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 Il y a des jours où rien ne va | Kat

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MessageSujet: Il y a des jours où rien ne va | Kat   Sam 14 Mai - 15:43



    Il y a des jours comme ça ...
    Des jours où la tension est à son maximum et où les choses ne tournent pas comme on le voudrait. Mat a l'habitude depuis qu'il a ouvert sa propre clinique de passer de temps en temps aux urgences à l'hôpital. L'idée vient de Venus qui a su lui insuffler cette possibilité à l'heure où il se tuait au travail sans y trouver une reconnaissance personnelle suffisante. Il retourne donc fréquemment aux urgences, lorsque elles sont saturées et que faire front devient compliqué. Généralement ça se déroule dans la nuit de samedi à dimanche et ça ne se finit que tard à la fin du week-end. L'alcool, les soirées, les fêtes, les rixes, les gangs ... Un melting pot détonnant qui donne à la ville des allures de grand n'importe quoi et qui rendent les urgences à cran.
    A cran parce qu'il y a peu de place, à cran parce que les effectifs sont limités, à cran aussi parce que malgré toutes ces difficultés il y a des hommes et des femmes qui se battent pour sauver des vies, parfois au prix de nombreuses heures de soin ... parfois pour rien.

    * Ou si peu ! *

    La journée de dimanche est fort entamée et la nuit est déjà tombée sur Inglewood. La tension est retombée petit à petit, Mat rejoint la salle de repos exténué il a bien envie d'aller boire un verre en ville pour décompresser de cette journée qui avait été compliquée.
    Compliquée parce qu'il avait opéré plusieurs fois, parce que parmi ses opérations, il y avait eu une famille entière qui avait été impliquée dans une accident provoqué par une course urbaine illicite. La mère avait du être amputée d'une jambe, le père qui conduisait la voiture était entre la vie et la mort, et la fillette qui s'était trouvée à l'arrière avait trouvé la mort sur la table d'opération, entre les mains impuissantes de Gregan. Il a fait son possible. Avec professionnalisme et avec beaucoup d'abnégation. Mais au final, il a échoué. Comment dire à une mère que sa fille est décédée et que son mari risque de subir le même sort d'un instant à l'autre ?

    - Quel merdier !

    finit-il par lâcher a moment où il entend la porte s'ouvrir. C'est Kathleen, une infirmière avec qui il a sympathisé depuis plusieurs semaines. une jolie femme, blonde avec son caractère et tout un tas de choses encore. Ses soucis et ses angoisses si elle en a. Elle doit en avoir. Vu comment elle se tue à la tâche elle aussi et comment elle prend de nombreuses choses à coeur.
    Il lui propose d'aller boire un verre en ville, non loin de l'hôpital sur Florence Avenue. Elle accepte avec joie, il la remercie de ne pas le laisser finir sa soirée seul. Avec ce genre de journée ou rien ne va, il est compliqué de ne pas sombrer dans le défaitisme et de ne pas se renfermer sur soi ... A deux, ça sera forcément mieux.

    Après avoir repris leurs affaires personnelles et laisser la nouvelle équipe prendre la relève, Mat et Kathleen se rendent donc sur Florence Avenue. Un petit troquet tenu par un petit homme, assez vieux pour prendre sa retraite, leur permettra de se poser quelques minutes ou plus selon les circonstances.
    Il y a peu de monde à l'intérieur, la lumière des néons est faiblarde et seuls quelques habitués semblent en mesure de faire monter le niveau sonore du café. Encore faudrait-il qu'ils discutent. Or chacun semble vouloir rester dans son coin. Ça ne choque pas vraiment le doc, la plupart des gens de nos jours ne se parlent plus, et lorsqu'ils le font c'est généralement pour s'invectiver.

    - Qu'est ce que tu prendras ?

    Demande Mat à la jolie blonde qui l'accompagne.
    Ils commandent et se trouvent une petite table à l'écart. A l'écart des oreilles indiscrètes, à l'écart de toute agitation. L'agitation, ils en ont eu leur dose pour un moment ...

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« Kathleen Harrison »


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MessageSujet: Re: Il y a des jours où rien ne va | Kat   Dim 15 Mai - 13:48


    Il y a des jours comme çà…et surtout des nuits…
    Où les Urgences ressemblent à un enfer sur la Terre, le chaos y règne lorsque les règlements de compte entre gang ne reflètent plus qu’une seule image celle d’un bain de sang, où les accidents de la circulation sont terribles après les sorties de boites et de restaurants, où des innocents payent de leurs vies…très cher. Cela fait des années que je suis infirmière, j’aime mon métier même si l’horreur est présente un peu plus chaque jour. La semaine était presque terminée, j’avais enchainé les gardes les unes après les autres sous l’œil inquiet de ma mère qui me gardait mes deux enfants. Étant donné que j’avais un époux quasi-inexistant et, que nos disputes devenaient beaucoup trop fréquentes et houleuses, j’avais décidé de noyer mes souffrances dans ma passion : mon métier. Cette nuit n’avait pas fait exception à la règle. J’avais du prendre en charge une petite fille qui avait été conduit par son père lui-même blessé tout comme sa mère. Ses constantes étaient faibles, même sous oxygène et sous perfusion, perfusion. Elle avait un pneumo-thorax. L’accident avait provoqué des ravages sur son beau visage. Et une fois qu’elle avait été stabilisée par le chirurgien thoracique, elle avait subi une seconde intervention qui consistait à lui remodeler le visage, à retirer les éclats de verre et faire en sorte de lui donner le moins de cicatrices possibles.


    J’avais conduit moi-même le brancard jusqu’à l’étage du bloc opératoire. Elle ne pouvait être que dans de bonnes mains rien qu’à savoir qui allait l’opérer. Les évènements s’étaient ainsi enchainés les uns et les autres. J’avais su un peu plus tard, que la mère de la fillette avait été amputée d’une jambe et que son père était décédé. Je n’avais pour l’instant aucune information concernant ce petit ange. L’heure passa à une allure folle, ma garde était presque terminée quand une infirmière du bloc opératoire me donna la mauvaise nouvelle : la petite fille n’avait pas survécu. Quel malheur pour cette mère. Que deviendrai-je si je perdais un jour l’un des mes enfants ? Rejoignant d’un pas fatigué la salle de repos, c’est au moment où j’ouvris la porte qu’une voix familière me fit sortir de mes pensées. Mes yeux bleus cherchèrent la silhouette de cet homme assis dans l’une des banquettes, le reconnaissant dès l’instant où je pus découvrir son visage. Je refermais doucement la porte dans mon dos, relâchant enfin les cheveux de blé de leur attache superficielle, dont les boucles sauvages parsemaient mes épaules.


    Un petit sourire en guise de salutation, je ne pouvais aisément lui parler de la petite fille. J’imaginais ce que pouvait ressentir un médecin en perdant ses patients surtout quand il s’agissait d’un enfant. Je me servis un gobelet de café encore chaud, passant ma main de libre au niveau de ma nuque pour tenter de me libérer un peu de toute cette tension accumulée. Je connaissais le Docteur Gregan, de par sa réputation en ville avec son cabinet qu’il avait ouvert il y a un moment maintenant et, ses compétences au sein même des urgences lorsqu’il prenait des gardes. On se croisait, on échangeait des mots comme maintenant et, ce fut avec plaisir que j’acceptais sa proposition d’aller boire un verre pour nous remettre de toute cette folie. Une fois ma tenue blanche laissée au vestiaire, j’avais enfilé un jean, un petit haut écru, une veste légère pour le rejoindre et faire les derniers pas qui nous séparaient du petit bar sur Florence avenue. J’avais juste avant envoyé un message à ma mère, lui expliquant que j’allais avoir du retard, sans lui donner les véritables raisons. Je n’en n’avais ni l’envie, ni l’utilité de le lui dire.

    La nuit était fraiche malgré tout mais agréable pour penser à autre chose. Nous arrivâmes devant la devanture de ce petit établissement. A l’intérieur les derniers clients, une ambiance tranquille qui changeait radicalement avec l’effervescence des couloirs et des box des urgences. Une fois nous boissons commandées, on s’installa dans un coin de la salle, à l’abri des regards indiscrets. Assis l’un en face de l’autre, j’avais posé mon petit sac sur la chaise de libre près de moi. Le serveur nous avait amené très vite nos consommations. J’avais pris, quand à moi, non pas un café mais quelque chose d’un peu plus fort : une Margarita. Une fois le barman repartit à ses occupations, ils ne restaient que lui et moi.


    - Je suis désolée pour la petite fille…

    Je ne voulais ni remuer le couteau dans la plaie ni encore moins de parler encore du boulot, juste lui dire que j’avais su pour ce petit ange. Mais, je n’avais pas accepté sa proposition pour ressasser et refaire toute la nuit des urgences, non, c’était pour décompresser et parler de tout et de rien mais pas des patients…

    - Un jour de repos demain, je suppose ?
    Pourquoi avoir décidé de revenir faire des gardes à l’hôpital ? Votre…ta clinique est prospère.
    Vous êtes…Tu es un chirurgien très réputé. Le manque d’adrénaline ?


    J’avais du mal à le tutoyer. C’était avant tout un respect envers le chirurgien qu’il était. Rare était les médecins qui revenaient faire des gardes à l’hôpital surtout une fois qu’ils étaient installés dans leur clinique privée. C’était de la curiosité mais pas mal placée. J’avais juste envie de le connaitre un peu plus…en dehors du contexte hospitalier. Je pris entre mes doigts mon verre, le levant devant moi pour trinquer avec lui.

    - A nos passions !
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MessageSujet: Re: Il y a des jours où rien ne va | Kat   Dim 15 Mai - 15:01


    Il s'installent, commandent alcool fort pour faire passer l'amertume de la déception. Margarita et Whisky. La journée touche à sa fin et forcément les évènements repassent devant leurs yeux. Mat préfèrerait oublier rapidement mais c'est souvent plus facile à dire qu'à faire. Il croise ses mains sous son menton et tente de trouver les mots pour répondre à Kat. Oui, son parcours est atypique et s'il en est ainsi, ce n'est en fait pas par gaieté de cœur ou pour une simple raison d'évolution dans la profession.
    Une fois qu'il a trouvé ses mots il répond avec un léger sourire aux lèvres.

    « J'ai travaillé plusieurs années aux urgences et je sais exactement ce qu'il faut y faire, je m'y sens à ma place ... la clinique c'est pour faire face à des investissements foireux que j'ai fait ... la crise est passée par là ! »

    Mat avait fait des placements dans l'immobilier et faute d'avoir été mal conseillé avait quasiment tout perdu. Pour faire face, il avait mis ses derniers deniers dans un projet qui ne peut que marcher sur L.A. : la chirurgie esthétique. La clientèle riche y est nombreuse et
    tout à fait capable de débourser des milliers pour une apparence différente.

    « J'ai donc mis mes dernières économies là-dedans ... une sorte de pari sur l'avenir. Pour l'instant ça marche, et je pense que ça continuera, mais je ne me sens pas fait pour ça ! »

    Oui, les urgences et l'envie de sauver son prochain lui manquent. C'était ce qui l'avait amené à choisir cette voie lorsqu'il était jeune et c'est toujours le seul endroit où il aimerait se voir officier. Mais pour l'instant, il n'en a pas les possibilités s'il veut pouvoir se remettre à flot. Il est encore pas mal endetté et les banques qui le soutiennent le prennent à la gorge à la fin de chaque mois. Cependant, il peut dire que les affaires sont florissantes.

    « Donc oui ... le manque d'adrénaline ... L'envie de servir à quelque chose de vital ... même si des soirs comme ce soir ça fout le bourdon ... »

    Mat lève alors son verre devant lui, à hauteur de celui de Kat et reprend avec un sourire toujours pincé. Parce qu'il ne se sent pas joyeux avec les évènements récents qui gambergent encore dans sa tête.
    Cette fillette, il la reverra mourir plusieurs fois dans les semaines qui vont suivre et à chaque fois il tentera de comprendre ce qui n'a pas marché dans la façon dont ils ont traité ses blessures. Mais ça, il y est habitué. Il y survivra. Il l'a déjà fait maintes et maintes fois.
    Un grand bol d'air, il expire lentement et relève le visage devant la jeune femme qui ne semble pas plus réjouie que lui.

    « Et toi ? Pas trop marquée ? »

    Kat lui avait déjà appris qu'elle était mariée et mère. Aussi il pense qu'elle doit se sentir encore plus marquée qu'il ne l'est face à cette épreuve. D'autant plus si les âges correspondent à peu près. Mais il sait aussi que derrière cette façade se cache autre chose. Un autre chose qu'il pourrait tout à fait percer avec un peu plus de confiance de sa part. Ils ont déjà tous deux fait connaissance de façon assez professionnelle. Mais rarement il en sont venus à s'ouvrir plus particulièrement à l'autre. Cette soirée pourrait être une étape dans leur découverte mutuelle. Cela pourrait être d'autant plus facile que Mat n'a pas eu de difficulté à la tutoyer, même si l'inverse est encore parfois compliquée pour la jolie blonde.
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« Kathleen Harrison »


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MessageSujet: Re: Il y a des jours où rien ne va | Kat   Dim 15 Mai - 15:55


    C’était la première fois que je me retrouvais seule et en tête à tête avec Mat Gregan. C’était à la fois agréable et…particulier. Je ne pouvais définir véritablement ce que je ressentais, peut-être que la folie de notre nuit aux urgences était encre bien trop présente pour avoir les idées claires. Du chirurgien réputé, j’avais devant moi, un homme différent de ceux de ses confrères. C’était la première impression qu’il me donna. Six ans que je suis infirmière, j’ai côtoyé toute sorte de médecin, du plus arrogant au plus humain, au plus dédaigneux au plus attentif. Ils sont tous différents mais ils ont un point commun, ils peuvent créer des miracles. Lui, j’avais pu l’observer avec les patients, l’écouter expliquer les déroulements des opérations aux familles, les calmer, être là pour eux, répondre à leurs questions, à leurs craintes sans jamais être hautain. Les verres arrivèrent à notre table, poursuivant ainsi le début de notre conversation. Ma petite curiosité m’avait poussé à en savoir un peu plus sur lui et surtout pourquoi il était revenu aux urgences. Un léger silence demeura entre nous avant qu’il ne prenne la parole.


    Mat m’expliqua un peu ses déboires, des erreurs de parcours, ce qui l’avait amené à accepter des gardes aux Urgences du Mémorial Hospital. Une clinique privée dont la spécialité était la chirurgie esthétique ne pouvait être que prolifique. De nos jours, l’apparence compte énormément surtout pour les femmes. Les hommes s’y mettent malgré tout. Etre éternellement jeune, beau, séduisante. Une conception qui n’était pas la mienne. Mais que voulez-vous, nous étions dans une société fait de chimères et de rêves, basée uniquement sur l’illusion. Nos personnalités masquées par des caprices de fierté d’être toujours au top.


    - Tu as choisi la branche la plus recherchée et la plus abondante, côté clients.

    Mon sourire s’esquissa sur mes lèvres en écoutant la suite de son petit laïus. J’avais donc vu juste. L’envie de venir en aide aux autres, d’être utile, de sauver des vies était ce qui le motivait plus que de se faire une réputation en tant que célèbre chirurgien plasticien. Je ne m’étais donc pas trompée sur le peu que je savais de lui. Et je crois que je n’aurai pas accepté un verre de sa part, s’il avait été différent… Nos verres tintèrent l’un contre l’autre, portant un toast à cette fin de nuit intense et violente. La première gorgée était un délice, l’alcool et le gout de la téquila mêlée à celui du triple sec frissonnant.

    - Un peu… murmurais-je dans un souffle de voix.

    Reposant mon verre devant moi, mon regard balaya doucement la salle, cherchant un point pour me concentrer…Non, pour trouver mes mots, pour mettre de l’ordre dans mes pensées, avant de revenir plonger dans ses yeux.


    - On nous répète sans cesse de toujours mettre une limite entre notre travail, notre investissement auprès des patients et notre vie privée. Parfois j’y arrive…parfois, c’est plus difficile…comme ce soir.
    J’ai pris en charge cette petite fille, elle m’a fait penser à Lia. Je lui ai tenu la main pendant que le chirurgien thoracique la soigner pour son pneumo-thorax. Je l’ai accompagnée jusqu’à ton bloc. Je n’ai su que plus tard…


    Je me redressais, m’adossant à ma chaise, les yeux perdus dans la lueur de la Margarita, faisant tourner légèrement le verre entre mes mains.

    - Lorsque la faille ne fait que s’intensifier…elle devient impossible à gérer…


    Je savais qu’il ne comprendrait pas mes mots, que mes propos pourraient lui être ambigus et sans aucun intérêt. Mais il me fallait évacuer tout ce que j’avais sur le cœur sans le gêner avec mes soucis personnels.


    - Le plus gratifiant est de se sentir vivant et utile devant ce chaos que nous rencontrons…même lorsque les évènements nous échappent…Nous savons que l’on a tout entrepris pour soigner les personnes…
    Après, peut-être sommes nous fous pour mener ce genre de vie là ?!
    Irrécupérables…



    Un petit sourire, un trait d’humour pour effacer les souvenirs sombres bien trop présents, bien trop proches de notre nuit.
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MessageSujet: Re: Il y a des jours où rien ne va | Kat   Dim 15 Mai - 19:54



    Oui, il est peut-être fou, mais il pense avoir quelque chose à donner à l'humanité, même si cela est infime, même si cela ne restera pas gravé dans les mémoires collectives. Il sait que par son action quelques personnes au moins lui seront reconnaissantes et c'est largement suffisant. Malgré tout, les échec ça existe dans cette profession, mais le soucis vient du fait qu'échec rime souvent avec décès et c'est bien ce qui est le plus traumatisant.
    Mat écoute Kat lui parler. Elle semble mélanger plusieurs choses à la fois. Mat a déjà ressenti cette gêne auparavant, sans oser véritablement lui en parler ni aborder plus précisément le sujet. Il aurait pu le faire, mais il a préféré éviter parce qu'il n'a jamais senti que c'était le bon moment. Mais ce soir, peut-être que ça le sera. Il va tenter d'en savoir plus ... sans trop chercher à se montrer intrusif, mais en dirigeant la parole sur ce point précis qu'elle vient d'aborder.

    « Heureusement qu'il y a d'autres soirées moins noires dans une année et que grâce aux sourires qu'on peut rendre les malheurs sont vite oubliés, mais c'est jamais évident tout de même ... ça m'est arrivé par le passé de me jeter corps et âmes dans le boulot et je sais que ça peut être destructeur. Destructeur pour sa vie privée et pour son entourage. »

    Mat n'a pas d'entourage, ou plutôt il n'a jamais réussi à en créer un. Toujours pris par ses gardes, ses visites, l'évaluation des internes et les opérations au bloc. Il n'a jamais eu de temps à consacrer à une personne qui aurait partagé sa vie. Il a bien tenté une fois, mais elle a vite compris que malgré l'amour que Mat a été capable de lui porter et de lui donner, il n'est pas homme à se fixer et à fonder quelque chose de stable. Trop absent, jamais présent. Il évacue sa pression de façon solitaire, la plupart du temps en draguant une jolie fille. Au début, il draguait les filles de son âge et de fil en aiguille les années passant, il s'est retrouvé à séduire des filles plus jeune que lui.
    Mais pour Kat, c'est peut-être l'inverse. Elle se retourne vers le travail pour oublier le reste. C'est un autre côté qu'il n'a pas encore expérimenté. Peut-être le mettra-t-il à expérimentation un jour ou l'autre.

    « Ce serait dommage de faire un burn-out ... »

    Il a déjà vu des gens passer à ce stade là, et bien souvent sans qu'ils ne s'en rendent compte. La plupart du temps c'est dans des professions à responsabilités et plus elles sont élevées, plus la pente peut s'avérer savoneuse.

    « C'est quoi cette faille ? »

    Lui dit-il alors pour montrer qu'il sait exactement de quoi il parle et qu'il s'adresse bien à elle d'après ce qu'elle vient elle-même de lui dire. Il la regarde, droit dans les yeux avec tendresse et affection. Il s'inquiète pour elle et ne joue pas le médecin trop zélé. Si elle lui assure qu'il se fait des idées et ne veut pas poursuivre dans cette discussion, il acceptera sa remarque, soit-elle cinglante, et préfèrera embrayer sur autre chose.
    Mat jette un coup d’œil au dehors. La pénombre a gagné du terrain sur le jour qui s'incline. Le ciel au loin semble déjà prêt à se parer d'un drap noir scintillant d'étoiles. Peut-être que la nuit sera belle pour quelqu'un à défaut que ce soit pour eux.
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MessageSujet: Re: Il y a des jours où rien ne va | Kat   Mar 17 Mai - 22:31


    Je l’écoutais parler avec ce sentiment de déceler un message plus personnel dans ses mots. « Se jeter corps et âme dans le boulot »…çà c’était ce que je faisais encore bien plus aujourd’hui, depuis que ma vie de couple était partie dans tous les sens, depuis que mon mari était distant, suspicieux, méfiant même envers moi. Nous retrouvions devant un fossé qui se creusait au fil des jours, au fil des semaines sans parvenir à le combler alors que l’on se connaissait depuis que nous étions au lycée. Comment arriver à connaitre une personne par cœur, à tout partager et, en arriver à un point de non retour ? Le C.RA.S.H…depuis qu’Eddie avait intégré cette section tout avait basculé entre mes doutes et ses reproches, entre nos colères et nos disputes. Je ne pouvais plus continuer ainsi surtout pour mes deux trésors, mes deux anges qui paraissaient si traites de voir leurs parents s’affronter quotidiennement. Alors la meilleure solution pour moi, pour ne pas sombre, avait été de prendre garde sur garde, d’enchainer les horaires d’une façon fulgurante. Si ma mère qui gardait mes enfants et s‘occuper de les emmener à l’école, s’en était aperçue…l’homme qui partageait mon existence était passé même à côté de ce changement…

    Mon silence face au petit laïus de Mat démontrait que je faisais partie de ces gens qui se servaient de leur travail, de leur passion pour étouffer des douleurs plus intenses, plus personnelles. Mais, je devais arrêter de broyer du noir et surtout ne pas lui infliger cela.


    - Parfois, c’est la seule solution qui nous retient avant de tomber dans une dépression, dans un gouffre que l’on sait déjà terrible. Je suis d’accord que ce n’est certainement pas le meilleur des choix de voiler ses soucis par son travail…

    Mes mots avaient dépassé ma pensée. Je m’étais comme sentie comme soulagée en relâchant un peu cette vanne sous pression. Et Mat avait très bien compris. Rien que le fait de répéter ce mot « faille », il savait qu’il s’engouffrait dans ma vie privée, tentant de me faire sortir de mon mutisme. Mes yeux croisèrent les siens, reconnaissante de sa discrétion, touchée par sa douceur, par cette envie de m’écouter et de m’aider alors qu’il était tout aussi épuisé et éreinté que moi. Mon regard suivait le sien à l’extérieur de cette devanture. La nuit était tombée à présent. Je savais mes enfants couchés, demain il y avait école. Je le savais auprès de ma mère…Et, je n’avais pour l’instant pas envie de rentrer chez-moi. Pathétique, pas vrai ?

    - Celle qui se creuse entre mon mari et moi depuis de très nombreuses semaines maintenant…

    A m’entendre, on pourrait croire que mon époux m’avait trompé, qu’il avait séduit d’autres femmes…mais ce n’était pas le cas. Enfin, maintenant, j’avais même du mal à le croire sur sa fidélité. Nous n’étions plus un couple. Nous en donnions juste l’image, le reflet, pour la famille, nos amis…mais après…Me confier ainsi n’était pas facile. Mais on dit très souvent, qu’il faut mieux se confier à un inconnu car il ne vous juge pas comme votre entourage. Il vous écoute, lui. Je soupirai nerveusement, prenant une autre gorgée de mon cocktail.

    - Rien ne va plus…peut-être est-il tant pour moi de tourner la page sur un mariage qui aura duré six ans.
    Je suis entrain de me noyer…J’étouffe. J’essaye de me retenir à mon travail, à l’hôpital, même à mes gardes au dispensaire…mais je sais que je ne vais plus y arriver ainsi…
    Mat..Je ne devrai pas t’ennuyer avec mes soucis, pas après cette toute cette journée d’épuisement...
    Pourtant, je n'ai pas envie de rentrer chez moi...


    Une chanson se mit à retentir dans la salle de ce petit bar, quelqu’un venait d’allumer un vieux juke box…
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