer, de me dire que je n’étais pas la seule tarée à pas être foutue de me retenir quand quelque chose m’agaçait pour me révoltait purement et simplement.

« Non, si je viens c’est que tu m’offres des verres et que généralement, tu me fous la paix. Je ne viens pas ici pour recevoir une leçon de morale, j’ai passé l’âge et mon frère le fait très bien tout seul. »

Du bout du doigt, il poussa mon billet vers le bout du comptoir, signe qu’il voulait que je le récupère, ce qui bien sûr me mit en colère, comme quoi, il ne me fallait vraiment pas grand-chose.

« Je te demande pas la charité ! » lui envoyai-je en tentant de froncer les sourcils ce qui déclencha une terrible douleur sur la totalité de mon visage, je poussai une sorte de grommellement avant de jurer en espagnol

Mue par je ne sais trop quoi, je me mis à fouiller frénétiquement mes poches pour en sortir tout ce qu’elles contenaient, à savoir des billets verts, et tout étaler sur son carnet et même sur tout le bar.

« Voilà, considère qu’on est quitte maintenant et que tu n’auras plus à supporter ma présence qui, visiblement, t’est insupportable ! »

J’ignorais combien j’avais foutu sur ce putain de comptoir mais cela ne devait certainement pas être assez pour couvrir la note de tous les verres qu’il m’avait payé depuis qu’on se connaissait mais au moins, je me sentais comme libérée d’un poids. La mine renfrognée, mais pas trop pour ne pas grimacer de douleur, j’enfonçai les mains dans les poches de mon jean et me dirigeai vers la sortie, tentant de planifier la manière dont j’allais occuper le reste de la nuit maintenant que je venais de me faire virer du seul lieu dans lequel j’aimais passer une bonne partie de mes nuits avant de rentrer chez moi plus légère.
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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Dim 5 Juin - 5:54

Les limites de Nash. Alors ça, c'était quelque chose de très étrange. Quelles étaient ses limites, jusqu'où allaient-elles ? Et bien elles s'atteignaient lorsqu'elles s'accumulaient et le gros tas que formaient l'agacement de Sin commençait à se faire quelque peu imposant. Le problème qui se posait, c'était le fait que Nash n'avait aucune envie de hurler parce qu'il savait que Sin gueulerait plus fort et il était anti conflit mais surtout, il ne supportait pas l'idée de faire du mal à quelqu'un sachant que ses mots pouvaient heurter quand il avait décidé de dire ce qu'il pensait. Bien là une des raisons pour lesquelles il était célibataire de longue date. Allez supporter un mec qui est plus neutre que le PH de votre savon, qui ne dit jamais ce qu'il pense, qui ne s'énerve pas et que ne dévoile donc jamais ce qu'il ressent ni ne pense réellement. Au final... Ce n'était pas très supportable. C'était comme être avec un homme que rien ne touchait pas même soi. Et qu'est-ce qui pouvait être plus vexant que le fait de savoir qu'il était impossible de toucher celui-ci ? De l'atteindre, de l'inciter à parler, au final, ce n'était qu'une preuve de non confiance en l'autre. Et bizarrement, il n'était pas obligatoire d'être sa petite amie pour ressentir ça, Sin semblait elle-même posséder ce sentiment de non confiance en elle - bien qu'il soit réciproque - et l'exprimait d'une manière virulente mais qui ne faisait toujours pas réagir Nash. Non seulement il avait l'habitude de ces petites réactions mais il y avait aussi le fait qu'il n'avait pas envie de se donner en spectacle. Mais encore une fois, elle ne réussissait pas à le faire sortir de ses gonds. Parfois, elle abdiquait, parfois elle y mettait tout son coeur - et là elle réussissait mais jamais totalement, il gardait toujours sa limite. Elle voulait l'entendre crier... Ce ne serait pas pour tout de suite.

Cependant, elle devenait folle et non seulement elle attirait le regard sur eux, mais en prime, elle avait décidé qu'elle s'énerverait pour des choses qui n'avaient même pas été mentionnées. Quittes de quoi ? Quand avait-il déclaré sa présence insupportable ? Par contre, concernant la leçon de morale, il plaidait coupable. Mais pour qu'elle s'énerve si vite et de cette manière, selon lui, elle avait perdu énormément en confiance en elle et semblait être plus ébranlée qu'elle ne voulait bien le laisser paraître. Aussi décida-t-il de la faire taire en élevant très légèrement la voix pour la fixer, les sourcils hauts et les mains ouvertes.

_ Tu as vu ta tête ?!

Ce qui devait à peu près tout résumer, c'était certain. Il la dévisagea un instant sans ciller, la fixant du regard avant de se relever sans même avoir donné de l'intérêt à ses billets. Il avait les siens, nul besoin de ceux de Sin. Il soupira en s'éloignant de quelques pas et secoua la tête en murmurant pour lui-même qu'elle était vraiment... Tous les gros mots de la planète quand elle s'y mettait. Il se pencha alors sous le coin "papiers téléphone" pour ouvrir un placard et en sortir une boîte blanche avant de revenir vers elle, tendant un doigt vers le tabouret qu'elle avait remis en place.

_ Assieds-toi.

Il posa la boîte sur le comptoir avant de contourner ce dernier pour la rejoindre. Son visage était toujours neutre, désespérément neutre et insupportablement neutre. Mais sa marche un peu rapide et sèche démontrait qu'il avait grimpé d'un pallier dans l'agacement. Il ouvrit la boîte de premiers secours sans relever les yeux sur elle mais décortiquant convenablement ses phrases - ce qu'il ne faisait qu'une fois énervé car le reste du temps il articulait difficilement. Mais ce qu'il l'avait réellement énervé, ce n'était pas elle. C'était le fait qu'elle puisse effectivement venir ici juste pour avoir de quoi boire. Et ça lui fichait un coup et la meilleure façon de contrer ça, c'était de s'énerver. Pendant qu'il parlait, il prit un coton qu'il imbiba de la lotion en préparant les pansements. Ah, pour ça, elle allait râler c'était sûr !

_ Tu sais quoi ? J'en ai marre de te voir débarquer ici la tronche en vrac avec l'impression que tu es passée sous un bus et que tu me demandes de ne rien voir ni de réagir parce que c'est ce que tu attends de moi. Parce que tu as de la chance, chaque fois que tu viens, c'est moi qui suis là, comme quoi tu sembles choisir tes soirs mais sache qu'il m'arrive d'avoir des congés ou d'être ailleurs que derrière ce bar. J'accepte de te servir mais quelqu'un d'autre pourrait parfaitement refuser. J'en ai marre de te voir débarquer dans mon bar pour foutre la merde avec tes accès d'humeurs !

Il se redressa vers elle, le coton levé et un sourcil haussé, presque défiant. Son frère, son père, son copain... Il fallait bien que quelqu'un joue ces rôles là pour elle et jusque là, il n'avait pas l'impression que qui que ce soit ne possède une quelconque autorité. Et chaque personne devait posséder la sienne. Pour Nash... C'était son père.

_ Soit tu te laisses faire et tu auras droit à ton verre de rhum, ce que je n'ai pourtant pas envie de te donner parce que vu tes blessures, ça va te cogner le casque immédiatement, ou bien tu parles. C'est pas difficile comme choix, non ? Sinon pourquoi tu es encore là, mmhh ?

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Mar 7 Juin - 21:37




J’étais un paradoxe vivant, je peinais même à me comprendre parfois, quand certaines situations m’échappaient et que je me mettais à agir en suivant mon instinct, comme si ma vie en dépendait et pour des broutilles. C’était certes ridicule mais ce côté excessif en toutes circonstances avait toujours fait partie de moi et il n’était pas si simple de se défaire de sale petites habitudes. Je n’avais jamais été du genre à pleurnicher, à taper du pied capricieusement pour obtenir ce que je voulais, je préférais de loin me battre et avoir ce dont je rêvais par la force. En ce sens, j’avais une attitude plus masculine que féminine et j’ignorais si c’était la conséquence directe de la mort de mes parents et du fait que je n’avais été élevée que par des hommes et exclusivement entourée par eux ou tout bonnement si c’était inné, une part de moi qui était déjà intégrée à mon subconscient et la naissance et qui put se développer à son aise par la suite. Cette masculinité latente qui apposait sa marque sur tout ce que je faisais, me pousser à me comporter comme le pire des types machos qui puissent exister et ce malgré le fait que j’étais purement et simplement contre une éventuelle supériorité des hommes sur les femmes, ça me semblait totalement ridicule et je ne le cautionnait absolument pas mais disons qu’il était plus évident de se faire accepter dans un groupe lorsqu’on s’intégrait à la masse ambiante que lorsqu’on jouait la carte de l’excentricité à fond mais surtout celle de la différente. Bien sûr, je n’avais parfois rien en commun avec ceux qu’on m’affublait comme partenaires, et alors ? Ils restaient mes frères d’arme et même si parfois, ils me sortaient par les yeux, c’était mon devoir de faire avec et puis je ne me gênais jamais pour leur faire savoir lorsqu’ils me faisaient chier, au point de me faire frôler le point de rupture et même parfois dégainer mon flingue – ce qui, entre nous, n’était pas la chose la plus complexe du monde. Je m’emportais vite, même si avec l’âge, j’en avais un peu gagné, je m’énervais moins et surtout prenais davantage sur moi. Si pour certains, cette impulsivité maladive était une preuve de faiblesse ou bien tout simplement d’un mal être profond, pour moi, c’était seulement l’incarnation du fait que je ne supportais pas que l’on me manque de respect et qu’en prime, on marche sur mes plates bandes. Il y avait des limites à tout et les miennes n’étaient pas franchement difficiles à trouver. Mais selon moi, il n’y avait aucune faiblesse là-dedans, je n’étais pas une petite chose frêle et fragile, je me vexais facilement mais il en fallait des caisses pour vraiment me blesser, au point où je me sente mal et déprimée. J’avais pris l’habitude d’encaisser, Cruz n’avait jamais été d’une tendresse étouffante avec moi, bien au contraire, il passa un bon nombre d’années à pointer du doigt mes défauts, à me les envoyer en pleine gueule à tout instant et à m’humilier dès qu’il en avait l’occasion, au final, cela devint notre jeu favori, du moins le mien car plus je pris en maturité et en âge, plus mes victoires étaient écrasantes. Je savais utiliser mes poings mais également ma tête et les mots et ça s’avérait plus qu’efficace quelques fois.

Néanmoins, si je parvenais à me faire toute petite lorsque j’étais en plein boulot, il en allait tout autrement quand je me retrouvais en société. Je me transformais en véritable flambeuse, ne pouvant m’empêcher de me pavaner, le buste bombé, fière comme un paon. Même si le regard des hommes me mettaient mal à l’aise quand ceux-ci me déshabillaient du regard, je ne pouvais cacher que j’adorais lorsque l’on me fixait avec une certaine admiration, ça n’arrivait pas assez souvent pour que je finisse par en être blasée, malheureusement. D’ailleurs, ces fois-là se comptaient sur les doigts d’une seule main. Mes failles étaient celles-là, ce besoin de reconnaissance, de me faire une place dans ce monde, qu’on me regarde et se souvienne de moi comme on peut parler de Napoléon ou bien de Churchill. J’avais des envies de grandeurs, une ambition démesurée qui m’avait toujours fait avancer et qui me guidait encore maintenant, je ne me serais sans doute pas remise aussi vite de la mort de Rafael sans ça. J’avais l’intime conviction que le destin me réservait de merveilleuses surprises, ayant déjà pourri ma vie dès le début pour que le reste ne soit qu’adrénaline, parties de rigolades et autres promotions au sein du gang. M’enfin, si de bonnes choses se profilaient à l’horizon, je n’en voyais pas encore la couleur, surtout pas maintenant avec mon arcade gonflée, mon visage en kit et la douleur que je ressentais dans chaque parcelle de mon corps. Dire que les yeux au beurre noir que j’avais récolté à la sortie d’une boîte commençaient à s’atténuer, voilà à présent que j’avais fait redécorer ma façade et du plus mauvais goût. Mieux valait voir le côté positif de la chose, j’économisais des centaines de dollars en maquillage, non ? Non …

Lasse de me faire jeter de partout ce soir, j’étais prête à me tirer pour de bon, à trouver un autre endroit où j’aurais la paix et surtout où l’on ne me jugerait pas. Je sentais les regards des derniers clients du bar, peser sur moi depuis que j’avais mis un orteil à l’intérieur et si ça ne me gênait pas plus que ça, ça semblait foutre mon hôte dans tous ses états. Je ne devais pas faire partie des fréquentations recommandées et maintenant, je n’en avais pas grand-chose à carrer, je n’avais rien cassé, ni hurlé, ni frappé, j’étais juste venue pour me prendre un verre et éventuellement discuter de la pluie et du beau temps, au lieu de ça, j’avais le droit à monsieur le moralisateur en grande forme et autant dire que ça ne me plaisait absolument pas. Je n’avais pas besoin qu’on me montre mes erreurs, qu’on me les étale sous le nez et qu’on me dise que la voie que j’empruntais n’était pas la bonne, j’avais juste besoin de rire, de décompresser, comme tout le monde. Mais visiblement, je n’étais pas le commun des mortels et Nash n’avait pas envie de se farcir des chieuses ce soir. Bordel ce que je pouvais être fatiguée, de tout le monde et surtout de moi. Mais avant que je n’aie eu le temps de déguerpir et de m’exiler dans un havre de paix, il me fit remarquer je faisais peur à voir. Super, les remarques sur mon physique, ça me donnait énormément envie de rester, il n’y avait pas à dire, il était nul de chez nul pour parler aux femmes, sûrement pour ça qu’il était tout seul continuellement, ou peut-être qu’il était gay … Cette remarque me fit esquisser un sourire en coin, j’avais trouvé un nouveau sujet pour l’emmerder.

« J’ai connu des jours où j’étais vachement plus sexy mais que veux- tu, les aléas de la vie, tout ça … » dis-je en m’installant

Je n’étais pas en position de faire ma difficile, j’avais affreusement mal et quelques calmants et soins ne seraient pas de refus. Je refusais de me rendre à l’hôpital pour diverses raisons mais surtout pour ne pas que les flics puissent venir me faire chier pour une raison ou pour une autre si les membres du gang avaient été pris à se bastonner quelque part en ville et se servent de moi comme bouc émissaire. Et puis je n’aimais pas l’ambiance de ces lieux, l’odeur, les gens en blanc. Ca me collait rapidement le tournis. Rejet que je faisais depuis la mort de mes parents dans un des hôpitaux de la ville, ces hommes qui passaient et repassaient vêtus de bleu ou de blanc, sans un mot, sans même un regard et nous qui attendions alors que tout était déjà fini et que personne ne savait réellement comment nous l’annoncer. Je ne revins à moi que lorsqu’il se mit à m’épingler pour ces fois où je venais. Mon visage passa du calme le plus total à une sorte de colère sourde. Dans des moments comme celui-ci, j’avais envie de lui attraper la tête et de la cogner contre le comptoir.

« Inutile de monter sur tes grands chevaux, si t’as pas envie que je vienne, il te suffit de le dire directement plutôt que de me sortir des phrases à peine voilées. Je ne te force pas à m’accueillir, à ce que je sache, tu ne me dois rien ! Mes accès d’humeur ? La plupart du temps, quand je viens ici, je bois quelques verres et je me taille ! Non mais foutre la merde ! Putain j’aurais tout entendu ! » m’exaspérai-je en me relevant aussitôt, je n’avais pas envie de rester ici, dans la même pièce que lui parce que j’étais à deux doigts de le bousiller, ou de me faire davantage démolir

« T’en fais pas, je suis plus là pour longtemps, juste le temps de te dire d’aller te faire foutre ! Mais putain tu crois quoi ? Que j’ai besoin d’une psychothérapie, d’un ami peut-être, sur l’épaule duquel je pourrais pleurer ? Je pensais que tu me connaissais bien mais t’es comme les autres, à côté de la plaque ! Tu me fais chier avec tes conneries, je veux juste être tranquille et toi tu me prends la tête avec tes grands discours de philosophe. En toute sincérité, t’es plus agréable quand tu la boucles.»

Mon ton était glacial, tout comme l’expression affichée sur mon visage mais je n’élevai pas la voix, il n’était pas question de me donner en spectacle et de lui faire ce plaisir. Je n’étais pas une brute écervelée, je n’étais pas une idiote qui passait son temps à rire fort pour qu’on ne voit qu’elle, j’aimais qu’on m’admire certainement pas qu’on me moque. Hors de moi, je lui balançai un dernier regard sévère avant de tourner les talons et de franchir le seuil, plus en colère que lorsque j’étais passée dans l’autre sens.
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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Dim 12 Juin - 17:45

[Je suis désolée par avance ma belle.. J'ai tellement besoin de hurler que je vais passer mes nerfs sur Nash... A ne pas prendre personnellement, donc Wink Mais c'est le seul perso en cours que j'ai qui puisse me permettre de hurler. Et Ornella a déjà les oreilles qui saignent de m'entendre hurler depuis tout à l'heure.]

Tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle soit en sécurité, qu'elle arrête de se battre, qu'elle sourit, qu'elle arrête ces histoires d'alcool, qu'elle commence une vie ! Méritée ! Tout ce qu'il voulait pour elle, c'était le meilleur. Mais comment lui faire comprendre ça, lui qui ne la connaissait que si peu ! Il commençait à savoir comment elle réagissait. Et il savait que ce qu'elle disait n'était pas pensé. Cependant, ça ne manquait pas de le toucher et plus elle parlait, plus la colère lui montait et plus ses lèvres se pinçaient, sa mâchoire se serrait et sa respiration devenait plus profonde, comme s'il prenait de l'élan. Elle disait tout ça pour l'énerver lui... En fait, il avait souvent l'impression qu'elle le poussait pour qu'il réagisse et souvent, il allait dans le sens contraire juste pour la calmer. Sauf que cette fois, il lui donnerait ce qu'elle attendait. Il n'était pas très émotionnel, dire ce qu'il ressentait n'était pas son fort. En fait, quand il le faisait, c'était lorsqu'on le poussait à bout. Comme maintenant. Elle piétinait ses plates bandes, elle le secouait, elle lui disait des choses qu'il n'aimait en aucun cas, qu'il trouvait vexantes et pénibles à entendre alors que tout ce qu'il voulait, c'était prendre soin d'elle, être là pour elle. C'était le cas pour beaucoup de personne ici, le côté "fraternel" ou "paternel", peu importait, il aimait tellement prendre soin des gens, que tout aille bien. Nash était un utopiste. Il l'avait toujours été, depuis son enfance. Il avait du mal à croire en le mal, le vrai. Il jurait encore sur la croix, il était empli d'une tonne d'idéaux et ce gang ne voulait pas en entendre un seul alors il se les gardait pour lui. Mais il était aussi tolérant et acceptait pratiquement tout. Sauf le mensonge. Il avait horreur du mensonge. Il était parfois même trop franc.

Alors quand elle "dépassa les limites", il ne se sentit plus l'âme d'un moine zen mais plutôt d'un volcan qui venait d'entrer en éruption. Il frappa d'un coup le comptoir du plat de la main pour la regarder fixement, les sourcils froncés et les yeux plus noirs que d'habitude. Et sa voix fut bien plus forte et plus claire tout à coup.

_ Ca suffit, Sin !

Il laissa quelques secondes passer avant de reprendre, secouant la tête et ouvrant la bouche, les lèvres tremblantes de ne pas savoir par quoi commencer. il jeta le coton humidifié dans la boîte et s'essuya les mains avant d'acquiescer.

_ Ca suffit ! Je ne compte plus le nombre de fois où tu débarques ici soit avec une tête comme celle-ci, ce soir, soit pour boire plus que de raison et sortir avec une tête comme tu as ce soir ! Pour l'amour du ciel mais pour qui est-ce que tu te prends ?! Wonderwoman ? Arrête donc avec toute ta comédie, ta fausse colère parce que OUI tu viens ici pour que ce soit moi qui te serve ! Sinon pourquoi est-ce que tu ne postes pas à une table en attendant qu'une serveuse vienne ? Et pourquoi quand j'entreprends de m'occuper de toi il faut que tu te défiles en me jetant à la figure des choses que j'ai envie de croire que tu ne penses pas. Tout ce que tu dis est faux et tu le sais parfaitement mais tu ne peux pas t'empêcher de t'énerver sur moi parce que ça te donne l'impression de contrôler les choses et les événements ! Je ne sais pas de quoi tu as besoin, je ne sais pas de qui tu as besoin mais tu as besoin de quelqu'un ou de quelque chose ! Dans les deux cas, je suis certain de pouvoir te l'apporter ou du moins, je sens le fait que tu...

Il leva les mains en pinçant les lèvres, réfléchissant à ses mots plus que de raison avant de baisser la voix, ne s'occupant absolument pas des derniers clients dont une table qui venait de se vider. Plus qu'une et il pourrait enfin fermer, emmener Sin loin d'ici où il espérait pouvoir parler, ou du moins, parvenir à un accord de principe, une sorte de paix, ou... peu importait, il ne la laisserait pas sortir comme ça. Il baissa les mains en secouant la tête et se frotta le nez en inspirant profondément puis il reporta le regard sur elle, la colère se dissipant lentement de son visage. Il n'était pas réputé pour avoir la colère ni la rancune très longue.

_ Tout ce que tu dis est faux. Je n'ai pas envie que tu partes, je n'en ai pas rien à faire de toi... Je n'ai pas envie de te faire la morale... j'adore quand tu viens ici même si tu racontes parfois des blagues qui n'ont ni queue ni tête, je m'en fiche ! Tu es une fille intelligente, Sin ! Qui mérite mieux que de débarquer ici pour avoir... Du rhum à 3h du matin alors que tu as la tête aussi grosse qu'une pastèque qu'on a trouée à coups de couteaux. Alors... Si tu pouvais juste... Me laisser faire ? Je ne suis pas ton ennemi, tu le sais ça. Mais si tu as envie de me dire d'aller me faire foutre, je serais au regret de te décevoir parce que... Et bien parce que je n'ai pas de quoi y aller.

Et ça, c'était sa façon à lui de faire de l'humour.

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Lun 13 Juin - 10:32






Lorsque je constatais que les choses n’allaient pas dans mon sens et que je ne parvenais pas à régir mon petit monde par mes manipulations habituelles, je finissais par jeter l’éponge et préférais me tirer plutôt que de péter les plombs sur quelqu’un qui, au fond, ne m’avait pas fait grand-chose hormis refuser de faire ce que j’attendais de lui ou d’elle. Ce n’était pas un crime dans l’absolu mais pour moi, ça représentait une sorte de trahison qui pouvait m’amener à agir comme la reine des connes, rôle qui m’allait à ravir la grande majorité du temps. J’étais de ces gens qui ont constamment besoin de tout contrôler pour ne pas se sentir perdus ou tout simplement mis de côté. Perdre le contrôle sur ma vie et le reste était ma phobie la plus virulente et il me suffisait de jeter un œil à tout ce qui avait pu se produire par le passé dans mon existence pour réaliser que les peu de fois où j’avais laissé couler, où j’avais décidé de me détendre et de laisser mon sorte entre les mains de ce fils de pute de destin, ma vie avait viré au cauchemar. Alors oui, je me montrais dure et insupportable, effectivement j’étais une chiante née et on ne comprenait pas pourquoi j’avais ce besoin constant d’avoir le dessus mais ça m’était complètement égal, moi, ça me rassurait, ça me détendait et me faisait me sentir moins démunie face à toutes les difficultés que Dieu pouvait mettre sur mon chemin. Même si j’étais terriblement croyante, je peinais à laisser ma destinée toute entière à un quelconque être supérieur, je ne priais jamais pour obtenir des choses, la richesse ou bien l’amour, ça m’importait peu, pour ces choses-là j’avais choisi de gérer par moi-même. Non, quand je me rendais à l’église, c’était pour prier pour mes parents et Raf, pour demander qu’il n’arrive rien à mes frères encore vivants, pour une durée indéterminée, comme tous les autres membres de gang. Mais je demandais aussi la sagesse, un peu de plomb dans le crâne pour que je cesse d’être aussi impulsive pour un oui ou pour un non. Contrairement à ce que beaucoup de personnes s’imaginaient, je n’agissais pas de la sorte pour me donner un style de rebelle et ainsi avoir plus d’impact sur mes collègues hommes, au contraire, le fait de ne pas pouvoir m’empêcher de me battre avec n’importe qui me pesait certaines fois, principalement quand je me retrouvais avec le même genre que celle que j’arborais ce soir et qui avait de quoi couper l’envie à qui que ce soit, heureusement que je ne partageais plus mon lit depuis un bout de temps. Mais surtout, je lui demandais de m’apprendre à pardonner, car même si je m’inspirais souvent de la Bible pour justifier mon attitude revancharde, je savais que cette vision de la vie ne m’apporterait jamais rien de bon. N’allez pas croire que j’avais pour ambition de me transformer en boule de douceur totalement insipide, je voulais seulement mettre de l’eau dans mon vin, être plus réfléchie et plus calme, savoir offrir mon pardon à ceux qui le méritaient vraiment. Je m’étais mis des gens à dos pour des raisons stupides et je n’avais jamais été foutu d’aller m’excuser, comme tout adulte respectable et intelligent qui se respecte. Parce que pour moi, s’excuser c’était la honte suprême, admettre que l’on avait eu tort et se mettre immédiatement en position d’infériorité et je détestais tout simplement cette idée. Heureusement que mes frères me connaissaient bien et n’attendaient plus ce genre de miracle de ma part, je m’excusais toujours d’une manière détournée et ça leur convenait mais tout le monde n’avait pas la faculté de lire dans mon esprit malade et d’une certaine manière, ce n’était pas plus mal.

On ne peut pas dire que Nash me mit réellement en condition pour que je m’apaise et cesse de me montrer aussi … fidèle à moi-même en fait. J’étais sur le seuil de la porte, prête à m’en aller pour de bon, la gueule en miettes, sans doute autant que le cœur et enveloppée de cette impression d’être irrémédiablement seule, peu importe ce que je faisais, où je me trouvais et surtout avec qui. C’était même pire quand il y avait énormément de monde autour de moi, ça me donnait l’impression de n’être une partie de rien, comme ce soir où je cherchais désespérément la compagnie de quelqu’un et que pour se faire, je me rendais presque logiquement dans un bar. J’étais donc seule à ce point … J’en aurais presque pleuré si cela n’avait pas été navrant. Je ne m’étais même pas vu descendre la pente en bas de laquelle je me trouvais à présent, en revenant quelques années en arrière, tout me semblait aller pour le mieux, j’avais des amis, certes que deux mais c’était suffisant, je m’amusais, je savais que je pouvais compter sur eux n’importe quand et pour n’importe quoi et voilà où je me situais désormais, avec un pied dans le néant. Lorsqu’il tapa du plat de la main sur son comptoir, ça me fit sursauter et je me stoppai net, un pied dehors et un pied dedans, étant soudain devenue l’incarnation physique de mon existence toute entière, j’étais perpétuellement entre deux eaux, sur le point de tomber et pourtant je me maintenais tant bien que mal, avec cette rage, cette hargne qui m’avait toujours caractérisé. La vie était souvent une chienne et pas qu’avec moi mais je l’aimais assez pour avoir envie de me réveiller demain et de recommencer à me battre. Abandonner n’avait jamais fait partie de mon vocabulaire. Figée et dos à lui, j’écoutais ce qu’il me disait, levant les yeux au ciel. Comme si je faisais semblant de me mettre en colère … j’avais été à deux doigts de lui en coller une et il pensait réellement que je jouais la comédie ? J’aurais peut-être dû le frapper après tout et ce même si je m’en serais fortement mordue les doigts.

Toujours silencieuse, je tenais fermement la porte, essayant de ne pas réfléchir aux questions qu’il venait de me poser mais c’était déjà trop tard. J’avais besoin qu’on s’occupe de moi, qu’on me voit et m’aime, au moins un petit peu, assez pour que ça me fasse du bien et éloigne le cafard qui me pourrissait la vie depuis six mois. Je voulais que Raf soit là ainsi qu’Emilio, qu’on boive tous les trois, comme avant et qu’on rie comme des gosses que nous étions alors. Je voulais des choses impossibles, des choses que j’avais refusé d’arranger toute seule à cause de ma putain de fierté et c’était de ma faute si j’étais désormais seule. Refuser l’aide de Nash, cette ultime main tendue avant que je ne m’engouffre dans le chaos le plus total, aurait été du suicide et toute idiote que je pouvais être, je m’en rendais bien compte. Tout ce qu’il me disait me touchait plus que je n’avais le droit de le montrer et ce fut tant bien que mal que je refoulai toutes mes émotions avant de reculer et de laisser la porte se refermer pour de bon avant de revenir vers lui sans un mot. Je m’installai là où je me trouvais quelques minutes plus tôt.

« Ok. » me contentai-je de dire avec un faible sourire

Voyant qu’il attendait plus de ma part après tout ce qu’il avait dit, je finis par me décider à ouvrir la bouche, consciente que mon silence pouvait être frustrant.

« Tu m’as promis mon verre de rhum si je me laissais soigner, j’attends ! Mais si tu me fais mal, je te préviens que je devrais te tuer. » dis-je donc sur le ton de l’humour

Non, je ne voulais pas revenir sur ce qui n’allait pas, sur le fait qu’il avait affirmé être là pour moi, j’osais espérer que mon regard le remerciait suffisamment pour moi. Je n’avais jamais été très douée pour parler de ce genre de choses mais peut-être devais-je faire un effort cette fois, pour lui montrer que sa petite crise de nerfs justifiée n’était pas entrée dans une oreille pour ressortir par l’autre.

« Merci. » murmurai-je
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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Lun 13 Juin - 11:06

[Ma copine va m'héberger les deux semaines restantes Very Happy]

Il s'était vu sortir et la rattraper en courant. Et peut-être même qu'il aurait dû user d'un peu de force pour la faire s'arrêter, l'immobiliser contre un mur pour qu'elle daigne enfin l'écouter. Pourtant, il était heureux d'avoir produit un effet sur elle assez efficace pour la faire revenir sur ses pas. Il n'était pas persuadé que Sin ne comprenne que le langage de la violence. Il était même presque persuadé du contraire, sinon... Pourquoi serait-il comme ça ? Pourquoi ne lui servait-il pas son fichu verre de rhum avant de la laisser repartir à ce qu'elle semblait vouloir être : une femme dure dans un monde de brutes pour tenter de contrôler le monde ou au moins essayer. Contrôler pour ne pas perdre les pédales. Mais ce n'était pas rare à Los Angeles, en fait. Il la regarda revenir sans un mot, tentant de dissimuler son contentement car lui aussi aimait contrôler les choses mais il n'aimait pas forcer les destins. Et à dire vrai, il n'en attendait pas grand chose d'elle. Il n'était pas très causant lui-même alors même quand elle ne disait rien, il savait lire son visage, son regard, les gestes de ses mains ou la démarche qu'elle avait. Peut-être qu'au final, si Nash était toujours vivant, c'était parce qu'il connaissait les gens. Peut-être... Il y avait aussi la possibilité que Dieu ait toujours souhaité l'épargner, le préparant à un destin qu'il ignorait encore, qui sait. Après tout, pourquoi pas ?

Alors il la regarda se rapprocher et s'asseoir sans un mot, se retournant face au comptoir pour reprendre son coton. Son silence pouvait être frustrant mais Nash savait qu'il n'avait pas le droit de la pousser plus qu'il ne l'avait déjà fait. C'était un pas, quand elle revenait vers lui de la sorte. C'était pour ça... Qu'il avait foi en elle plus qu'en d'autres femmes du même acabit. Après tout, elle n'était pas la seule dans le monde et encore moins la seule dans cette ville. Mais elle était la seule à l'écouter. Et il prêtait attention aux gens qui lui prêtaient attention. Il inspira profondément en l'écoutant et se retourna vers elle, la main levée avec le coton.

_ Ca te fera nécessairement mal. Ne fais pas l'enfant, Sin... Et tu ne peux pas me tuer, je suis bien plus costaud que toi.

Il lui offrit un rictus pour répondre à son humour et commença par nettoyer sa peau autour de ses plaies, concentré sur son geste et retenant presque sa respiration tellement il s'y appliquait. Il était de ce genre de personnes qui avaient connu assez de violence pour user de tout autant de douceur. Il lui prit le menton de sa main libre pour lui tourner la tête légèrement et passer le coton sur son arcade délicatement. Pourtant, Nash était assez trapus, ce n'était pas un géant mais il avait une carrure assez imposante. Et de grosses mains ! Vous savez des genres de mains de bûcherons, assez rugueuses, des paluches qui vous feraient traverser la pièce si elles venaient embrasser votre visage. Et pourtant, il prenait tout ça avec un grand sérieux et une grande précaution. Sin était comme un animal blessé pour lui, mais un animal blessé sauvage. Et ce genre d'animal sentait quand on était contre eux. Il le sentait lui-même. Ce qui était encore plus bizarre, c'était qu'il n'avait jamais ressenti que Sin était contre lui. Alors il avait toujours pris soin d'elle quand elle l'y autorisait car il savait qu'il n'avait pas le droit d'être comme ça sans son autorisation.

_ Tu sais que c'est pas très joli, tout ça ? Tu risques de le sentir passer demain et le rhum ne devrait pas t'aider des masses. Tu es sûre de vouloir finir avec un casque demain matin ?

La réponse était évidente mais il tenait quand même à poser la question, juste pour lui montrer que ce n'était pas un refus de la servir, mais simplement, qu'il prenait soin d'elle et de sa santé. Mais ses doigts tremblaient presque quand il passa le coton sur la plaie elle-même et rien que d'imaginer la douleur, il en serra les dents. Il savait Sin forte. Mais il savait que de l'alcool sur une plaie pareille pouvait vous rendre un peu.. Groggy, mettons. Il soupira et recula la tête pour la dévisager, presque désolé. Ce n'était pas le visage qu'il souhaitait montrer mais Sin avait toujours des problèmes et il désespérait qu'un jour elle lui en parle, qu'il puisse l'aider. Lui servir à boire n'était pas ce qu'il appelait "aider". Il jeta le coton dans l'évier de l'autre côté du comptoir pour en refaire un propre. Mais il hésitait à poser sa question pendant qu'il trempait le coton à nouveau dans l'alcool. Il soupira alors de nouveau et reporta le coton sur son visage en restant concentré sur son geste.

_ Tu sais... Si tu as besoin d'un endroit où être en paix, tu n'es pas obligée de venir ici. De temps en temps, si tu veux, je peux te prêter les clés de chez moi.

Il lui écarta délicatement une mèche de cheveux qui barrait son front pour passer le coton. Comment une fille pareille pouvait finir dans un état pareil ? Et qui avait bien pu s'énerver sur elle de cette manière ? C'était typiquement le genre de choses qui le mettaient très en colère et il serra les dents pour ne pas prononcer des mots dont il n'aurait que peu de contrôle. Imaginez qu'il se trompe ? Il ne prendrait pas ce risque et il ne réagirait qu'à ce qu'elle dirait. Il tourna les yeux vers elle sans reculer la tête et lui sourit légèrement avant de passer son index sur sa joue dans un geste bref. Puis à nouveau, il tourna la tête en se reculant pour changer de coton.

[Je vire émotionnel Very Happy Mais je m'arrête là parce que la pauvre Sin va sûrement réagir quand même lol]

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Lun 13 Juin - 18:03






Ah, elle faisait pâle figure la guerrière à présent, battue à plates coutures par un vulgaire barman qui avait juste su me sortir les bons mots, au bon moment pour que je revienne. Pourtant, mon cœur balança entre l’idée de me tirer pour de bon et rester ici, à me faire dorloter pendant quelques minutes avant d’échouer là où le vent me porterait et surtout là où l’on voudrait de moi. Je n’aimais pas partager mes peines et encore moins mes galères et je me voyais mal débarquer chez la mère d’Emilio avec cette tête-là, pour lui demander l’asile et ce pour une durée indéterminée. Je ne voulais pas croiser son fils et encore moins donner des explications sur ce qui m’était arrivé. Je ne voulais pas donner cette image de moi, je ne voulais pas que l’on me considère comme une victime, parce que cette bagarre, comme toutes les autres ou presque, je l’avais initié, j’avais foncé la tête la première, sachant pertinemment que je ne remporterai aucune victoire, que j’ai ou non le dessus mais parce que j’en avais ressenti le besoin, je n’avais pu m’en empêcher. Parfois, je me faisais l’effet d’être une sorte d’animal sauvage fonctionnant à l’instinct et surtout incapable de faire preuve d’un minimum de jugeote. Les rapports entre frère et sœur n’étaient pas supposés se passer de la sorte, on ne se tapait pas dessus pour s’expliquer, il fallait le faire avec des mots et des phrases, des arguments et des contre arguments mais mon argument le plus efficace avait toujours été mon poing et ce même si je me démerdais pas trop mal quand il s’agissait d’humilier un tiers grâce à une verve qui me venait de Dieu seul sait où. Je ne savais pas vraiment de quoi j’avais honte, de m’être une fois de plus montrée incapable de dialoguer, d’avoir perdu face à mon frère, qui était indubitablement plus fort que moi ou bien d’avoir tiré un trait sur lui et tout ce qui le concernait. Gab et Cruz étaient les deux seules personnes au monde qui me restaient et la seule chose intelligente que je trouvais à faire, c’était me brouiller avec l’un d’entre eux. Je m’en voulais un peu que les choses se soient emboîtées de la sorte et à cause d’une pouffiasse, comme toujours. Mes deux frères avaient toujours eu ce gros problème avec les filles, Gab était un cœur d’artichaut et Cruz un vrai coureur et rien ne pouvait l’empêcher de faire ce qu’il avait en tête. Pourtant, je n’avais établi qu’une seule et unique règle, moi la petite sœur qui en théorie devait leur obéir, j’avais seulement exigé qu’il ne rappelle personne chez nous si ce n’était pas sérieux et ce après qu’il ait osé batifoler dans mon propre lit avec l’une de ces putes. Quand il s’agissait de femmes, ils perdaient trop la tête pour que je les laisse faire, c’était mon devoir de prendre soin d’eux, même si ça devait se terminer comme ça, même si pour ça je devais me les mettre à dos tous les deux. Ils n’avaient pas la moindre idée à quel point ça pouvait être difficile parfois de se retrouver sous le même toit qu’eux. Il y avait des fois où je rêvais tout simplement de me barrer, de prendre un aller simple pour le Mexique et ne jamais refoutre les pieds dans le ce trou à rats où s’entassaient trop de souvenirs. Mais pour ça je manquais de cran et mes espoirs vains me berçaient encore d’illusions, j’espérais que tout allait enfin changer pour moi, pour eux, pour nous. Comme si Dieu s’occupait de ses enfants les plus dissipés… J’avais de réels doutes.

« La corpulence n’est rien, j’en ai maté des plus coriaces que toi. » dis-je par pure provocation, je n’avais pas pour but de me battre aussi avec lui, certainement pas ce soir et dans cet état-ci

J’avais pas mal de belles bagarres à mon actif mais ce n’était pas le genre de palmarès dont on pouvait se vanter dans une soirée entre amis ou durant un entretien d’embauche, ça n’avait d’intérêt que dans les milieux que je fréquentais, pour obtenir un peu plus de boulot et espérer changer un peu son quotidien. Si l’argent ne tenait pas une importance fondamentale dans ma vie, c’était parce que je n’avais jamais manqué de rien contrairement à la famille Garcia ou à d’autres familles du ghetto. Sans doute était-ce la raison pour laquelle je me prenais souvent pour mère Theresa et que je distribuais mes billets à tout va : pour réparer l’église, aider à payer un loyer ou des factures. C’était ça la communauté, beaucoup de solidarité et de compassion. D’ailleurs, on tenta de me renvoyer l’ascenseur à la mort de Raf mais je refusai tout en bloc, tout ça me dégoûtait plus qu’autre chose, j’avais toujours estimé n’avoir besoin de personne, je préférais et de loin, aider les autres plutôt qu’être aidée. Ridicule je sais mais typique de moi. Ce fut dont seule que je tentais de remonter la pente, m’aidant de quelques grammes de coke par-ci par-là et de beaucoup de marijuana pour m’aider à dormir. Je ne croyais pas en l’efficacité des médicaments et de la science de manière générale mais les plantes, il n’y avait que ça de vrai selon moi. Pourtant, j’avais décidé de changer, d’aller de l’avant et de m’améliorer pour espérer être un peu plus heureuse que je l’étais à présent. Ce n’était pas quelque chose de facile pour une tête de mule comme moi. Il se mit à nettoyer mon visage, principalement autour des plaies et avec application et je ne bougeai pas d’un cil, j’avais déjà connu bien pire et c’était ça ou l’hôpital et quitte à choisir, je préférais ça. J’appréhendais tout de même le moment où il viendrait à passer aux choses sérieuses et où il appuierait un peu trop fort, je ne voulais pas grimacer et montrer la moindre once de faiblesse, je ne me le pardonnerais jamais.

« J’ai cru comprendre la première fois que tu m’as dit que j’étais moche mais vas-y, continue, histoire que mon amour propre en prenne un coup supplémentaire. » répondis-je avec ironie « Je pense pouvoir survivre, le rhum a un effet curatif dans certains cas extrêmes. »

Qu’est-ce qu’il ne fallait pas dire pour avoir le droit de picoler sans qu’on nous casse les pieds. Depuis le temps que je touchais à pas mal de trucs, je connaissais mes limites et savais où m’arrêter pour ne pas avoir la gueule de bois le lendemain matin ou même le soir. Cependant, dans ce genre de moment, où mon moral était au plus bas, j’avais tendance à lever le coude beaucoup plus facilement qu’à l’accoutumée et mes limites étaient repoussées, parfois jusqu’à ce que je ne tienne même plus sur mes deux jambes. Je ne comptais plus les fois où l’on m’avait ramené chez moi en tentant de me soutenir alors que je persistais à croire que j’étais en état d’avancer par moi-même, à la manière d’un jeune bambin mais tout de même. Je me souvenais parfaitement de la fois où mon frère avait voulu faire le malin et m’avait posé sur son épaule jusqu’à ce que la catastrophe arrive. On s’était foutu de sa gueule pendant plusieurs semaines avec Cruz. Je n’étais pas très fière de ce coup là mais ça nous avait fait tellement rire que je le rangeai dans les bons souvenirs. Je fis un retour fracassant dans la réalité quand il me proposa de passer chez lui quand ça n’allait pas, je ne fis que répondre par un sourire qui signifiait « non, merci ». Ses petits gestes envers moi me mirent un peu mal à l’aise mais je ne bronchai pas, je voulais être en meilleur état pour ne pas trop souffrir le lendemain et surtout, j’avais besoin de compagnie pour ne pas m’occuper du gramme de coke qu’il y avait dans ma poche. Tandis qu’il farfouillait pour prendre un autre coton, je me décidai à parler.

« Ta proposition est vraiment appréciée mais je préfère me débrouiller autrement. Et puis tu sais, ma vie n’est pas le calvaire qu’elle a l’air d’être, je m’en sors même plutôt bien comparativement à d’autres. Tu devrais le savoir depuis le temps qu’on se connait, je m’en sors toujours. »
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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Lun 13 Juin - 18:55

En fait, il ignorait pourquoi il continuait de proposer, il savait qu'elle dirait non. Mais il lui arrivait, parfois, de lui donner satisfaction, même rarement, lui donnant l'impression, même légère, de servir un peu à quelque chose. Hey, après tout c'était son taf depuis qu'il était à la "retraite", Nash. S'occuper des autres, faire attention aux autres, couvrir les autres ! Pendant un temps, on l'avait pris pour une balance et il avait mis du temps à prouver qu'il n'y était pour rien, qu'il s'était fait avoir comme les copains. Mais allez prouver ça quand vous ne vous sentez pas très net dans vos baskets et tout ça, malgré toute la loyauté mise en oeuvre pour les Los Ojos. Nash ne disait jamais non réellement. Mais quand on lui disait oui, il était assez content. Il ouvrit un pansement et se retourna vers elle pour le porter à son arcade avec toujours autant de délicatesse dans les gestes. Si elle se sentait gênée par ces derniers, il n'en était rien pour lui. Il pouvait avoir l'air antipathique mais en réalité, il était plus emphatique. Ne pas le montrer était pour lui une façon de survivre, surtout au sein d'un gang comme celui-ci. Il se redressa en inspirant profondément et referma la boîte en jetant le dernier coton dans l'évier.

_ Je n'ai pas dit que tu ne savais pas te débrouiller. J'ai dit que si tu le souhaitais, de temps en temps, tu pouvais venir chez moi. C'est pas bien grand, je sais mais c'est beaucoup plus calme qu'il n'y paraît. Je sais que tu dis non, Sin, tu dis toujours non mais je te le dis quand même. Comme ça tu le sais.

Il posa un coude sur le comptoir, laissant sa main pendre et il s'y appuya pour la regarder en penchant légèrement la tête pour l'observer. Avec des caractères comme Sin, le but était de les informer, pas de les pousser. Et il n'était pas impossible qu'il ait besoin qu'elle ait besoin d'elle mais ça, il ne se l'avouerait même pas à lui-même. Parfois il songeait qu'avoir coupé les ponts avec sa famille était une mauvaise idée. Oh bien sûr, il revoyait sa soeur de temps en temps, en cachette de sa famille, bien sûr. Elle n'avait strictement rien à voir avec Sin, il avait même pas mal de raisons d'être fier de sa petite soeur. Mais d'une part, elle ne vivait pas à Los Angeles même et d'autre part, il ne voyait que rarement. Et elle lui manquait donc il n'était pas impossible qu'il rejette ce manque sur quelqu'un comme Sin.

_ Ce que je veux te faire comprendre c'est que tu peux passer quand tu veux. Ma maison t'est ouverte, si un jour tu as des ennuis ou si tu as juste envie de passer que ce soit pour boire un verre ou pour discuter ou juste parce que tu as des ennuis, ça m'est égal. Ce n'est pas comme... Si on était obligé de se contenter de ce comptoir. Hey, tu réalises que je ne t'ai jamais vue en dehors de ce fichu comptoir ?

Il haussa les sourcils en la dévisageant et pouffa de rire en se décollant pour repasser derrière et aller lui servir son tant attendu verre de rhum qu'il posa devant elle avant de s'appuyer de ses mains sur le bord du comptoir.

_ Je crois que notre relation a le droit à une augmentation.

Regardant la dernière table se vider, il leva la main pour saluer les sortants et sortit de derrière le comptoir pour les raccompagner et fermer à clés la porte derrière eux. Enfin il pourrait fermer. Il éteignit les lumières principales pour ne garder que celles du bar, rester dans l'intimité mais surtout qu'il soit visible de dehors que c'était fermé. Il éteignit également la musique, ramassa les derniers verres restants sur les tables mais sans lâcher Sin de son intérêt.

_ Tu sais... j'en ai marre de n'être bon qu'à te servir des verres. Je veux dire ici. Si je ne te fais pas payer, ce n'est pas parce que j'ai pitié de toi ou n'importe quoi que tu peux imaginer. C'est juste parce que ça me fait plaisir.

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Lun 13 Juin - 20:24

Je me demandais à quoi pouvait bien ressembler son chez lui, un lieu aussi convivial que le bar ou bien un appartement beaucoup plus passe-partout ? Ou peut-être inspiré de ses tendances gay… Bordel, si je ne voulais pas me faire définitivement virer de ce bar, mieux valait que je ne le fasse pas chier ce soir avec mes déductions alambiquées, même si ça m’amusait beaucoup et que je savais que je tenais une arme fatale pour le faire enrager la prochaine fois. Je jugeais en avoir assez fait pour une seule et même soirée, il fallait quand même que j’en garde sous le coude pour plus tard non ? Oui, j’avais bel et bien l’intention de me pointer de nouveau, dans un état beaucoup plus convenable en espérant peut-être faire amende honorable à ma manière et ce même si je n’avais pas l’intention de débarquer chez lui, qu’elle que soit ma situation et les raisons qui puissent me pousser à fuir mon chez moi. Contrairement à lui, je n’aimais pas nécessairement la charité et principalement lorsqu’elle m’était proposée, j’avais toujours fait en sorte de ne rien devoir à qui que ce soit et je ne voulais pas que ça change, bien que de ce point de vue là, je lui étais inévitablement redevable de toutes ces fois où il m’avait accueilli même s’il était sur le point de fermer, ces fois où il me servit sans rien me demander, juste pour aider, parce que j’étais une Los Ojos et que quelque part, il n’avait pas d’autre choix que de m’ouvrir la porte, du moins je le voyais de cette façon. Peut-être devais-je l’inviter à manger chez nous, ne serait-ce que pour le remercier pour toutes ces fois. Oui, je le ferai une fois que l’accalmie serait rétablie au pays des fous, une fois que mes frères auront cessé de jouer les abrutis pour me laisser enfin mener ma vie comme je l’entendais, même si je ne pouvais m’empêcher de me mêler de la leur. Oui, j’étais une véritable plaie mais c’était pour ça que les gens m’adoraient autant, quand je me préoccupais de quelqu’un, je faisais tout mon possible pour le rendre possible, souvent le plus maladroitement du monde mais c’était toujours fait avec le cœur, tandis que je réservais un sort très peu enviable à ceux que je méprisais, oscillant entre le désintéressement le plus total, l’ignorance ou bien le mépris poussé à son paroxysme. J’avais la fâcheuse tendance de faire du délit de sale gueule, étant, ce soir, plutôt mal placée pour agir selon ce mode opératoire là mais que voulez-vous, on ne se refait pas.

« Et c’est noté. »

Je ne voulais pas m’étendre sur le sujet, je ne voulais pas lui dire clairement que même si son appartement avait été le palais d’un roi exotique, je ne voulais pas y foutre les pieds, préférant me retrouver dans un hôtel crasseux et miteux plutôt qu’avoir à demander l’aumône. Je ne me résignais jamais à attraper les mains qu’on me tendait avec désespoir, c’était un tort mais ma fierté avait toujours été plus importante que tout le reste. Sans doute le sang mexicain ou bien tout simplement mon incurable connerie. Je remerciais tout de même le ciel que mon frère ne soit pas un ami proche de Nash et que celui-ci ne puisse pas lui raconter chacune de mes péripéties et principalement ces soirs où je débarque dans cet état lamentable, parce que s’il m’est plutôt facile de ne pas répondre aux questions de mon hôte de ce soir, il en est tout autrement quand Gab se prend pour un enquêteur du FBI et me bassine jusqu’à temps que je crache le morceau. Quand il s’agit de ma santé, de ma sécurité et de tout ce qui peut concerner la violence de mon métier au sens large, il est capable de tout et surtout du pire. Je me souviens très bien de cette fois où il est intervenu alors que je m’embrouillais avec un gros con en pleine ville et ce coup de poing qu’il lui avait envoyé en pleine gueule après qu’il se soit montré menaçant et insultant envers moi. Ca m’avait mis en rogne qu’il s’en mêle et ce même si le type en face de moi avait sa corpulence et aurait pu m’envoyer au tapis, je ne supportais pas qu’on me voie comme la princesse en détresse mais il était tellement en colère que j’avais pas osé protester de peur qu’il ne me jette en route. Il n’aurait sans doute jamais osé mais je n’avais pas voulu tenter le diable pour autant. On était une drôle de famille, brisée par la vie et le destin mais on s’en sortait pas trop mal, même si on n’avait pas grand-chose à voir avec la famille américaine parfaite, loin de là même.

« C’est parce qu’ici, tu es obligé de m’accueillir, d’une certaine façon. Si je venais à débarquer chez toi, tu serais contraint de mélanger vie privée et vie professionnelle. De toute façon, je ne compte pas venir te faire chier, quoi qu’il se passe, t’as pas à t’occuper de moi, je m’en charge toute seule, tu ferais mieux de te trouver une gonzesse ou bien un mec, histoire d’évacuer toute cette tension que tu nous as montré ce soir. Bordel, t’as pas baisé depuis combien de temps pour être aussi constipé ? » lui balançai-je avant de ricaner comme une débile

Plaisanter était beaucoup plus simple que de parler de ses problèmes et de toute façon, je ne comptais pas m’apitoyer sur mon sort toute la nuit, oui, je m’étais pris une raclée, la page se tournait et la vie continuait. Chose inespérée, il finit par me servir mon putain de verre de rhum dans lequel je trempai immédiatement les lèvres pour en boire la moitié avant de le reposer sur le comptoir et de pousser un soupir de contentement. Je ne connaissais rien de meilleur, ça piquait un peu la gueule mais ça avait le mérite de remettre d’attaque, pour un peu j’aurais pu me pointer en boîte pour terminer la nuit, si je ne ressemblais pas à elephantman.

« Une augmentation ? Non Nash, je ne te violerais pas sur le comptoir, tu sais très bien que le sexe, ça change toujours tout entre les gens. » répondis-je toujours aussi hilare

Je lui offris un large sourire alors qu’il me faisait une déclaration qui aurait pu me faire fuir si je n’avais pas retrouvée ma bonne humeur. Je lui offris une petite tape sur l’épaule, geste tendre venant de moi, autant dire que je n’étais pas forcément très habile avec ce genre de choses.

« Ce me fait plaisir aussi de venir ici, j’aurais fini par aller ailleurs si tu étais un gros con. Je t’aime bien, même si parfois j’aimerais que tu arrêtes de te la jouer comme si tu étais mon père. Faut que tu comprennes Nash que je ne prends pas toujours des risques inconsidérés, c’est juste que ma vie est faite comme ça, rien de plus. Mais je ne la changerais pour rien au monde, sans ça, je ne serais pas la même. »
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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Lun 13 Juin - 21:03

Obligé de l'accueillir ? Non, il pouvait refuser de la servir, d'ailleurs, pour ce faire, il lui montra la pancarte dans son dos qui disait que le barman se réservait le droit de refuser de servir une personne qu'il jugeait inapte à prendre un verre. Et sur ce il lui sourit, bien fier. Mais à nouveau elle remettait ça sur le tapis. N'était-il donc bon qu'à la récupérer dans le caniveau ? il se mit à rire et il espérait tellement qu'un jour elle le verrait autrement qu'un barman. Autrement que ce comme il apparaissait aux yeux de tous déjà, finalement. Il avait envie de lui apparaître comme quelqu'un de normal, au final. Et rien que ça le vexait alors il leva une main en repassant son torchon sur son épaule et fermant le livre de comptes qu'il ferait chez lui, pour le coup.

_ Je n'ai jamais dit que je m'occuperai de toi partout où tu irais. Je t'ai proposé un toit et une table si tu as envie de passer parce que je ne travaille pas tous les soirs ici, tu le sais ça ? Et je n'agis pas comme ton père, je me fiche pas mal d'être ton père. Disons que...

Il se frotta le lobe de l'oreille avant de hausser les épaules. Il se pencha pour jeter les cotons à la poubelle et en se relevant, sa tête vint cogner le coin de la machine à pression alors qu'elle venait de prononcer les mots qu'il n'entendait jamais dans la bouche d'une fille - vis à vis de lui, du moins. Il se racla la gorge et pencha la tête, les dents serrées, se voulant particulièrement sévère alors qu'il la dévisageait. Elle avait osé mettre ça sur le tapis. Elle avait osé parler d'une possible femme dans sa vie. Non, plutôt dans son lit, en fait. Il plissa les yeux et se retint de grogner. Cependant, il ne s'imaginait tellement parler de ça avec elle qu'il se racla la gorge à nouveau pour cacher son trouble. Il voyait Sin comme sa petite soeur et il se voyait plutôt lui apprendre des choses... Pas l'inverse.

_ Ce ne sont pas... Tes affaires ?

Et il repartit à son nettoyage de salle. Frotter, astiquer, tout ce que vous voulez pour avoir Sin dans son dos. Là, tout de suite, il ne pouvait la regarder. Selon lui, une femme ne pouvait parler franchement de sexe, ce n'était pas très..... Ce n'était pas catholique, voilà ! mais voilà qu'elle en relançait déjà une couche ! Il ferma les yeux et se retourna vers elle, tentant tant bien que mal de garder son sérieux désespérant. Il la fixa de longues secondes avant de revenir avec son plateau au comptoir. Et il poussa un soupir. Inutile de répondre à sa nouvelle remarque, non seulement elle plaisantait et il le savait mais en plus, il n'avait pas envie de lui donner plus de satisfaction qu'il ne lui en avait déjà offert ! Finalement, il se pencha sur le comptoir, croisant les bras et haussa les sourcils pour la regarder comme s'il s'apprêtait à dire une chose très importante. Et c'était le cas selon lui mais toujours avec ce côté rabat-joie. Hey !!! Il avait des valeurs et il comptait bien s'y tenir. Si lui ne s'y tenait pas alors qui s'y tiendrait, hein ?

_ Ca change toujours tout. Tout court.

Mais à sa dernière réplique, il voulu redevenir sérieux et soupira en se réhaussant légèrement sur les coudes pour la dévisager, fraternel.

_ Je ne suis pas ton père et je n'ai jamais voulu l'être. Ecoute, je t'aime bien. C'est tout. J'ai pas envie qu'il t'arrive des bêtises, voilà tout ! Je voudrais simplement que tu fasses plus attention à toi. Tu vaux bien mieux que ça.

Il lui prit le menton entre son pouce et index pour la dévisager d'une légère grimace.

_ C'est pas un visage pour une fille comme toi, ça. Que tu passes chez moi ou ici, pour moi tout ce que ça change c'est que je ne suis pas obligé de tourner à l'eau gazeuse pour t'écouter raconter tes salades. Hey, moi aussi, je voudrais t'accompagner de temps en temps ! Bon d'accord, là c'est une bière mais je suis en fin de service et je suis tout seul alors oui je me lâche. Ok ? Promets-moi de faire plus attention... Ou bien appelle-moi. Y a pas de raison que tu sois la seule à t'amuser.

Le sérieux qu'il conservait pouvait paraître parfois presque déplacé ou pince sans rire, un genre de "je ne sais pas de quel côté pencher". Puis finalement, il lui adressa un sourire soudain. Après tout, lui aussi avait parfois besoin de taper dans quelque chose. Et si ça pouvait être pour une bonne raison, il en était toujours.

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Mar 14 Juin - 14:36




C’était étrange que je suscite de telles réactions j’ai de nombreuses personnes, ce besoin constant qu’ils avaient tous à vouloir me protéger, c’en était presque ridicule puisque depuis mon entrée dans le gang, j’avais prouvé à de nombreuses reprises que j’étais parfaitement capable de me débrouiller toute seule et de m’en sortir même dans les situations les plus dangereuses. Certes, je n’en sortais jamais indemne et j’avais d’ailleurs une jolie collection de cicatrices pour le prouver mais j’étais encore envie pour raconter mes aventures, bien que je ne le fasse pas. J’avais plutôt tendance à tout intérioriser jusqu’à atteindre le point de rupture et ne plus supporter tout ce poids sur mes épaules, alors généralement, je passais une journée à m’emporter pour un oui ou pour un non et pour éviter de énième meurtre, injustifié celui-ci, je préférais dépenser cette énergie négative dans une salle de sport jusqu’à ce que je sois bien trop fatiguée pour éprouver une quelconque rage, jusqu’à ce que ce sentiment d’injustice disparaisse totalement et que je puisse reprendre ma petite vie presque normale. A quoi cela aurait-il pu me servir de me plaindre constamment ? Immédiatement, on m’aurait assimilé à toutes les autres femmes, en se disant que je n’étais qu’une gonzesse comme toutes les autres au fond et que j’étais même plus casse couilles encore qu’elles parce que j’avais absolument tenue à faire partie des Los Ojos, à avoir une place de choix pour finalement geindre à la moindre difficulté. Non, moi, je n’avais pas le droit d’être faible et de montrer que j’étais aussi faillible que les autres, je devais garder la tête haute et la boucler sur toutes les choses qui m’emmerdaient et me posaient problème dans mon boulot parce que cela aurait immédiatement remis en question mon statut, ma place et ma condition de femme et ça je ne pouvais pas le supporter. A force de se surveiller en permanence, on finit par ne plus être capable de lâcher la bride et c’était justement ce qui se passait avec Nash, j’avais beau l’apprécier, je ne voulais pas lui parler de ces choses-là, je ne voulais pas débarquer chez lui pour squatter parce que ça n’allait pas chez moi, pour la simple et bonne raison que cela aurait été faire preuve de faiblesse et je n’avais pas ce luxe. Je n’étais pas née du bon sexe et même si on me respectait presque autant que tous les autres membres, il n’était pas question de donner le moindre prétexte à contestation. J’aimais ce que je faisais et si du jour au lendemain j’étais amenée à perdre cette place pour une raison ou pour une autre, je n’étais pas certaine de le supporter. C’était la seule chose qui faisait que j’étais encore debout aujourd’hui, sans les Los Ojos, je n’étais pas grand-chose pour ne pas dire rien du tout. Ils m’avaient tout apporté, tout donné et j’avais pas mal sacrifié en échange mais selon moi, ça en valait la peine, même si la mort de Raf était très discutable. Pour moi ce n’était pas un sacrifice nécessaire, je jugeais qu’il était mort en martyr, comme exemple et ce n’était pas la mort qui lui allait le mieux, il aurait dû mourir en héros et non pas d’une balle dans le dos comme un chien.

Je ne voulais pas m’embrouiller avec le barman sur un sujet aussi anodin et pour une raison aussi débile, je me contentai donc d’acquiescer pour le remercier avant de me saisir à nouveau de mon verre pour finalement le charrier, mon passe-temps favori. J’avais dû prendre ça de Gabriel, j’étais une véritable plaie une fois que j’étais lancée et on m’arrêtait plutôt difficilement, d’ailleurs, je n’avais jamais eu besoin de personne pour rire aux éclats de mes conneries et ça ne manqua pas. Il se pencha comme pour se dissimuler avant de se redresser et de se cogner, ce qui me fit, bien entendu, éclater de rire tandis qu’il me fixait avec sévérité, visiblement désireux qu’on ne s’étende pas sur le sujet mais je n’en avais pas fini, ça il pouvait en être certain et s’il le fallait, je lui tirerais les vers du nez moi-même. Non mais je pouvais comprendre que l’on se montre timide concernant ses pratiques sexuelles mais en rire n’était pas interdit, du moins pas chez moi. Mais vu l’air constipé qu’il affichait, je compris bien vite que ça le mettait très très mal à l’aise, ce qui ne fit qu’accroitre mon hilarité et mon envie de le bassiner avec ces histoires, quitte à ce qu’il me mette à la porte plus tôt que prévu. Il fallait qu’il se détende un peu sinon il allait finir par exploser.

« Tu sais même si tu es puceau, c’est pas grave mais je pencherais plutôt pour gay. Quoi qu’il en soit, je ne te jugerais pas, je peux même t’aider à te trouver un copain si tu veux. » lui lançai-je tandis qu’il astiquait tout ce qui lui passait sous la main, en me tournant le dos bien entendu

Plutôt compliqué d’aimer quelqu’un du même sexe que le sien dans une communauté aussi conservatrice que la communauté mexicaine mais ce n’était pas impossible, pour ma part, je n’avais jamais vu ça d’un mauvais œil, ce qui se passait dans la chambre à coucher des gens ne regardait qu’eux et si c’était ce qu’il leur fallait pour être heureux, alors pourquoi pas. De toute façon, j’aurais été plutôt mal placée pour ouvrir ma gueule sur ce genre de sujet, me montrer intolérante envers la différence était quelque chose que j’avais toujours été incapable de faire, moi qui était l’archétype même de la différence à l’état brut. Des femmes de mon acabit, il n’y en avait pas des masses, aussi bien dans le bon sens du terme que dans le mauvais, ce qui me rendait presque exceptionnelle, je dis presque parce que je savais pertinemment que je n’avais rien de transcendant, j’étais juste une garçonne qui était parvenue à se faire une place grâce à sa détermination et à sa folie.

« Tu t’inquiètes trop amigo, je vais parfaitement bien et je sais prendre soin de moi mais parfois y a juste des dommages collatéraux. Quand t’as un sale caractère, faut assumer jusqu’au bout, quitte à finir avec ma gueule. Alors je ne dis pas que ça me plait, seulement que je n’ai pas le choix si je veux qu’on me respecte. »

Il me saisit le menton de deux doigts pour me faire lever l’énorme boursoufflure qu’était mon visage vers lui et je lui offrit un sourire, l’alcool faisait probablement déjà son effet ou alors était-ce la fatigue, le fait était que je me sentais pas si gênée que ça de ce contact.

« Je ne passerais chez toi que si c’est une invitation et non une proposition d’exil pour un cas désespéré comme le mien ! Et si c’est le cas, je te ramènerai une bouteille de téquila rien que pour toi, histoire que tu puisses m’accompagner, j’espère que ton foie est bien accroché parce que je suis très endurante à ce jeu. »

Pour appuyer mes propos, je terminai mon verre avant de le reposer sur le comptoir et de me tourner de nouveau vers lui.

« Oui papa, je ferai attention. »

Un autre de mes éclats de rire brisa le silence du bar alors qu’il me regardait un peu désespéré, j’étais un cas mais ça me rendait drôle non ?

« Dis donc, tu ne me ferais pas des propositions indécentes par hasard, Nash voyons … » dis-je en me levant et en m’approchant de lui, juste assez pour lui pincer les fesses avant de déposer mes lèvres sur sa joue, il était rouge pivoine quand je m’installai de nouveau sur mon tabouret, ricanant de ma propre connerie, comme toujours.

« Promis, si j’ai un problème et besoin de bras musclés, je te passerai un coup de téléphone ! D’ailleurs, je me disais qu’un de ces quatre tu pourrais venir manger chez nous, histoire qu’on se voit ailleurs qu’ici comme tu dis. »
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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Mar 14 Juin - 16:34

Alors c'était donc ça ? On le croyait gay ?! nash secoua la tête et soupira en la regardant, presque blasé. Non, sincèrement.

_ Je ne suis pas gay.

Et il brandit son index en haussant les sourcils, s'attendant à la réplique de Sin comme s'il la connaissait par coeur, tellement par coeur des fois !

_ Et non, je ne suis pas puceau non plus. Enfin, c'est quoi ton problème, hein ? Je suis constipé et alors... Ca change ta vie ? Pas que je sache.

Il lui fit les gros yeux en lui passant à côté, se voulant "sévère" à nouveau mais sans en être la moindre trace. La vérité, c'était que Nash prenait tout ça avec beaucoup d'humour avec la simple motivation de ne pas avoir à parler de quoi que ce soit concernant de très près ou de très loin sa vie personnelle, sa vraie... vie personnelle. Non seulement il n'en était pas très fier mais de plus, se découvrir, c'était s'exposer et bien malheureusement, il ne connaissait pas Sin encore assez bien pour accepter de se confier à elle de cette manière. Sans le savoir, ils se protégeaient l'un l'autre de ce qu'ils étaient réellement. Au final, ils étaient presque deux étrangers dans un univers communs qui ne partageaient que des faux semblants. Et après ? Qu'est-ce que ça changeait ? Nash avait parfois envie de clouer le bec sur sa manière dont elle le voyait car il n'était rien de ce qu'elle décrivait. Mais pour des raisons de pratique, il laissait passer, la laissait croire ce qu'elle voulait, ainsi, elle était satisfaite. Il la laissait s'amuser, le charrier, au moins elle affichait sur ses lèvres un sourire, ce qui lui permettait lui-même d'en afficher un. Il revint s'accouder à côté d'elle et pencha la tête près de son épaule pour la dévisager en haussant les sourcils à nouveau.

_ Je me tue à t'expliquer depuis une heure, au moins, que mon invitation chez moi n'est pas dans le cadre d'un exil mais de temps passé entre... Deux personnes qui s'apprécient. Du moins je crois. Tu sais, je passe pas ma vie dans ce bar (menteur), et il n'est pourtant jamais rare de me retrouver, comme maintenant, à y vivre même les portes fermées parce que je suis avec quelqu'un qui a une bouche pour parler, bizarrement, ça n'existe pas le jour. Ce que je veux dire, c'est que... J'ai très envie de rentrer chez moi, tu sais ?

Il acquiesça lentement, c'était une manière de lui dire "sauve-moi, j'en peux plus, je veux m'asseoir, je suis barman, tu sais que j'ai pas le droit de m'asseoir ! ... et j'ai soif". Il leva une main pour faire un arc de cercle ample du poignet en secouant la tête.

_ Donc je me répète. Tu viens quand tu veux... Que tu ailles bien ou mal, ma porte t'es ouverte. Ok ? Bien. Et je ne suis pas ton père, pigé ? Je suis pas assez taré pour ça, je pourrais crever d'une crise cardiaque, si c'était le cas, tu te rends compte ?

Il avait fini sa phrase en la montrant de l'index avant de s'écarter pour se mettre en quête de la fermeture définitive du bar. A l'annonce des propositions indécentes, il soupira. Elle ne s'arrêtait donc jamais !!! mais comment faisait-elle ! Il avait laissé entendre ce genre de relation ? Non, c'était impossible. Rien que l'idée de... non, vraiment, il en grimaça. Il songeait comme à de l'inceste, en fait. Et cette idée le rendait presque malade. C'était Sin ! Sa petite protégée préférée - oui il en avait plusieurs. Mais alors le fait qu'elle lui pince les fesses le fit sursauter. Et le fait qu'elle lui embrasse la joue le fit devenir plus rouge que vif. En quel honneur était-ce ?! De plus, personne ne le touchait jamais et à chaque contact imprévu, il se raidissait comme s'il venait de prendre un choc électrique. Si sa peau changeait de couleur, son visage n'en exprimait pas grand chose de plus. Quand elle était entrée, il y avait un mur entre eux, à force, il avait dessiné une porte et maintenant, il avait lâché la craie et le mur était à nouveau là. Elle l'ignorait, elle ne pouvait pas le savoir mais quand une femme se retrouvait trop proche de lui et bien... Aussi incongru que ça pouvait paraître, ça lui faisait peur. Et pas peur de la femme en question, mais plutôt peur POUR la femme en question. Cependant, il essaya de n'en rien montrer et la suivit des yeux pour acquiescer à ses derniers mots. Le fait qu'on l'invite chez elle était... Et bien en fait, il venait de réaliser. Il fronça les sourcils en reculant la tête.

_ Quoi ?

Elle l'invitait chez elle ? Avec sa famille ? Quoi ils étaient nombreux ? Ah oui mais non, il ne voulait pas passer pour le potentiel petit ami de Sin, alors ça non. Que répondre à ça... Lui au moins vivait seul. Dans un truc pas racontable mais... Seul. Sans personne d'autre pour mettre la pression. Il se frotta l'arrière de l'oreille de l'index avant de se racler la gorge.

_ Euh, c'est à réfléchir, je ne sais pas. Avec ta famille et tout ça ? Lequel des deux fait des propositions indécentes maintenant, hein ?

Et il fit danser ses sourcils dans un sourire machiavélique. Oui, il lui arrivait d'arborer un sourire de la sorte !

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Jeu 16 Juin - 12:23




Je connaissais bien les hommes pour avoir grandi avec mes deux frères et avoir passé pas mal de temps avec deux machos en puissance lorsque j’étais plus jeune, tout ce qui se rapportait de près ou de loin à leur sexualité prenait des proportions incroyables, principalement lorsque l’on avait le malheur de remettre leur parole en doute ou bien tout simplement de remettre en question leur virilité, qui bien entendu, ne pouvait passer que par là. C’était assez complexe à comprendre pour nous, membres de la gente féminine, qui nous définissions tout à fait différemment et qui n’avions pas constamment besoin de faire référence à notre sexe pour affirmer une quelconque supériorité, pour ça, il nous suffisait de mettre en avant nos capacités de réflexions et intellectuelles au sens large. Les hommes passaient bien trop de temps à penser au sexe pour réfléchir à autre chose ou à réfléchir tout court. C’était caricatural et j’en avais parfaitement conscience mais j’en prenais tellement pour mon grade en tant que femme dans un monde d’hommes que je ne me gênais jamais pour leur en foutre plein la gueule, quitte à les vexer pour de bon. En toute objectivité, je n’étais pas nécessairement mieux qu’eux. Le sexe était à mes yeux un besoin humain que tous ressentaient, hommes ou femmes, la différence n’était que dans la manière de gérer le désir et les besoins mais aussi la manière d’en parler. En tant que femme, je n’étais pas habilitée à aborder le sujet selon les mœurs mexicaines, tout comme je n’aurais jamais dû faire partie du gang et me battre avec eux ainsi qu’arriver à 26 ans sans être mariée, sans petit ami, sans enfant et sans foyer m’appartenant réellement. Dans une optique totalement traditionnaliste, j’avais raté ma vie, selon moi, je m’étais démerdée pour sauver ma peau et je ne m’en étais pas trop mal sortie. Je n’aurais probablement pas supporté la vie de femme au foyer. En ce qui concernait Nash, je ne le voyais ni gay, ni puceau, c’était juste une manière de le taquiner et de le mettre mal à l’aise. Je me doutais bien qu’un homme de son âge et avec un physique comme le sien n’avait jamais dû manquer de femmes et de propositions. Il était plutôt bel homme, avait cette petite once d’élégance qui le différenciait du commun des mortels mais également cette sagesse et ce calme qui émanaient de lui. Pour une grande majorité de femmes, il devait être d’un réconfort inespéré, inspirant la sécurité et la protection. C’était peut-être la raison pour laquelle j’atterrissais continuellement ici et ce un peu malgré moi, il m’inspirait un minimum confiance et je me sentais à l’abri ici, entourée de bouteilles et de silence. Je me contentai de sourire à ce qu’il me dit sur sa sexualité, c’était vraisemblablement le sujet tabou par excellence, chose que je peinais un peu à comprendre mais c’était son choix et j’étais trop épuisée pour insister ce soir de toute façon. Enfin ce soir … La nuit était déjà bien entamée.

« Fallait le dire tout de suite, je vais pas te retenir plus longtemps, de toute façon, je commence moi-même à fatiguer, je pense que j’y verrais plus clair avec quelques heures de sommeil. » dis-je d’un ton compréhensif

Je comprenais volontiers qu’il puisse avoir envie de retrouver son chez lui après une journée à avoir supporté des clients exigeants, il était inutile d’en rajouter une couche, de toute façon, il ne tirerait rien de moi ce soir, je n’étais pas assez ivre pour raconter ma vie et pas assez meurtrie pour me mettre à pleurer, autant dire un brin inutile et de très mauvaise compagnie. Outre les conneries que je pouvais déblatérer avec un naturel presque dérangeant, je n’étais pas capable de raconter autre chose. Les rumeurs me passaient au-dessus, je n’y voyais aucun intérêt , de toute façon je n’étais même pas certaine qu’il aurait compris de qui je parlais, quant à nos vies privées respectives, on ne se connaissait pas assez pour les aborder comme de vrais amis pouvaient le faire et d’une certaine façon, ça m’arrangeait que mes deux meilleurs amis d’antan ne soient pas là. Ils me connaissaient assez pour savoir comment me faire parler, comment me faire dire qui avait été aussi violent avec moi et surtout pourquoi. Parfois, le destin faisait plutôt bien les choses.

« J’avais déjà compris la première fois tu sais. » lançai-je avec humour avant de reprendre « Je manque souvent de tuer mon frère comme ça mais on s’y fait à la longue. »

Ma dernière petite provocation m’amusa plus que de raison mais n’avait strictement rien de tendancieux, je m’y prenais tout à fait autrement quand un homme me plaisait, enfin du moins je le pensais. J’avais la fâcheuse habitude de foncer, quitte à me prendre un monumental râteau. Je ne l’avais fait qu’une seule et unique fois dans mon état normal, si bien que je me souvenais de chaque seconde avec exactitude et ça avait fonctionné, du moins jusqu’à ce qu’il m’annonce qu’il se tirait et n’aurait bientôt plus de temps pour moi et pour tout ce qu’on aurait pu envisager de partager. Ce fut comme un coup de couteau en plein cœur. Je n’étais pas très sensible de manière générale mais quand j’avais la mauvaise idée de déballer mes sentiments, j’attendais un minimum en retour et quand ça ne marchait pas comme je l’avais prévu, ça pouvait me mettre dans tous mes états. Ce fut ce qui se produisit et malgré moi, je mis un terme à tout ce qu’on avait partagé, pour son propre bien mais surtout le mien. Qui pouvait attendre quelqu’un une éternité ? Ne sachant même pas s’il se souviendrait de soi et s’il reviendrait même ? J’aurais pu le faire, j’étais quelqu’un de fidèle et avec des règles auxquelles je ne dérogeais jamais mais mon imagination était trop fertile pour que je supporte l’éloignement. Loin des yeux, loin du cœur … Heureusement, Nash me permit de revenir à la réalité et de m’extirper de ce tourbillon infernal de pensées qui m’engloutissait parfois voire même souvent.

« Je te rassure, ne vois rien d’indécent là-dedans, c’est juste ma manière de te remercier de ce que tu fais pour moi. Et puis il y aura mes frères donc aucun risque que j’abuse de toi, de toute façon t’es pas mon style, trop vieux. »

Dernière petite pique, juste histoire de me remettre dans l’ambiance. Je jetai tout de même un œil à ma montre histoire de m’assurer qu’il n’était pas trop tard, du moins que l’aube ne se lèverait pas d’une minute à l’autre et je me remis sur mes deux pieds, réajustant ma veste et passant une main dans mes cheveux pour les remettre un minimum en place, ou plutôt tenter.


« Je ne vais pas traîner, demain je risque d’être appelée de bonne heure et mieux vaut que je dorme un peu. Si l’invitation te tente, tu n’auras qu’à me le dire quand je repasserai. Ok ? »


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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Jeu 16 Juin - 13:21

Bizarrement, Nash n'avait absolument aucun tabou, niveau sexe, il était juste... Discret, n'aimait pas s'étaler, se montrer, il n'aimait pas montrer d'image désinvolte et peut-être poussive qu'on pouvait retrouver un peu dans le gang des Los Ojos. Ce côté parfaitement assuré et confiant. Et il ne l'avait pas. Bien sûr, il était assuré et il avait confiance en lui mais il avait appris avec le temps et l'âge que rien n'était jamais assuré et qu'il valait mieux rester discret et prudent. Peut-être que ça pouvait sembler lâche mais Nash tenait à avoir une vie plutôt tranquille. Et son point de vue extérieur, il y tenait. Il avait assez servi comme ça entre ses années de prison, celles de pression par le gang plus ce qu'il avait déjà fait pour eux, il s'était mis à la retraite. Non, le sujet qu'il détestait aborder était celui des femmes, les siennes en particulier. Mais à sa première réflexion, il lui sourit.

_ Tu es toujours la bienvenue ici, tu ne me déranges pas.

Et c'était vrai, elle ne le dérangeait pas bien qu'il aurait préféré qu'elle vienne pour boire un verre et discuter sans avoir la tête démolie. Mais ça, il n'en dit rien. Après tout, ça ne le regardait pas et si c'était le cas alors elle en parlerait d'elle-même ce qu'elle ne faisait pas. Pourtant, il était très curieux de savoir ce qui lui était arrivé mais il savait que s'il posait la question, elle était capable de s'énerver et de l'envoyer bouler. En fait, leur relation était assez instable contrairement à ce qu'il pouvait sembler. Il aurait aimé qu'elle soit quelque chose de plus mais visiblement, elle préférait le voir en dehors du bar sur un terrain qu'elle contrôlait. Après tout, pourquoi pas. Lui aussi aurait préféré un terrain qu'il contrôlait lui-même mais il jugeait que la plus sensible des deux, c'était elle. Aussi, il acquiesça dans un nouveau sourire léger.

_ Pour abuser de moi, il te faudrait plus de muscle et plus d'atouts. Et je suis tout à fait ton type, tu dis ça juste pour te convaincre, mais je le vois dans tes yeux ! Ce visage-là te plaît bien, hein ? Fais pas ta mijaurée, saleté et tu sais, oublie ce que je viens de dire, ça me colle un goût d'inceste dans la bouche. Et puis je suis pas trop vieux pour toi, tu dis n'importe quoi. Je n'ai même pas 35 ans, d'abord ! ... pas encore.

Il avait joué de son index autour de son visage pour se rapprocher d'elle et la défier, presque, en haussant les sourcils puis il avait fini par grimacer au fil de ses mots avant de secouer la tête et se redresser pour lui tourner le dos. Ses épaules frissonnèrent à l'idée de se faire draguer par Sin ou même de la draguer elle. Elle n'était pas particulièrement son genre de femme mais elle se défendait et de toute façon, Nash avait appris que ses propres goûts se portaient sur le caractère et non le physique. Bon nombre de fois, il s'était retrouvé avec une femme qui ne l'aurait pas attirée physiquement de prime abord. Alors maintenant, il se méfiait... Malheureusement pour lui, il était dans cette période où il n'aurait pas dit non à une compagnie féminine. La voix d'une femme dans son appartement lui manquait, l'odeur d'une femme aussi. Et même, une femme à serrer contre lui, tout ça le rendait nostalgique et quelque peu en manque. Au final, ce qu'aimait le plus Nash, c'était ces petites choses de la vie courantes. Alors quand elle fit mine de vouloir s'en aller - bien qu'il appréciait sa présente - il se retourna vers elle, se rapprocha et inspira profondément en levant les mains. il la regarda et s'approcha un peu plus d'elle pour encadrer son visage de ses deux mains et plonger son regard dans le sien.

_ Très bien. Fais attention à toi. S'il te plaît. D'accord ?

Il acquiesça, lui faisant signe qu'il avait compris et qu'il était d'accord - si toutefois elle avait besoin de son accord pour partir - puis après l'avoir dévisagée, il vint lui embrasser le front en s'y attardant quelques secondes puis il la lâcha en se reculant pour récupérer un plateau qui traînait sur le bout du comptoir. Elle savait, il savait, ils savaient et pourtant, Nash ne pouvait s'empêcher de continuer de lui adresser des mains tendues. Il s'inquiétait pour elle même s'il ne le montrait que peu. Puis en se retournant vers elle, il la désigna d'un index en haussant les sourcils.

_ Et la prochaine fois, passe plus tôt. Et ramène moi un muffin. Quitte à venir si tard, nourris-moi, femme.

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MessageSujet: Re: [Sin/Nash] Anytime You Need a Friend   Mer 22 Juin - 17:18

Depuis le temps que je traînais qu’avec des mecs, j’avais appris à me faire à leur manière de s’exprimer, je m’étais d’ailleurs pas mal inspirée d’eux, et je ne m’offusquais plus de rien, si tant est que je l’ai déjà fait un jour. Ça m’amusait plutôt qu’autre chose, que ce soit la manière dont ils envisageaient leurs relations, dont ils en parlaient pour finalement être la botte de leurs petites amies qui les tenaient par les couilles. Quoi qu’on en dise, les mexicaines avaient toutes du caractère, principalement lorsqu’elles se tenaient loin du gang et estimaient n’avoir aucun compte à lui rendre, elles étaient jalouses au possible et plus possessive, ça n’existait décemment pas et pourtant, je savais que c’était ce genre de nanas que les mecs qui bossaient avec moi cherchaient, une femme qui leur rappelait un peu leur mère et leur mènerait la vie dure, histoire qu’ils ne s’ennuient pas une fois qu’ils mettaient les pieds chez eux. Ça n’empêchait pas ces malheureuses d’être de véritables bonniches qui devaient les servir quand ils prononçaient quelques mots mais au fond, elles avaient le pouvoir. La subtilité était leur force et j’aurais aimé être aussi maligne qu’elles mais la discrétion, et toutes ces conneries de bonnes femmes, j’avais jamais été foutu de les utiliser, j’étais bien trop brute de décoffrage, bien trop entière pour faire la moindre concession pour une raison ou pour une autre, soit on me donnait raison, soit on était prêt à subir mes foudres et ça s’arrêtait là. Oh, il y avait bien des fois où je parvenais à me tenir à carreau mais c’était si rare que je pouvais le compter sur les doigts d’une seule de mes mains. Oui, on pouvait le dire, j’étais une véritable plaie et j’ignorais si c’était inquiétant que j’en sois parfaitement consciente et que je ne fasse rien pourtant pour y remédier. Les gens biens cherchent constamment à s’améliorer alors que j’avais l’impression de faire du sur place depuis un paquet de temps. Me prendre en mains n’y changerait peut-être rien, j’avais toujours eu un sale caractère et des manières rustres, je doutais qu’une bonne dose de bonne volonté puisse venir à bout de plusieurs années de laisser aller. De plus, je n’avais jamais eu de modèle féminin référent, ce qui rendait les choses d’autant plus compliquées pour moi, je n’avais jamais trouvé d’oreille attentive pour écouter mes premiers émois d’adolescentes et je ne m’étais jamais sentie capable d’aller raconter tout ça à Gabriel, aussi ouvert d’esprit soit-il. Il y avait des personnes avec qui parler de certaines choses et je doutais qu’il ait jamais voulu entendre que je comptais avoir une sexualité plus ou moins active, j’étais sa petite sœur, une princesse sans défaut ou presque et surtout asexuée, les choses étaient probablement plus simples pour lui de cette manière-ci.

D’atouts ? D’ATOUTS ? Affirmait-il réellement que je n’avais pas de seins et que je ressemblais davantage à un mec qu’à une fille ? Bon sur ce point-là je ne pouvais pas réellement lui en vouloir, je me comportais souvent comme un véritable garçon manqué et si je n’avais pas eu ce visage d’ange, on aurait pu me prendre pour l’un d’entre eux. Machinalement, je portai le regard à ma poitrine qui me semblait tout à fait dans la norme et dont personne ne s’était jamais plaint jusqu’à présent. Bon, je n’avais pas le bonnet de Pamela Anderson mais je restais tout de même avantagée un minimum, d’un point de vue parfaitement subjectif bien entendu. Quelque part, ma petite poitrine avait un aspect hautement pratique, elle ne me gênait pas quand je bossais et qu’il me fallait courir de longues distances ou bien fracasser la gueule d’un mec à coups de poings, ils n’étaient pas encombrants et ça m’allait parfaitement. N’étais-je pas en train de me trouver des excuses ? Probablement…

« Mon petit Nash, tu as l’âge de mon frère qui est comme mon père donc forcément, l’idée de me taper une ancêtre me branche pas et puis si t’es pas foutu de voir mes magnifiques atouts, je ne peux rien pour toi. Moi qui avais toujours cru que mes jeans moulaient parfaitement mon derrière de déesse. » dis-je en me levant et en vérifiant au passage « De toute façon, comme je te le disais, t’es trop vieux et beaucoup trop coincé pour me plaire et ce même si c’est t’es pas trop mal comme mec. Je les aime beaucoup plus fougueux et cinglé, faut tenir la comparaison avec moi et c’est pas évident mais crois-moi, tu serais étonné de voir à quel point je suis musclée et forte. »

Pour appuyer mes propos, je retirai ma veste et lui montrai mes petits bras, imitant les gestes des bodybuilders avec des grimaces qui finirent par me faire éclater de rire. Vue la gueule que je me traînais, je n’avais pas réellement besoin de me déformer les traits en plus mais ça m’amusait et pendant ce temps, je ne pensais à rien d’autre qu’à mes conneries. Ce qui n’était pas du luxe. Au fond, il avait raison, cela n’aurait pas été une bonne idée de coucher tous les deux, non pas parce que j’y voyais quelque chose d’incestueux mais juste parce qu’il était quelqu’un de réconfortant ç mes yeux et je ne voulais pas perdre ça pour une histoire de cul sans lendemain et surtout sans intérêt. Je ne doutais aucunement de ses performances même si je m’étais fait à l’idée qu’il soit gay, mais je ne voulais plus de ce genre d’histoires, j’avais besoin de stabilité et d’une vraie relation, quelque chose d’assez fort pour me faire tourner la page de ces 8 dernières années plus ou moins chaotiques et sur lesquelles je ne voulais plus m’étaler. Avec un peu de recul, c’était sans doute une mauvaise idée d’avoir abordé le sujet, je ne voulais pas que ça finisse par m’amener à parler de moi ou de Raf, de tout ce que j’avais loupé et ce que je regrettais, ce qui risquait fort d’arriver à cause de la fatigue physique et morale que je ressentais. Non, j’avais besoin de silence, de paix et de solitude pour faire le point, tout enfouir profondément dans mon subconscient et revenir plus en forme que jamais, tout du moins dans la limite du raisonnable.

« Tu me connais, la prudence c’est mon mot d’ordre. » lâchai-je avec humour en remettant mon blouson et en lui offrant un sourire

J’avais une dalle d’enfer, mieux valait que je passe chez le chinois ou l’indien pour me prendre des trucs à manger pendant mon petit exil, mieux valait réfléchir le ventre plein que vide et puis de toute façon, j’étais bien trop agressive quand je mourais de faim, du moins plus que d’habitude si c’était possible. Je ne m’étais cependant pas attendue à ce qu’il se dirige vers moi et dépose ses lèvres sur mon front, comme mon grand frère avait pris l’habitude de le faire. Il finit par s’écarter de moi et j’en profitai pour lui bondir dessus, passant mes bras autour de sa nuque et le serrant contre moi, cela ne dura pas très longtemps, juste assez pour que je prenne conscience que je me laissais un peu trop aller et que je le laisse enfin respirer.

« J’en ai peut-être pas l’air mais je te suis reconnaissante pour ce que tu fais Nash, vraiment. Cette invitation, c’est seulement ma façon de te dire merci, tu fais un peu partie de ma famille toi aussi. »

Je posai ma main sur sa joue quelques secondes avant de faire plusieurs pas en arrière, le regardant toujours alors qu’il passait déjà commande, j’arquai un sourcil, un brin exaspérée.

« Je ne suis pas une de ces femmes-là mon petit, trouve-toi une gonzesse et demande à la pauvre malheureuse de te faire à bouffer, moi, je passe mon tour. »

Je ricanai et lui fit un signe de la main avant de lui tourner le dos pour de bon et passer le seuil de la porte, enveloppée par la froideur du vent et le silence environnant. Presque aussitôt, je m’allumai une cigarette et montai dans ma voiture, direction le restaurant indien à quelques rues de là pour faire le plein de cochonneries. Il pouvait être certain que je repasserai le voir et que cette fois, ce ne serait pas pour qu’il ait encore à s’inquiéter pour moi, je détestais ça.





HJ : Je suis vraiment vraiment VRAIMENT désolée du retard, j'étais pas bien du tout ces derniers jours et avec l'approche des résultats, j'avais envie de rester cachée sous ma couette. <3
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[Sin/Nash] Anytime You Need a Friend

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