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 Amnesia Van Grad

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MessageSujet: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 10:29


Amnesia Van Grad



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© citylove
Feat. Diane Kruger

    Nom : Van Grad, anciennement Gardiner
    Prénom(s) : Amnesia, anciennement Amanda
    Surnom(s) : /
    Âge : 27 ans
    Date et lieu de naissance : le 12 Mars 1984 au Texas
    Etat Civil : Célibataire
    Orientation sexuelle : Majoritairement hétérosexuelle, hypersexuelle.
    Profession / Activité : Agent de presse et de communication politique pour le Maire.
    Groupe : Angel ?








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Pseudo : Clem
Âge : 20 ans
Comment as-tu connu le forum? : Par Dailia Lucientes
Une remarque? :
Présence : 3/7
Double Compte : /
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Dernière édition par Amnesia Van Grad le Mar 26 Avr - 18:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 10:30

It's just me against the World




Je m’appelle Amnesia Van Grad. Un nom qui n’a pas de sens.
Pas plus que le premier. Amanda. Sauf qu’il me va mieux.
Saviez vous qu’Amnesia était une forme de cannabis ?
Oubliez ce nom. N’écoutez même pas mon histoire. Rien de tout cela n’est important.
Des formalités.
L’important ? Aujourd’hui. Parce que aujourd’hui je m’emmerde.
Et c’est quand je m’emmerde que ça devient intéressant.



It's just me agains the World


DETERMINISMES :



L’été au Texas, c’est l’image parfaite de la mort. Mais attention, pas la Mort, pas celle qui vous prend aux tripes, juste la mort. C’est comme un ancien soldat qui attendrait son heure en maison de retraite parce qu’on lui a diagnostiqué une maladie dégénérative à la con. Un homme autrefois couvert de gloire, aujourd’hui réduit à l’état de légume, qui baverait sur son jambon purée en ne pensant plus à rien. Lui, il rêvait d’honneurs, d’une balle dans la tête, d’un combat épique, il jouait au chevalier et à la princesse quand il était petiot. Même qu’il croyait encore au mérite et à la justice avant que la vieillesse lui bouffe le cerveau.
Finalement, comme au Texas, les seuls qui se réjouissent dans cette histoire, ce sont les vers de terre.

Eté 1996, Amanda a 12 ans et elle regarde ses vers. C’est sa principale occupation, depuis toujours, quand l’école est terminée et qu’elle a déjà bouffé trois cahiers de vacances, lu tous les bouquins à portée de main et usé les espaces de jeu jusqu’à la corde. Le premier ver s’appelle Maman, c’est le plus vigoureux, celui qui se démène malgré tout, malgré l’ennui et le jambon purée, histoire, quand même, d’y mettre un peu les formes.
Maman aussi jouait au chevalier et à la princesse, elle rêvait du grand amour et de la Passion, la vraie. De temps en temps, maman oublie qu’elle est un ver et se prend pour une larve de papillon, une étincelle s’allume dans son regard mort, comme une lueur d’espoir. Elle met une robe du soir et va dîner avec ses copines ou, dans les grands jours, essaye de piquer son compagnon de terre pour ranimer la flamme. Sans succès. Chaque fois, elle rentre les épaules basses et la déception en écharpe, elle pose les clés sur la petite table du salon et regarde autour d’elle, hébétée. Chaque fois, Amanda est là, assise sur un fauteuil, elle l’attend en feuilletant des magasines de pubs. Alors le ver de terre vient se lover contre son petit vermisseau, il lui demande si tout va bien pour sauver les apparences, entame un câlin baveux. Le vermisseau a bien conscience que la mère va plus mal que l’enfant mais c’est pas grave, il est encore conciliant, il fait semblant d’avoir fait un cauchemar, pour la forme.

Enfin, ce jour là, ver numéro un ne bouge plus beaucoup.

Ver numéro deux, c’est papa. Assise à la table de la cuisine, Amanda le contemple pendant qu’elle épluche la salade pour le dîner. Celui là, elle n’essaye même plus de faire semblant tellement il la répugne. Fut un temps où les litres de bière aidait papa à frétiller avec un peu plus de vigueur. Mais depuis un ou deux ans, on est dans la phase dégénérative, il se laisse juste couler au fond du tonneau. Vautré dans un fauteuil trop petit pour lui, il boit de la bière et grogne devant une émission abrutissante. Tout le temps. Tous les jours. Papa est vieux, il a pris sa retraite, il n’a plus rien à faire sinon parler et se noyer. C’est juste qu’il ne le fait pas assez vite. Parce que parfois, ce con, il se prend une petite rasade d’oxygène. Un sursaut. C’est quand il se remémore le bon vieux temps. La plupart du temps, il est assez cuit pour s’effondrer très vite, il a juste eu le temps de rallumer l’étincelle dans les yeux de maman. Après, il dort, il ronfle, il la lacère. C’est quand même malheureux, le fil de la vie.

Parce qu’au bon vieux temps, papa, il était shérif. Carrément.
Même qu’une fois, il a failli se ramasser une balle, juste là, entre les deux yeux.

- J’ai fini. Je peux aller voir Sam ?
- Oui mais pas trop longtemps. On dîne dans une heure.

Elle acquiesce, se lève et sort de la maison. Encore. Pour la millième fois de son existence. Et encore, ça, c’est juste dans son souvenir. La seule chose qui garde constante sa dose d’adrénaline, c’est la peur de, justement, crever d’ennui. Si ça se trouve, son esprit va s’éteindre un jour, sans qu’elle ait rien pu dire à ça, juste après lui avoir fait un putain de bras d’honneur. Tu t’es laissée aller, ma ptite. Tu m’as oublié. Tu me laisse dégénérer, comme ça, sans avoir la politesse de m’achever. Bah tiens, ça, c’est pour ton ptit cul.

- Et ta mère, ça va ?
- Elle va bien. Elle.

Sam, c’est sa meilleure amie. La seule, en fait. Non pas qu’Amanda soit asociale, elle connaît tout le monde et malgré son insolence perpétuelle, les gens l’aiment bien, en général. Il ne se rendent pas compte à quel point elle les méprise, heureusement.
Mais Sam, c’est pas pareil. C’est une larve de papillon, elle, une vraie. Quand on regarde dans les yeux d’un type, même jeune, même un gosse, c’est comme si le scénario était déjà inscrit en petits caractères. C’est prévisible, déterminé et affreusement déprimant. Mais Sam, dans ses yeux, il y a rien. Ou plutôt tout. C’est comme le monde offert sur un plateau d’argent, masqué derrière un calme incorruptible. Même elle, elle ne peut pas le voir, elle ne s’en rend pas vraiment compte. Seulement voilà, Amanda voit toujours ce genre de chose. A douze ans, c’est ce qui fait encore qu’elle aime ou qu’elle n’aime pas. Elle est jeune, elle connaît l’espoir malgré son esprit trop intelligent pour être heureux. Quand elle est avec Sam, elle a des rêves de gosse, des promesses du type on ne se quittera jamais. Elle ne veut pas la perdre de vue. Jamais, voilà. Jamais et toujours, ce sont des mots d’enfant, auxquels elle a pas souvent la chance de croire. Alors elle s’y accroche.
Même les plus grands sont sujets à la déception.


OEDIPE ET MOI :



- J’adore baiser le matin. Ca me tue. Je peux plus bouger, comme si on m’avait coupé les jambes… J’adore ça.

Amanda a seize ans. Seize ans que l’ennui la tue à petits feux. Elle est avachie sur la banquette arrière d’un Hummer, nue comme un ver, éclairée par la lumière dégueulasse d’un garage particulier. C’est la voiture que son partenaire emprunte au paternel pour séduire les filles, un comportement tellement grotesque qu’elle y a résisté au début, persuadée qu’il compensait une déficience physiologique. En fait non, il a juste pas confiance en lui, le prototype du gosse rabaissé toute son enfance, mais rien - grand dieu, vraiment rien - ne cloche dans le rayon anatomie.
Il lui tend le joint. Elle tire à s’en démettre la mâchoire. Lui, ce genre de truc, ça l’impressionne beaucoup.

A dix ans près, Amanda a relativement la même constitution qu’Amnesia, le visage moins creusé et quelques rides encore absentes. Parfaite petite fille blanche, tellement blanche qu’elle détonne dans les étendues arides, aussi peu foutue de bronzer qu’une norvégienne en hiver. Le corps sculpté, alléchant, naturellement mince et les hanches marquées. Une poitrine acceptable pour sa morphologie et un cul pas trop désagréable à regarder. Elle a le visage fin et les lèvres minces, un nez discret, tableau relativement efficace pour ce qui est de séduire les mecs qu’elle s’enfile sans trop de complexe. Le plus désarmant, ceci dit, elle en a bien conscience, c’est son regard. Outre sa teinte - un bleu presque trop clair - il exprime une dureté plus que dérangeante. L’iris foudroyant et la pupille lasse. Perpétuellement dessiné par l’ennui et la perspicacité, il complexe pas mal de ses interlocuteurs, parfois même, les coupe dans leur élan. C’est un visage qui dit «  tu m’emmerdes déjà et tu le sais, dégage avant que je ne te réduise en bouillie. » Pas qu’elle soit violente. Elle a jamais frappé personne. C’est juste que, forcément, grand dilemme de son existence, son cerveau s’emmerde.

En fait, son cerveau la méprise autant que les autres. Parfois, il arrête de l’écouter, il déborde, il s’amuse à traiter tellement de données qu’elle ne peut plus suivre. Hyperactivité cérébrale diagnostiquée. Dans ce genre de situation, c’est l’inertie complète ou, dans une moindre mesure, le réflexe d’aller se faire baiser pour que le corps reprenne l’ascendant. Elle aime le sexe. A vrai dire, elle n’aime rien d’autre que le sexe, la nicotine, le cannabis et les défis intellectuels. En classe, elle est brillante mais indisciplinée, insolente, un putain de complexe de supériorité qui l’oblige à contester éternellement toute forme de hiérarchie. Elle respecte les choses plus que les Hommes, à quelques exceptions près.

Elle aime les hommes bruts. Il suffirait qu’un mec se pointe nu chez elle pour qu’elle le saute violemment. Quelque soit leur âge, leur constitution, leur tronche ou même la taille de leur sexe, elle les veut virils et pas trop cons. Celui qu’elle fréquente en ce moment, c’est une perle rare. Enfant hyperactif, adolescence tumultueuse, sexualité insatiable, esprit vif, brutalité à peine dissimulée. Le seul problème avec lui, c’est sa dépendance à l’alcool. Mais c’est un petit goût de déjà vu dont, apparemment, son inconscient se délecte. Elle a beau gerber sur la mollesse de son ver de père, on ne peut pas complètement renier son histoire.

- T’es morte, toi ? Parce qu’il me reste encore une heure avant de prendre mon service.

Elle sourit. Il le lui rend bien. Joint au bec, elle se fait passer sur le corps par un rouleau compresseur, à l’arrière de la caisse paternelle.


J'EMMERDE FREUD :



Le coup a résonné comme un putain de gong. Je suis là, à moitié avachie aux pieds de mon agresseur. Complètement assommée, la gamine. J'ai la tête qui vrille et le sang qui bat contre mes tempes. Le cœur qui cogne. Aveuglée par la douleur, je tâte frénétiquement le sol pour m'assurer que je suis pas entrain de faire une chute libre. Ça tourne, vous n'imaginez pas. Au dessus de moi, l'autre baratine des mots d'excuses incompréhensibles. Moi j'ai la nausée. Mon corps tremble et je ne pense qu'à lui gerber sur les chaussettes. Bordel, arrête de couiner et aide moi à me relever, ai je furieusement envie de lui dire. Mais je suis plus capable de piper mot. Là, je veux juste m'allonger et oublier que mon sang coule jusque dans mes cheveux. J'ai l'arcade sourcilière bousillée.

Voilà, il reprend enfin vie, l'autre. Il me prend sous les aisselles et me remet sur pied. Moi je pose la main sur mon front, des fois qu'il serait tenté de tomber. J'ai mal au crâne, merde. L'autre pleure. Il essaye maladroitement de me caresser, de me prendre contre lui. Mais il est face à un mur de pierre et ça le déstabilise. Forcément. Je lui marmonne de s'écarter. Il s'excuse encore. Le coup est parti tout seul. Je devrais savoir qu'il est impulsif. Qu'il ne faut pas l'énerver à cause d'une putain de soirée un peu trop alcoolisée. Ben ouais, il est bourré. Ça, c'est juste histoire de parachever le stéréotype. Mais c'est de sa faute. Il est désolé. Il pleure comme une fillette. Ça ne se reproduira plus.

L'ironie c'est que ce soir là, l'autre avait bu pour se donner le courage de me demander en mariage. Vous vous demandez sans doute si je me suis tirée...

Ouais. Je l'ai quitté à la terrasse d'un café plutôt fréquenté pour éviter de me faire tabasser. J'en ai d'ailleurs payé les frais par la suite. Ce fou m'a harcelée pendant près de six mois, j'ai cru que j'allais y rester à chaque fois qu'il me surprenait. Il a tabassé un type avec qui je flirtais. Moi j'avais suivi une formation en droit, pensez bien que je l'ai envoyé en taule et plutôt deux fois qu'une.

Est ce que c'était la première fois qu'il levait la main sur moi ? Non, soyons honnête. La troisième, en fait. Peut être même la quatrième. Mais la première fois, j'étais amoureuse. La deuxième, j'étais bonne patte. La troisième fois, j'étais carrément conditionnée. Comprenez, on peut pas toujours lutter contre son déterminisme. Moi, j’avais eu droit à un mollusque en guise de paternel, un homme que je méprisais au point d’en devenir folle. Parfois, quand je le regardais vomir dehors, j’allais l’insulter, le provoquer, parce que je voulais qu’il me frappe. Je voulais voir une réaction, une pulsion animer son corps dégueulasse et c’était la seule chose que je pouvais espérer de lui. Parfois ça marchait, parfois non. Quand j’y parvenais, je ressentais une satisfaction malsaine, le petit génie, âgé de dix ans, qui a bougé le bon pion sur son échiquier. Et quand il se retenait malgré son ivresse, malgré ses neurones en bouillie et sa volonté anéantie, j’avais envie de hurler. J’explosais de rage et de frustration, l’ennui me prenait à un point tel que j’en gerbais, j’allais vomir par-dessus les relents de mon propre père.
L’inertie. C’est ma bête noire, ma baleine blanche. Ce truc est capable de me tuer complètement. A 27 ans, alors que je me rapproche psychologiquement du monstre plus que de l’Homme, l’inertie me plonge irrémédiablement dans une terreur infantile.

Donc voilà. Une nana de dix huit ans, conditionnée à aimer les mecs violents. Freud vous dirait que j'étais foutue. Mais puisque j'avais réagi, il me restait encore un infime espoir. Tout ce que je savais à cette époque, c'est que je voulais pas rentrer dans le même jeu que les autres. Me vautrer dans un schéma prévisible. Tant que je m'en souvenais, je ne risquais rien. La suite vous prouvera que j’avais raison.


BRAIN DRAIN



Mon adolescence n’a rien de déterminant, sinon ce copieux ennui que je ressentais et qui a naturellement guidé mes choix de carrière. J‘ai quitté le lycée avec les félicitations du jury, direction New York, sans un regard derrière moi. J’avais participé à des dizaines de concours, depuis mes quatorze ans, pour passer le temps et me faire connaître. Lorsque j’ai dû choisir ma voie d’études, j’ai reçu toutes sortes d’appels. Médecins, chercheurs, légalistes, forces de l’ordre, tous me promettaient la lune pourvu que rejoigne leurs rangs. L’armée a même suggéré de m’assurer une retraite juteuse si je participais à l’élaboration de nouvelles armes de «  Défense ». Tout ça, je m’en cognais comme de ma première culotte. Je voulais faire de la politique. De la communication. Je voulais regarder le monde tenter de se reconstruire et s’effondrer dans les bras du premier extrémiste venu. Je m’emmerdais et il fallait bien que je me trouve une distraction à long terme.

Ces études m’ont pris sept ans. Il faut dire que j’ai un peu enjolivé le truc. Un petit doctorat en droit politique, avec spécialisation en langues étrangères et une formation communication et presse publique pour achever le curriculum. Mon doctorat s'est d'ailleurs conclu à Munich, dans une école de renom, qui m'a permis à la fois un diplôme international et un CV plus rempli. C'est à cette époque que j'ai décidé de changer de nom, un acte symbolique pour couper définitivement les ponts avec mon enfance.
J’étais la meilleure dans toutes mes filières, le petit génie qui sape la crédibilité de ses profs et se ramasse les félicitations du jury à chaque exam. N’allez pas croire que c’était une promenade de santé. Comme au jour d’aujourd’hui, je passais ma vie dans le travail. Faire chauffer mes neurones était la seule chose à laquelle je trouvais de l’intérêt, déjà à l’époque. J’avais des rapports sexuels pour l’hygiène avec des mecs dont je ne voulais même pas savoir le prénom, je perdais un kilo par mois et j’obtenais de bonnes notes. Ma famille ? Inconnue à cette adresse. Mon mec aurait pu me retenir si je n’avais pas eu la bonne idée de le quitter. Sam également, avec laquelle je m’étais acharnée à garder contact malgré mes excès et nos vies trop remplies. Mais Sam avait choisi, depuis quelques temps, une voie que je n’arrivais plus à regarder dans les yeux. Ecole de Police du Texas, je suis désolée, c’est trop pour moi. Ma petite larve de papillon, l’espoir que je m’étais fabriqué de toute pièce à dix ans pour éviter de sombrer, me donnait l’impression atroce d’avoir été trahie. Abandonnée au bord d’une route comme un chien errant. J’avais beau savoir pourquoi je le ressentais ainsi, comprendre ma propre subjectivité, je ne pouvais pas lutter.

Sam.
Sam aurait dû être tellement plus.

Le jour où j'ai fini mes études, je suis retournée aux États-Unis, direction Los Angeles. Pourquoi cette ville ?
La criminalité.
Rien n'est plus difficile que d'assurer la popularité d'un homme politique dans un climat d'instabilité et d'autorité contestée. Outre ce détail, il existe chez moi une absence complète d'éthique que je voulais éprouver. Je voulais trouver un homme légèrement corrompu ou, en tout cas, moins retenu par les principes moraux que d'autres, et le conduire au sommet pour voir comment nos tendances respectives influenceraient la ville. Je voulais sentir le monde trembler et me mettre en danger. Parce que le danger, l'adrénaline, ce sont en fait les seules choses qui m'empêchent encore de me tirer une balle entre les deux yeux.

J'ai réussi mon pari. Il est maire et je suis son agent de communication. C'est un très bon coup, si vous voulez tout savoir. Et l'un des hommes que je respecte plus. Parce qu'il est extrêmement intelligent, pragmatique, intéressé mais suffisamment rationnel pour ne jamais se laisser déborder. Il a remis en place la plus belle aberration qu’on puisse trouver dans un pays libre, la Gestapo réactualisée pour votre plus grand plaisir, mesdames messieurs. J’aime pas les flics mais ça, ça me fait toujours autant rire. C’est moi qui ai écrit le discours annonçant le retour du C.R.A.S.H. Qu’Est-ce que je me suis éclatée pour celui là. C’était comme un casse-tête géant, à l’échelle de la foule. Trouver les bons mots, les mots anodins qui mèneraient la majorité de la population vers une pensée positive. Jamais je n’ai aussi bien manipulé quelqu’un qu’à l’écriture de ce papier. On pourra dire ce qu’on voudra, depuis, la majorité approuve un fonctionnement à l’encontre de toute démocratie. J’irais même jusqu’à dire que cette unité est anticapitaliste, si j’osais. Et ça passe comme une lettre à la poste.
Que sait l’ignorant des joies de l’ignorance..

Il y a à peu près un an et demi, je me suis insérée dans le réseau fascinant de la cocaïne. Je venais à peine de trouver mon travail actuel, les campagnes électorales étaient encore loin, je m’emmerdais. Ma vie avait un goût de réussite absolument dégueulasse. Comprenez, j’ai toujours aimé me mettre des bâtons dans les roues. Mon existence ne marche qu’au défi. En dehors de la nicotine, la caféine, le travail, le cannabis, le sexe et la psyché humaine, le défi, c’est ma seule drogue…
Tout ça pour dire que j’ai voulu faire preuve de bonne foi intellectuelle. Il était de mon devoir de me mêler à toute la population pour bien comprendre les attentes de chacun . Pas que ça me faisait marrer mais je me devais d’approcher les gangs. Damned.
J’aime me mettre en danger mais je ne fais jamais rien de stupide. La seule chose de positive que mes médiocres ancêtres ont pu me transmettre, c’est mon intellect, je m’en voudrais de le gâcher. J’ai donc vu les choses en petit. Je voulais simplement visualiser le monde de la drogue un peu plus que pas, en dehors du petit dealer pas trop con qui me fournit du cannabis pas trop mauvais.

J’ai donc opté pour un simple rôle de passeuse. J’ai approché les soirées en vogue de Los Angeles - moins difficile qu’on pourrait le croire, surtout avec un parfait petit cul de parfaite petite blanche - et je me suis fait connaître par rumeur. Vaguement. Je portais un pseudonyme, Ann, je parlais avec un fort accent allemand et je ne me montrais jamais devant les vrais clients. Juste devant leurs fréquentations lointaines. De fil en aiguille, on m’a contactée pour une course - sur un portable de fortune qui n’a rien à voir avec le reste de mon existence, acheté à grand renfort de fausse carte d’identité, elle-même fournie par mon adorable petit dealer. Je devais prendre l’argent à un endroit convenu la veille puis l’amener jusqu’à Los Ojos et récupérer son poids en drogue dans un sac que j’acheminerai vers un endroit différent. Il était mention dans le message de la commission que je désirais prendre - 3% maximum selon mon cher client - et de la façon dont je pouvais lui transmettre ma requête.
Je devais être d’humeur joueuse ce jour là. J’ai écrit «  une bouteille de whisky écossais, single malt » sur le support indiqué. C’est que son assistant avait un fort accent scottish et que l’argent, je m’en fous un peu.
Bah croyez le ou non, j’ai eu une droit à du Highland Park, trente deux ans d’âge en colis recommandé la semaine suivante, accompagnée d’une promesse de remettre ça dès que possible. Apparemment, mon indifférence à l’égard de l’argent arrange tout le monde.

Par la suite, j’ai continué mes petites magouilles sans faire de vague, sans jamais rien demander qu’une proportion dérisoire. La seule condition que je soumettais, c’était l’obligation de prendre la drogue chez Los Ojos. Interagir avec plusieurs gangs à la fois reviendrait à signer mon arrêt de mort. Mon existence étant très irrégulière, je demandais un peu d’argent pour arrondir les fins de mois quand j’avais vécu comme une reine à courir les expositions et les concerts, un simple cadeau quand ma vie se résumait à mon travail, des sandwichs et du café. J’ai demandé du café à un colombien, une fois. Un client plutôt régulier qui ne me paye maintenant plus qu’en café. Un paquet de café toutes les semaines, toujours différent, toujours délicieux. Je l’ai jamais rencontré, le bonhomme, mais je l’aime déjà.

Mieux encore, un mexicain qui avait officiellement fait fortune dans l’industrie du tabac. Je lui ai demandé du tabac, un petit échantillon de vrai sud américain, pas les merdes bourrées d’additifs qui commençaient à me donner la gerbe. J’ai reçu un billet d’avion pour le Mexique. Intriguée, je me suis rendue sur l’adresse indiquée. Et là, un champs gigantesque de plantes de tabac et un mec, plutôt bien constitué, avec un sourire jusqu’aux oreilles. J’ai obtenu un droit de séjour à vie dans son petit repère - ce con avait vraiment commencé par faire pousser du tabac, en fait - ainsi que mon poids en cigarettes tant que je continuais à passer pour lui. On a baisé pendant trois jours, presque sans interruption. Encore référencé comme le meilleur coup de ma vie - je m’en suis quand même fait soixante quatre - il m’a fait aimer l’existence comme personne. Toute sa vie était au second degré. Même sa façon de faire l’amour. Voir un mec aussi dangereux que lui débarquer dans son jardin d’hiver avec une simple feuille de tabac pour se couvrir l’entre jambe, rayonnant, au bord du fou rire, ça vous change votre considération de l’humanité, je vous le dis.

Et voilà comment je me suis mouillée dans l’univers des gangs. De loin, prudemment, mais ça ne retire rien au danger que ça implique, surtout avec la remontée en force du C.R.A.S.H. J’en ai bien conscience.
Seulement voilà, encore une fois, j'aime me situer juste devant la limite et consacrer ma vie à ne jamais la franchir. Que ce soit intellectuellement ou dans ma vie de tous les jours, je suis sur le fil du rasoir. J'ai des contacts corrompus, d'autres intègres, et possède un dossier sur chacun d'entre eux, le peu d'informations que je suis parvenue à réunir pour faire contre-poids en cas de désaccord. Je consacre énormément de temps à ma situation sociale, que ce soit chez les bons ou les mauvais. Quand on est psychologiquement incapable d'aimer quelqu'un, on s'arrange pour se distraire avec et contre les autres.


EGOTRIP :



Ce qui nous amène à un portrait de moi, narcissique mais non moins nécessaire. Rassurez-vous, je serai succincte.

Je suis surdouée, sociopathe, hyperactive cérébrale, affectivement incapable, froide et dérangeante. Mon rapport avec la hiérarchie s’apparente assez facilement aux relations entre Israël et la Palestine. Mener une vie normale me tuerait, au sens littéral du terme. Je suis accroc au cannabis, j’en fume tous les soirs, sans quoi je ne dors pas. Fondamentalement rongée de l’intérieur, dépendante sexuellement, en perpétuel conflit entre ma prudence intellectuelle et mon instinct d’autodestruction. Mon hygiène de vie vous aurait probablement déjà mené à l’hôpital un certain nombre de fois mais j’ai un corps inutilement résistant. Le comportement humain est ma drogue. Je ne vis pas, j’observe. Je ne m’implique pas, je regarde. Ca me fascine et ça me dégoûte. Un putain de complexe de supériorité. Mea culpa, mea maxima culpa… comment vous sentiriez vous à ma place ?

Comprenez-moi, je suis fondamentalement menée par une seule et unique chose : mon cerveau. Je n’ai pas d’espoir, pas de croyance, pas de foi en quoique ce soit. C’est comme un énorme ordinateur d’analyse. Quand je dis sociopathe, c’est que je suis incapable de comprendre comment les émotions interagissent ensemble. Mes émotions sont présentes - atténuées soyons honnêtes - mais je ne peux pas les mettre en relation avec d’autres. Une fois, il y a quelques temps, Sam me manquait alors je suis allée payer une pute au Mexique. J’aurais pu la retrouver, lui passer un coup de téléphone, et il m’a paru moins humiliant de baiser une mexicaine pour évacuer ma frustration. J’étais affreusement vexée qu’elle ose me manquer. Si une personne que j’apprécie venait à mourir, je serais frustrée, tout au plus. Agacée que l’existence ose me faire ce coup là sans que je l’aie vu venir. Vous vous trouvez sales et violents, n’est-ce pas ? Sachez qu’il m’a été donner de consteller une pièce de mon propre sang pendant un rapport sexuel. On a baisé pendant huit heures, j’avais mes règles et, en plus, on se frappait jusqu’à se marquer au rouge. J’ai déjà songé à tuer quelqu’un, je pense en toute bonne foi que je pourrais, sans problème fondamental. Ma conscience est corrompue par mon intellectuel. D’ailleurs, les comportements meurtriers, violents ou, en résumé, pulsionnels, sont les plus fascinants à mon goût.

Tout ça n’a rien de plaisant. Je le subis comme d’autres subissent leur mariage ou leurs gosses. Je suis déterminée comme ça et ça ne me rend pas fière de moi pour autant. Oui, je serais capable de résoudre une équation mathématique sans aucun problème et j’en souffre. N’allez pas croire que j’écrase les gens de ma supériorité. Bien sûr, ils me dégoûtent, je les méprise, mais il n’y a rien qui m’exaspère plus que les comportements inutilement pédants. C’est seulement une preuve d’infériorité. En règle générale, je suis vue comme une personne aimable. Bien sûr, vous l’aurez compris, il n’est personne que je méprise plus que moi-même. Paradoxalement, je suis convaincue que sans la haine que je nourrissais à l’égard de mon père, ce partage malsain mais fondamental, mon incapacité émotionnelle m’aurait fait plonger dans une folie incurable. Je lui dois la santé, à cette ordure.


THE & MANGA CONTRE CAFE & JOURNAL :

*M.Barbery, l'élégance du hérisson


« L’élégance de l’enchantement contre la triste agressivité des jeux de pouvoir adultes. »
Ou le détaillé interminable de mon quotidien, tentative désespérée de vous faire comprendre un peu mon (dys)fonctionnement.

Je dors très peu, je consomme assez de cigarettes pour réclamer des droits à vie sur l’industrie du tabac et il m’arrive de songer à une retraite paisible comme lobbyiste pour cette usine à merde - mais une merde tellement délicieuse. La caféine et tout autre forme d’excitants jamais produits sont mes meilleurs potes, autant que les OGM que je dévore sans aucun mal deux fois par jour. L’idée de manger de la merde me plaît, elle m’a toujours plu et je préfère ça que les graines de nouveaux riches écolo. Je n’ai pas de problème éthique à vivre dans une bombe à retardement pour le monde qui m’entoure. Vous vous doutez bien que globalement, je n’ai pas de problème éthique du tout.

Je me lève tous les matins à cinq heures dix et commence ma journée en ouvrant les cinq journaux que j’ai reçus pour noter tout ce que l’actualité a à dire d’important. Un exercice qui me prend une demi heure les jours de grand creux, trois heures quand j’ai un discours important à pondre ou une conférence de presse à donner dans le mois qui suit. En pratique, ça me prend souvent trois heures mais c’est beaucoup mieux ainsi. Je suis une perfectionniste.
Une fois les excitants avalés, sous forme liquide ou de petite pilule selon mon besoin d’autodestruction du jour, je prends une douche et sors de mon repère. Mon repère, c’est un appartement parmi des centaines, au dixième étage d’un immeuble parmi des milliers, dans une ville qui ressemble à toutes les autres. La paye conséquente que je reçois chaque mois et les extras du trafic m’ont permis de l’aménager avec goût, sobriété, élégance et discrétion. Je ne suis pas une personne très fantasque, j’aime les formes géométrique épurées, les grands espaces et l’absence d’effet personnel. Les deux seules excentricités de ma tanière sont une véranda, sorte de boule de verre de laquelle je contemple la ville tous les soirs , et une cave à whisky. Y sont entassées plus d’une trentaine de bouteilles exceptionnelles, chacune accompagnée d’eau de la source avec laquelle les plantations on été nourries. De manière générale, je ne bois pas d’alcool. Mais le whisky, c’est le snobisme, l’arrogance, l’inutilité délicieuse pour accompagner un morceau de jazz, un vrai.

Je prends les transports en commun, sauf trajets suivis par la presse. Cela me permet d’avoir un œil sur la population que je suis chargée de manipuler. L’humeur des gens, les conversations qui reviennent sur le dernier sujet en date, les rumeurs qui refont surface, l’opinion de l’américain moyen face à toutes ces problématiques. Opinion divisée, bien sûr. C’est comme ça que c’est drôle.
Ma propre vision des choses ? Il est probable que vous ne la partagiez pas. A vrai dire, je ne partage pas l’opinion de beaucoup de monde puisque je n’ai pas d’opinion. Je ne suis qu’une spectatrice rémunérée de ce monde et je laisse aux autres le soin de me dicter mes discours. Voilà bien longtemps que j’ai renoncé à faire semblant de m’engager dans une quelconque cause, toutes me paraissent complètement vaines une fois séparées les unes des autres. Je gerbe sur les idéalistes autant que sur les grands sadiques parce que je ne les distingue pas. Ce sont des bêtes identiques aux autres, mais avec la prétention de pouvoir s’élever au dessus de la masse d’une façon ou d’une autre. Qu’on martyrise la veuve ou qu’on la défende, le but reste le même et, cessez donc de vous voiler la face : il est parfaitement égoïste. La satisfaction de devoir accompli qui en ressort est la même. Je laisse aux animaux pensants le soin de me montrer que l’Homme est doté d’un instinct divin et reste sur mes positions : nous sommes des mammifères soumis à la condition de nos pulsions.

Vous découvrirez que je suis un avis plutôt neutre. L’avocat du diable, le plus souvent, parce que lui, il a le mérite de m’amuser. Si des enfants de quatorze ans veulent intégrer un gang, soit, ça ne m’inspire pas plus d’émotion qu’un apprenti soldat qui veut devenir soldat. Je connais toute l’actualité, je la lis et l’apprends sur dix supports différents chaque jour, je fréquente du gratin, de la vermine, de l’individu moyen, depuis mon fournisseur de cannabis jusqu’au buraliste honnête en bas de mon immeuble. En toute honnêteté, aucun ne déclenche d’émotion particulière chez moi, ils me distraient tout juste. Je prends ce que chacun a de plus amusant à m’offrir et j’interagis avec eux par ce biais là.

Je n’ajouterai qu’une parenthèse, unique et la plus succincte possible, pour vous laisser une arrière goût d’humanité au milieu de tout ce nihilisme.
De temps en temps, je prends mon dimanche, quel que soit le jour de la semaine. Le monde pourrait bien être entrain de brûler sous les flammes de l’enfer, ça ne m’empêcherait pas d’avoir mes vingt quatre heures de repos. La nécessité que je leur prête suffit à elle seule à balayer les remontrances de toutes les personnes à qui je dois rendre des comptes. C’est un relent de mon instinct de survie, un arrêt complet au sein de la machine qu’est ma pauvre carcasse déglinguée pour lui éviter de devenir folle. Quand je pense que mes réflexions dérapent, que mon envie se porte vers la destruction du monde et que plus rien ne canalise mon découragement, je m’enferme dans ma bulle.

A cette simple occasion, je bois du thé et je lis un manga. J’ai toujours montré beaucoup d’intérêt à la culture japonaise, qu’elle soit historique ou actuelle. Il y a dans ce pays une pérennité sereine qui sait m’apaiser mieux que quoique ce soit d’autre. Alors je prends le temps de savourer mon enchantement, la descente du liquide dans ma gorge, les dessins qui courent à l’envers sous mon regard occidental, en communion avec l’inutilité esthétique de ce rituel.

Je suis une esthète. L’Art est encore l’ultime rempart à ma profonde conviction de bête humaine. Le sens et la recherche du Beau, le devoir que certains s’en sont fait, c’est ma lueur d’espoir à moi. Quand on contemple Vermeer, on comprend tout ce que la Beauté a d’harmonieux. Comme si tous les détails d’une œuvre fusionnaient pour coïncider ensemble vers une harmonie impénétrable. Il existe dans l’Art une sorte d’unité que je ne saurais moi-même expliquer. Mais c’est cette impression de perfection esthétique qui rend l’Art émouvant. Et une œuvre, une véritable, celle qui touche du doigt la Beauté avec un grand B, suscite en moi l’émotion la plus pure que je me connaisse. Il n’y a pas de raisonnement avec le Beau, pas d’intellectualisation, on peut laisser sans risque l’émoi nous éprendre et nous transporter au sein même de l’œuvre.

Cette vérité me paraît valable pour toute forme d’esthétique. Que ce soit la musique, le cinéma, l’art pictural, sculptural, architectural ou encore l’œuvre d’un styliste de génie, tout ce qui touche mon ersatz d’âme reçoit mon respect le plus absolu et je ne reviendrai jamais dessus. C’est pourquoi je passe la plupart de mes journées sabbatiques à vivre avec mon secret, à courir les expositions ou rester chez moi pour regarder des films. Je lis et relis les passages les plus marquants des livres qui ont su m’étreindre et je me laisse humaniser sans résistance.
Eh oui, public, je suis humaine. Mais rassure toi, il est peu probable que tu sois confronté à cette réalité un jour.


Si tu as peur de choquer, RAJOUTES EN :




C'est quand même moche, l'évolution. Finalement, toute la machine est basée sur l'ajout de fonctions supplémentaires. On créée du multifactoriel à la place du linéaire. Sélection naturelle. En soi, c'est bien. Là où ça coince, c'est quand on a tellement de possibilités qu'on sait plus quoi en foutre.


La course du tabac sous ses ongles, humide et léger. L'odeur qui lui recouvre les mains, comme un parfum d'ailleurs, familier, délice parmi les délices. Le bruissement du papier contre ses phalanges. Le roulement des brins entre ses doigts soigneux, d'abord irrégulier, puis complètement cylindrique, harmonieux. Le goût sec et râpeux de la feuille sur le bout de sa langue. Le briquet allumé en un son vif, claquant. La chaleur de la flamme entre ses cils. La première bouffée, puissante, envoûtante, explosive en bouche, comme un grand cru dont on enverrait la saveur directement dans son système nerveux.
C'est un rituel mille fois répété et pourtant, elle le savoure encore. Ce n'est qu'une cigarette parmi les trente qu'elle aura fumé ce jour là mais, malgré tout, le plaisir est propre, unique et intact. Elle ferme les yeux. Les images en noir et blanc qui défilaient sous son regard s'éteignent une seconde, juste le temps d'une expiration. Un sourire plane sur son visage crayeux. Affalée dans son canapé en cuir, Amnesia savoure sa tranquillité. Cet instant qui suspend l'existence avant chaque évènement. Celui qu'on ressent uniquement à cause de la tempête à venir.

Quelques heures plus tard, elle est dehors, enfilant les rues d’une démarche rythmique, l’éternel pas des citadins, que l’on veut preste mais jamais précipité. L’assurance feinte au milieu de la foule. Il est tard, la nuit est tombée et les températures se rafraîchissent. Les mains enfouies dans son imperméable noir, Amnesia peste contre ce petit foulard qu’elle a finalement décidé de ne pas prendre avec elle. Il lui reste près de quarante minutes de marche et elle grelotte déjà. Ces défauts occasionnels d’esprit pratique ont le don de l’agacer profondément.
Son rendez-vous est à minuit. Il est vingt deux heures. Le temps de marcher, de prendre le mauvais itinéraire par le métro - quelques arrêts, pas plus - et de retrouver finalement la voiture qu’on lui a fourni pour l’occasion, approvisionnée en grosses coupures, non sans avoir marché de nouveau un certain temps. Là, il s’agit de suivre un plan sinueux et précis, uniquement fait de petites ruelles et autres lieux déserts. Elle a calculé son trajet pour arriver à destination avec dix minutes d’avance, sauf problème majeur dans la ligne de métro. Et en tout ce temps, tous ces détours, il ne lui sera pas difficile de remarquer un éventuel suiveur. Tout se passera bien.
Tellement bien qu’elle commence à trouver ces extras un peu ennuyeux. Heureusement, son client lui a promis une œuvre d’art pour cette course là. Il a bon goût, Amnesia lui fait confiance. C’est comme un petit cadeau entre deux amants. L’impatience qui l’agite chaque fois qu’elle y pense suffit à apaiser son emmerdement fatidique.

Elle gare sa voiture. Ce n’est pas le lieu de rendez-vous habituel. Bien sûr, ce n’est pas bien loin, on reste dans le secteur latino, mais ce changement lui a mis la puce à l’oreille. Un an et demi qu’elle fait du trafic illégal, un an et demi que l’échange se fait dans les mêmes règles. Un hangar désaffecté, trois colosses relativement constants - du moins assez pour qu’elle finisse par connaître leurs pseudonymes - les mains chargés de trucs qui tirent des balles, un type qui règle la transaction, seule donnée interchangeable du tableau. C’est-à-dire qu’on ne survit visiblement pas très longtemps à ce poste. Y a souvent des transactions qui se passent mal, des descentes de police ou encore des idiots qui essayent de se tirer avec la came, dans un élan de stupidité relativement suicidaire.

En tout cas, le lieu, lui, n’a jamais bougé. Amnesia craint une magouille de police, un coup tordu, un truc qui sent pas bon. Elle s’est attaché les cheveux et porte des lunettes noires . On y voit comme à travers une pelle mais elle est indéfinissable de loin, un peu moins caractéristique de près. C’est qu’elle a beau avoir un joli minois, on en trouve des milliers comme elle en ville. Côté allure générale, mademoiselle a jamais prétendu au premier prix de l’originalité.
Cette fois, c’est dans une ruelle que ça se passe. Un cul de sac, en fait, à peine éclairé par des lampadaires miteux. Plutôt adepte de stéréotypes aussi burlesque, elle savoure sa course avec un plaisir non dissimulé. Le froid léger, la rue sale, les quatre bonhommes en face d’elle, droits et sombres, mauvais. Un chat qui miaule un peu plus loin. Quelques crissements de pneus par ci, un bruit de verre brisé par là. On se croirait dans du Tarantino. Parfaitement caricatural mais tellement délectable…


«  Bonsoir messieurs. »

Elle leur sourit, aimable, son gros sac noir à bout de bras. Comme elle s’y attendait, c’est pas le même que la dernière fois. Celui là, elle le connaît pas mais sent déjà qu’elle ne l’aime pas. A peine plus grand qu’elle, il est mince, brin, mat, relativement typique du coin. En revanche, il a la pupille assez vide pour que ça se remarque. Ce mec n’a pas réussi par son intelligence. La mâchoire serrée autour d’un brin d’on-ne-sait-quoi déjà réduit en bouillie, les bras croisés, le regard torve et droit comme un i, il a tout du caïd des pâtés de maison, le mec qui s’est retrouvé là par hasard et part maintenant du principe qu’il a le monde au monde de sa laisse. Celui là va probablement tenir encore moins longtemps que les autres.
Il ne répond d’ailleurs pas à son salut, bien sûr. Pourquoi s’encombrer d’amabilité quand on est déjà virtuellement mort ?


« T’as le fric ?
- Je vois difficilement comment j’aurais pu l’oublier à la maison.
- Tu te fous de moi ? »

Amnesia soupire. D’accord. Prototype gros con. Alors mon grand, ils ont pas mis la muselière aujourd’hui ? T’as été un gentil chien ?

« Non, non. »

Heureusement qu’elle sait feindre l’humilité effrayée. D’un geste, elle jette le sac à ses pieds, qu’il renvoie immédiatement à l’un de ses gardes pour vérification. Un autre du même volume lui est lancé de la même manière. Finalement, tout ça, c’est tout à fait rébarbatif. Amnesia s’accroupit à côté de son acquisition et l’ouvre pour procéder à ses propres analyses.

« Qu’Est-ce que tu fabriques, là ?
- Je vérifie que tout y est.
- T’insinues qu’on est des menteurs ?! »

Oh ben non, alors. Des meurtriers multi récidivistes avec un casier long comme mon bras, accessoirement impliqués dans le trafic de mitraillettes et de cocaïne, je ne vois vraiment pas pourquoi je me méfierais.

« Mon client m’a demandé de vérifier, je vérifie, c’est tout. »

Elle n’a pas le temps de sortir le premier sac de coke que le chien enragé l’empoigne par le col et la soulève violemment pour lui faire face, son flingue appuyé contre la tempe. Le contact froid et douloureux du canon la paralyse un instant, pur réflexe de survie, couplé à une incrédulité à peine dissimulée.

« Écoute moi bien, espèce de salope, tu vas prendre ta merde et foutre le camp d’ici.
- Eh, du calme Taz, c’est bon.
- Elle a pas à me parler comme ça. Tu baisses les yeux quand on te parle !
- Va falloir freiner sur la caféine, mon vieux… »

Le coup de crosse qu’elle se prend dans la tempe l’étale au sol. Sonnée, elle reconnaît le bruit sec, affreux, d’un révolver chargé. Elle s’appuie sur le bitume, complètement ahurie. Lui la vise, aveuglé par une rage complètement aberrante.

« Je vais te faire exploser la cervelle !
- Taz, putain ! »

Doucement, imperceptiblement, un rire nerveux commence à monter dans sa gorge. Une seconde plus tard, Amnesia ouvre la bouche, un son rauque et hilare en sort, impulsive imprudence, réminiscence de son ironie perpétuelle.

« Tu peux mais ce serait stupide. Je dirais même qu’il y a de quoi te foutre dans la merde.
- Ah ouais ? Et comment ? T’as pas capté où on était ? Tu piges pas ? T’es rien ici, connasse. Personne viendra sauver ton ptit cul.
- C‘est une régulière, espèce de con. Qui t‘a dit que tu pouvais la buter ?»

Pour le coup, ça lui coupe la chique, à l’autre couillon. Il s’immobilise, incrédule à son tour, jette à la demoiselle un regard complètement vide d’expression. Amnesia doit faire preuve d’une volonté extrême pour retenir le fou rire qui la tiraille tant ses nerfs sont excités par l‘adrénaline qu‘elle vient de se prendre. Elle se redresse calmement et se penche vers son sac pour poursuivre la vérification, imperturbable.

« Le flingue que t’as dans la main est payé par l’argent de la drogue, celui que des clients vous donnent pendant ces charmantes petites réunions. L’argent, c’est les gens comme moi qui vous l’amènent. Si tu butes le messager à chaque fois, vu que ces mecs là ont leurs habitudes et font confiance qu’à une poignée de personnes, bah ils arrêtent d’acheter chez vous. Et tes patrons, qui ont certainement déjà une commande de M16 en cours, ils seraient contents de capter qu’il leur manque des petites coupures pour finaliser la transaction. Je dis pas que je suis pas rien. Mais les petits papiers verts, là, dans le sac, c‘est tout ce qui importe. Au final, tu me tues pas, j‘en ramène plein d‘autres, tu montes en grade pour travail bien fait et on tire un coup à l‘occasion pour fêter ça. C‘est comme ça que ça marche»

Satisfaite par le contenu du sac, Amnesia l’empoigne et se relève, un sourire calme sur les lèvres. Il a l’air au bord de la crise de rage mais ne sait visiblement plus quoi faire. L’interruption des gardes du corps semble avoir brisé ses illusions, il commence visiblement à se demander s’il n’aurait pas loupé deux ou trois lignes en signant son contrat. Sa main secoue son flingue comme un gosse avec une sucette, nerveuse, incertaine, presque frustrée. Adressant un signe de tête aux trois hommes derrière lui, Amnesia prend congé après avoir communiqué ce qu’elle sait sur une prochaine transaction. Gratifiés d’un simple «  Messieurs… » elle les laisse là, remonte à bord de sa voiture.
Oui. Bon. Elle tremble un peu, quand même.




Dernière édition par Amnesia Van Grad le Mar 26 Avr - 21:23, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 10:38

Bienvenue !!! 275914 !!

Les deux texanes sont dans la place ça va déménager Twisted Evil

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« DLeylah M. Vasquez »

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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 10:39

Chère amie, nous vous attendions

respect
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 10:47

bienvienduuuu
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 10:49

Bienvenue Very Happy
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 11:36

Welcomeuh
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 12:21

Merci à tous ^^
J'ai presque fini, il ne me reste plus qu'une partie. Juste le temps de voir celles qui ont déjà été faites et si des modifications sont nécessaires.

Sur le maire, surtout. J'ai pris la liberté de me l'approprier en PNJ parce que je n'ai vu de description sur lui nulle part mais... enfin il est tout à fait possible que sa personnalité soit déjà construite et importante pour le forum.
Enfin, disons qu'un maire corrompu, je comprendrais qu'on me tape sur les doigts...
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 13:37

Bienvenue à L.A.
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Ven 22 Avr - 17:27

Bienvenue. Very Happy
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Sam 23 Avr - 3:07

Bienvenue cheers

(La si belle Diane ... * gazouille * )
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Sam 23 Avr - 4:33

Tombeur lol
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« Amnesia Van Grad »


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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Sam 23 Avr - 8:22

Gazouille ?
*rires* pas sûre que ce soit une bonne approche x)

Merci beaucoup tout le monde !

Je pars en week end de famille, là, j'aurai pas le temps de finir ma fiche. Je suis désolée de vous donner du travail mais est ce qu'un admin pourrait corriger le début, le temps que je revienne ? C'est que la dernière partie est une scène du présent et si j'ai fait des bourdes dans ma fiche ou si quelque chose ne va pas, je voudrais pouvoir les corriger avant d'entamer la situation actuelle ^^

Désolée Embarassed
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Sam 23 Avr - 23:51

bienvenue
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Dim 24 Avr - 9:11

Hello ^^ je suis temporairement modo alors je vais commencer un peu ta fiche :
Pour ma part pour l'instant c'est impeccable. Par contre je ne sais pas si un trafique de drogue orchestré par le maire soit accepté dans le contexte général. Je ne sais pas si tu as lu la fiche de Sean mais la seule "tare" du maire (que tu peux développer dans ta fiche ou ton RP après) ce serait le fait qu'il autorise le CRASH a utiliser des moyens pas franchement correctes pour endiguer la criminalité et regagner les élections.

Est-ce que ce serait possible de juste temporiser ce point ? Je pense qu'à la limite si Amnesia a son propre "commerce" (comme c'est suggéré un peu dans l'histoire, un commerce minime dans un cercle restreint) au sein de l’hôtel de ville auprès de clients se voulant discrets ça peut marcher... Maintenant je ne sais pas exactement ce que voudrait Sean sur ce point alors mieux vaut rester flou, tu vois ^^ ?

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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Dim 24 Avr - 12:43

Bienvenue !

Je crois que Dalia a tout dit ! Donc je ne vais pas redire comme elle XD
Sauf que, j'ajouterais une petite précision. Si tu choisi d'avoir ton propre commerce, il ne faudrait pas oublier que les gangs risque de ne pas t'apprécier. Wink

Bonne chance pour la fin de ta fiche ^^
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Mar 26 Avr - 17:44

J'ai pris vos remarques en compte, merci à toutes les deux ^^

Bon bah c'est bon pour moi. Modifié, achevé, toussa... Y a plus qu'à avoir vos nouvelles remarques pour d'éventuelles autres rectifications. Smile
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Mar 26 Avr - 18:34

Pour moi tout est OK, j'ai tout lu, je me suis régalée littéralement.

Ensuite pour le "trafique" je pense que c'est bon car c'est pas à grande envergure, quelques clients qui se veulent discrets qui payent quelqu'un pour aller traîner dans les coins craignos, il me semble que c'est assez "courant" comme pratique. Ensuite j'ai envoyé un MP ce matin aux deux admins du forum et j’attends encore leurs réponses alors je te demanderais de patienter encore un peu :s

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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Mar 26 Avr - 18:43

Aucun problème, ne t'en fais pas. Je suis très loin d'être une excitée du clavier et rien ne m'empêche de tapoter quelques lignes d'ouverture en attendant, préparer ma fiche de lien, toussa... ^^

Bref, tout ça pour dire relax, je peux attendre autant de temps que ça arrange tout le monde.

Et merci à toi pour tout ça 275914
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Mar 26 Avr - 20:37

Je suis désolé Dalia, je t'avais répondu mais il y a du y avoir un bug quelque part Neutral

Bref, comme la fiche touche au maire et que j'ai peu d'idée sur la façon dont Sean l'imaginait, je pense qu'on va attendre sa bénédiction Wink
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Mer 27 Avr - 12:19

Ca me va =)

Je pars vendredi à cinq heures du matin, j'aurai pas beaucoup de temps à consacrer au net jusque mercredi prochain. Donc si y a des rectifications à faire entre temps, il faudra juste attendre quelques jours de plus.

Voili voilou.
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Sam 30 Avr - 20:07

Bah ça me va aussi! Rien qui me dérange dans le portrait de ce politicard qui fait bien les affaires de ma brigade. Je penserais à amener des chocolats avec mes stats quand je serais convoqué dans son bureau. Je l'aime bien la petite... 536843

Bon, bah tu es validée Smile Tu peux désormais aller créer tes fiches de liens et de sujets ICI, faire tes demandes ICI et bien sûr passer faire un tour dans le flood ICI pour mieux faire connaissance si l'envie t'en dit.

Au plaisir de croiser ta plume avec la mienne

Much love,

Sean

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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Sam 30 Avr - 20:53

Bienvenue. Smile
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MessageSujet: Re: Amnesia Van Grad   Dim 1 Mai - 20:21

Merci beaucoup msieur l'admin. Vous croiser au détour d'un couloir sera un plaisir tout à fait partagé ^^

Merci Carmen !

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Amnesia Van Grad

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