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 Le miel et les abeilles [Ornychou]

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« Kenneth Anderson »


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MessageSujet: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Lun 11 Avr - 1:43

« Mais ... Monsieur Anderson ... Je ne comprends pas pourquoi vous ... » « C'est précisément ça le problème Johana. Je ne vous demande pas de comprendre, je vous demande de me foutre la paix et de bien vouloir me rendre ce dossier. Ne me dites pas que tendre le bras dépasse votre seuil de compétences ou je vais finir par croire que stagiaire rime nécessairement avec " à euthanasier d'urgence pour incompétence chronique " » « B-Bien monsieur Anderson, le voici. » « Vous voyez qu'on y arrive ! Brave petite, je vous ramènerai une image demain. » Et, dossier sous le bras, Kenneth tourna les talons sans plus attendre afin de rejoindre le parking de l'institut médico-légal. Sur le trajet, tout en sortant son trousseau de clés de sa poche, il ouvrit la pochette et s'assura que tous les papiers nécessaires y étaient bel et bien répertoriés. Que cette stagiaire ne comprenne pas en quoi il était nécessaire que le légiste en personne prenne en charge la transmission du dossier au bureau du procureur là où le transfère était généralement réglé par inspecteur interposé ou - dans les cas urgents - par coursier lui passait complètement par dessus le coude ; tout comme le fait d'avoir hypothétiquement été un peu trop rustre le laissait parfaitement indifférent. Ne comptait que le but qu'il s'était fixé en se ravisant au dernier moment et en décidant d'aller livrer lui-même le résultat de son autopsie à sa majesté Ornella Di Marzio. Une Ornella qui lui avait lassé un message sur le répondeur du bureau quelques jours auparavant et avec laquelle il n'avait plus discuté depuis longtemps. Or, le fait que ses directives en terme de précision du rapport aient été archi pointilleuses lui avait laissé entrevoir la possibilité de négocier plus qu'un simple merci une fois l'expertise transmise. Rusé (charognard ?), il n'éprouvait aucune gêne à sous-entendre que le tri sélectif qu'il faisait sur demande dans ses constatations sur les corps qui intéressaient tout particulièrement la procureur méritaient plus que la seule satisfaction d'avoir rendu servir à une Justice en laquelle sa foi restait relativement faible ...

Balançant le dossier sur le siège passager, Ken prit place derrière le volant, mit le contact et lança la radio à fond de balle avant d'effectuer une marche arrière et de prendre la route qui menait au tribunal. « Everybodyyyyy needs somebodyyyyy ! » Fredonna-t-il sur un air de Blues Borthers qui le fit pianoter en rythme sur la tranche de son volant dès qu'un feu rouge l'obligea à s'arrêter. Fenêtre ouverte et cheveux dans le vent, il commença par trépigner sur place avant de totalement lâcher prise et de tendre un indexe inquisiteur droit devant lui en désignant les piétons qui traversaient la route. Chaque désignation qu'il faisait se voyait agrémentée d'un « I need you, you, you ! » qui - si le feu n'était pas passé au vert et ne l'avait pas fait redémarrer en trombes - aurait aisément pu le faire passer soit pour un fou, soit pour un pervers en train de faire des propositions concupiscentes aux jeunes femmes qui se trouvaient dans son champ de vision, au choix. Cela dit, la question ne se posa pas puisqu'une fois la route de nouveau libre il recentra son attention sur la circulation alentours et s'arrangea pour éviter le plus d'embouteillages possible afin d'être certain d'arriver à bon port avant que sa proie ne soit rentrée chez elle. Quinze minutes plus tard, il coupait le contact sur le parking du tribunal, récupérait le saint Graal qui lui ouvrirait toutes les portes à l'intérieur et verrouillait la centralisation automatique des portières après s'être extrait de l'habitacle. Par la suite, il se rendit dans le hall où il prétendit d'un air assuré qu'on l'attendait, qu'il avait effectivement rendez-vous mais qu'il ne servait à rien de déranger " Ornella " (l'appeler par son prénom sous-entendait une intimité autre que professionnelle entre la patronne et lui-même, ce qui - il le savait - impressionnerait l'hôtesse d'accueil) et qu'il connaissait le chemin suffisamment bien pour qu'en plus de ne pas la prévenir on ne se donne pas la peine de l'accompagner. Ainsi, il comptait sur l'effet de surprise pour s'assurer que l'italienne qu'il était venu enquiquiner n'ait pas déjà eu le temps de se barricader dans son bureau et de prétendre ne pas avoir le temps de le recevoir. C'est d'ailleurs avec une désinvolture toujours aussi remarquable qu'il passa sous le nez de la secrétaire du deuxième étage en brandissant son dossier et en courant presque comme pour se donner une importance qu'il n'avait pas et laisser croire qu'il n'avait absooooolument pas le temps de s'arrêter car la pochette qu'il tenait dans la main avait un pouvoir de vie ou de mort sur quelqu'un ... Ce nouvel obstacle franchi, il profita d'une intersection dans les couloirs pour se mettre hors de portée de vue du secrétariat et réajuster sa tenue de façon à ne pas avoir l'air trop négligé. Enfin, voyant la porte du bureau qu'il recherchait se profiter dans son champ de vision, il se racla la gorge et frappa trois fois contre le battant, dossier en main et air on ne peut plus satisfait sur le visage.


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« Ornella Di Marzio »


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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Lun 11 Avr - 17:48

[han comment ce bleu il ressort pas sur l'écran du taf...]

Ornella, elle, était tranquillement installée dans son bureau, cloturant une affaire. Une charmante affaire, vraiment. Cambriolage avec prise d'otages. Les accusés - et désormais reconnus coupables - avaient 18 et 19 ans et avaient braqué un petit commerce de quartier. Ils avaient vite paniqué face au commercant et lui avait tiré dessus. Le coup avait alerté le voisinage, qui avait appelé la police, qui, par chance, patrouillait à proximité. Une chose en entrainant une autre, les deux jeunes avaient pris en otage le commercant et les 3 clients. Ornella se demandait bien par quel miracle ca n'avait pas tourné au bain de sang.
Néanmoins, elle ne leur avait pas fait grace durant l'audience. Ils n'en étaient pas à leur coup d'essai et avaient un dossier long comme le Mississippi. Elle avait réussi à les déstabiliser à la barre. Le plus jeune avait même failli pleurer. Intérieurement, Ornella avait jubilé. Pourtant, elle avait requis une peine légère, et le juge l'avait suivie. Ils iraient donc passer 6 mois au frais, histoire de leur rappeler les bonnes manières. Elle serait heureuse lorsqu'elle pourrait se débarrasser de ce dossier : tout dossier clos est un bon dossier.
Elle ne se doutait pas du drame qui se jouait juste devant sa porte.

Kenneth était passé devant le bureau de Clorissa, son assistante. Celle-ci l'avait regardé passer d'un air effaré. Elle avait marqué un temps, la bouche ouverte, puis s'était levée précipitament pour se lancer à la - courte - poursuite de Kenneth.

" Monsieur vous ne pouvez pas ! Je dois savoir votre nom et ce que vous voulez, et... "

Et c'était trop tard, il avait frappé. Clorissa s'arrêta net derrière lui, et attendit la suite, mortifiée. A n'en pas douter, elle allait passer un sale quart d'heure après le départ de cet.... abruti ! Si elle s'écoutait, elle lui arracherait les yeux sur place.

On entendit un bruit de fauteuil qu'on bouge et les claquements de talons sur le sol lisse du bureau. Ornella n'aimait pas se lever. Clorissa en était sur, elle allait mourir.

Sauf qu'Ornella ne connaissait pas beaucoup de personnes susceptibles de passer outre la très bien dressée Clorissa. Mais cette transgression s'accompagnait en général de tempêtes nommées Vasquez ou Mourning. Un seul avait le culot de transgresser le protocole tacite du bureau du procureur pour ensuite frapper poliment à la porte.

Ornella ouvrit cette dernière d'un geste vif et embrassa la scène du regard : Kenneth Anderson se tenant sur le seuil, les cheveux coiffés... comme d'habitude, avec son style vestimentaire inimitable, et Clorissa deux pas en retrait, hésitant visiblement entre la fuite et la prosternation. Pourtant Ornella ne dit rien, se contentant de tenir la porte afin que le legiste puisse finir son entrée visiblement fracassante dans ses bureaux.
A dire vrai, qu'il débarque ainsi l'amusait - d'autant qu'elle avait terminé son travail, une récréation serait la bienvenue - mais elle préféra lui servir un regard d'une froideur sibérienne et lui faire croire qu'il la dérangeait au milieu d'un meeting avec les présidents du G20 au minimum. Ce regard eu d'ailleurs pour premier effet de faire pâlir la pauvre Clorissa au dela de l'humainement possible : elle se demanda si elle pourrait au moins être employée au service juridique de TV Guide après une bourde pareille...

Ornella fit un petit geste pour inviter Kenneth à entrer, et referma la porte sur une Clorissa mourante.
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« Kenneth Anderson »


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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Mar 12 Avr - 15:35

Refusant obstinément de se retourner pour faire face au chien de garde qui l'avait pris en chasse et qui - tétanisé à l'idée de ne pas avoir été assez réactif - n'osait plus avancer vers lui maintenant qu'il avait frappé à la porte du maître, Kenneth faisait une fois de plus preuve d'un égoïsme rare ; le remord que cette secrétaire se fasse éventuellement remonter les bretelles après son départ glissant sur lui comme l'eau sur un parapluie. Enfin, la porte s'ouvrit sur la beauté froide du procureur et c'est avec un sourire d'une suffisance et d'un sans gêne palpables qu'il combla le silence papale instauré avant de pénétrer dans le bureau d'un pas quasi monarchique.

« Madame est servie ! » S'exclama-t-il alors en effectuant une révérence courtoise et en brandissant son dossier comme pour légitimer le fait d'avoir fait un forcing aussi peu respectueux des conventions d'usage. « Tout beau, tout chaud (qui l'eut cru pour un dossier qui sort de la morgue ?), fraichement rédigé avec amour et dévotion : voici mon rapport ! »

D'un geste qui se voulait majestueux, il déposa le fichier entre les mains d'Ornella et prit une pause d'enfant sage en rassemblant ses mains derrière son dos plus droit qu'un " i ". Ne manquait plus que m'auréole (et éventuellement les plumes dans le cul ...) pour que le bon Dieu lui soit donné sans confessions, à ceci prêt peut-être que la lueur de malice qui habitait son regard aurait pu éveiller des soupçons quant à la véracité de cette apparente tranquillité. D'ailleurs, il profita que la porte ait été précautionneusement refermée derrière lui pour ajouter une suite à son discours qui laissa clairement entrevoir que le déplacement " en personne " était tout sauf désintéressé :

« Avec juste ce qu'il faut de détails, comme demandé. J'ose espérer que cela vous conviendra, je me suis donné beaucoup de mal vous savez ... » Beaucoup de mal pas comme : " Je me suis donné beaucoup de mal, voyez à quel point je suis assidu ! ". Non, beaucoup de mal comme : " je me suis donné beaucoup de mal ma biche, maintenant c'est le moment où tu fais un effort de compassion et d'investissement pour compenser ce dur labeur ". Avec un haussement de sourcils encourageant (pour ne pas dire un poil séducteur), il la gratifia d'une œillade qu'assez peu d'hommes employés par ce tribunal auraient osé lui adresser, assurément.
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Mer 13 Avr - 11:41

Ornella était restée debout près de la porte, en continuant de toiser Kenneth. Elle l'avait regardé entrer avec ses airs de propriétaire des lieux et lui faire face avec l'aplomb qui le caractérisait. Comme d'habitude, l'idée qu'elle ait pu avoir du travail, voire qu'un tiers se soit trouvé dans le bureau ne l'avait pas effleuré.... Les hommes avaient déja du mal à contenir leur ego, et Kenneth en était l'archétype.

Elle recut le dossier d'autopsie des mains même du maitre de la morgue. Autant par habitude que par contraste avec le geste théatral de Kenneth, elle tendit sobrement la main. Elle lu rapidement le nom inscrit sur le dossier et releva les yeux sur l'angelot en face d'elle. Elle ne prendrait même pas la peine de le relire ; on pouvait faire confiance à Kenneth pour obtenir précisément ce que l'on voulait. Du moins sur un dossier d'autopsie... Pour le reste, sa docilité était nettement plus difficile à monnayer. Le coin de sa lèvre frémit imperceptiblement sur la blague concernant son dossier chaud en un embryon de sourire - unicellulaire, l'embryon -, mais elle s'abstint de tout commentaire.

Elle le regarda droit dans les yeux, lui rendant froideur hautaine pour malice taquine. S'il était certain qu'un dossier de cette sensibilité demandait des précautions, Ornella soupconnait que Kenneth avait fait le déplacement en grande partie pour le plaisir de venir lui casser les pieds. Qu'à cela ne tienne... Comme à l'accoutumée, elle lui opposerait son flegme légendaire.

" Merci pour votre célérité. Mais était-il nécessaire de jouer avec les nerfs de mon assistante de la sorte ? "

Elle quitta sa place pour prendre une position plus sur derrière son bureau, et sur son siège. Elle posa délicatement le dossier devant elle et s'adossa, un coude sur l'accoudoir et posa deux doigts sur sa joue, recommencant à scruter Kenneth. Elle se doutait de ce qu'il était venu chercher, mais elle n'allait pas lui faire le plaisir de lui faciliter la tache. Il était tellement plus amusant de le laisser se débattre tout seul.

Elle plissa néanmoins légèrement les yeux en réponse à son oeuillade. D'expérience, elle savait fort bien qu'il ne servait à rien de lui dire quoi que ce soit à ce sujet. Même, il en ferait encore plus si elle protestait. Là où les autres hommes qui arpentaient ce couloir rabattaient leurs prétentions après un regard bien glacial, Kenneth en profitait plutôt pour en rajouter une couche. Elle se contenta donc d'arborer son sourire Mona Lisa.

" En tout cas, j'admire votre abnégation pour servir la justice. Soyez certain que j'en ferai bon usage. Merci. "

Elle inclina légèrement la tête.

" Et puis je sais le soin que vous prenez à vos dossiers... "

Son sourire devint un peu plus franc et complice : elle escamotait volontairement ce pour quoi il était venu, mais savait pertinament comment ca finirait.
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« Kenneth Anderson »


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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Jeu 14 Avr - 0:26

Jouer avec les nerfs de son assistante ? Si on lui avait demandé son avis, Kenneth n'aurait pas hésité a insinuer clairement que, des deux, c'était certainement Ornella qui jouait le plus avec les nerfs de ladite assistante. Après tout, ce n'était pas par lui et ses entrées fracassantes que cette pauvre femme était terrorisée mais bel et bien par la procureur et son regard d'acier. Et puisqu'il avait été prouvé scientifiquement que la peur naissait de l'expérience (sauf peut-être la peur de l'inconnu), il y avait fort à parier pour que le chien de garde se soit déjà pris plus d'un coup de tatane de par le passé avant d'en arriver à ce stade de terreur anticipée sur la punition. Cela dit - et parce que le fait que Ornella s'éloigne pour retourner derrière son bureau signifiait clairement que la question était plus rhétorique qu'autre chose et qu'en aucun cas elle ne lui demandait réellement son avis - notre légiste se garda de tout commentaire, se contentant de pivoter sur place pour lui faire face même s'ils étaient désormais séparés par l'imposant bureau aux allures de rempares de fortune.

Lorsqu'elle se mit à noyer le poisson en lui parlant de son abnégation et du soin tout particulier avec lequel il montait ses dossiers, Kenneth ne put s'empêcher de sourire de biais. La subtilité avec laquelle elle slalomait entre les mines était admirable sur bien des points, mais pour un jardinier qui s'y connaissait aussi bien en râteaux que lui, cette habileté relevait plus d'une invitation à relever le défi que de l'avortement courtois mais néanmoins radical de toute espérance naissante. Sans se départir de son aplomb légendaire, il combla le vide qui le séparait du bureau en deux enjambées déterminées et posa ses mains sur le rebord du meuble pour mieux se pencher en direction de la belle.

« Malheureusement - et même si je reconnais qu'elle vaut son pesant d'or - votre admiration ne suffira pas m'encourager dans ce sens, madame. » Répondit-il sur le même ton avec, cependant, quelques intonations volontairement mielleuses qu'il ne lui semblait pas avoir perçu dans la voix de sa vis à vis lorsqu'elle s'était exprimée. « Comprenez que si je soigne tous mes dossiers, certains sont plus bichonnés que d'autres ... » Reprit-il non sans oublier de décocher un coup d'œil à la pochette posée juste devant elle, « Peut-être pourriez, vous aussi, mettre un soin tout particulier à récompenser certains de vos collaborateurs assidus ? » Un sourire Colagte accompagna ce sous-entendu scabreux (la notion de récompense pouvant se traduire par énormément de choses pas toujours très catholiques ...). Ne manquait plus qu'une pancarte constituée de néons rose fluo en forme de flèche au dessus de lui avec comme précision " ceci est le seul collaborateur assidu présent dans la pièce " pour que la scène soi digne d'une série comique à rires pré-enregistrés. De nouveau (et parce qu'il savait que ça finirait par l'agacer au bout d'un temps), il la gratifia d'un haussement de sourcils significatif et garda la pause, prêt - comme à son habitude - à encaisser gifles et/ou verre d'eau jeté en plein visage avec un flegme digne du plus pure souche des britanniques.

De toute façon, s'il avait eu besoin de se rassurer à un moment ou à un autre, il se serait intimé qu'il y avait très peu de chances (voire même aucune) pour que cette femme là le gifle ou l'éclabousse à la manière de n'importe quelle autre femme avant elle. Il y avait trop de bruits et trop de rumeurs sur son impassibilité légendaire pour qu'il se sente physiquement menacé suite à un simple sous-entendu certes douteux, mais inoffensif. A voir combien de coups de cravache il lui faudrait à lui pour courber l'échine à la manière de l'assistante ...


Dernière édition par Kenneth Anderson le Sam 23 Avr - 3:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Ven 15 Avr - 9:42

Ornella continuait de scruter le légiste du fin fond de son siège. Il était calme pour l'instant... Oh bien sur, le petit jeu avait déja commencé. Le fait qu'il réclame d'entrée sa "récompense", ou qu'elle même passe leur accord tacite sous silence. Elle même était de bonne humeur, et donc prête à jouer. Tourner autours du pot, le faire tourner en bourrique jusqu'à ce qu'il supplie, voila qui serait distrayant.
A la réflexion, elle se demandait qui était la bourrique de l'autre. Elle soupconnait qu'il prenait un certain plaisir à l'asticoter. En règle générale, elle le prenait assez gracieusement. Cela relevait d'un miracle qu'il ne soit jamais tombé sur un jour sans de l'italienne. Elle tenta d'imaginer comment leur petit jeu pourrait tourner si elle était de mauvaise humeur... Dans ces cas là, le moindre contre-temps se soldait par des représailles morales pour son entourage. Son équipe avait appris à affronter la tempête froide avec stoïcisme, mais elle se demandait comment Kenneth réagirait face à une journée critique...

Mais ce n'était pas un tel jour. Les choses avaient tourné dans son sens, et ce dossier en était la cerise. Dossier soigné comme elle l'entendait, bien sur. Elle ne doutait pas que, motivé par la perspective d'une récompense, Kenneth avait été soigneux.

" Et j'imagine que ce dossier fait partie de ceux qui ont droit à un traitement de faveur ? Sinon vous le souligneriez pas ainsi... "

Elle s'avanca lentement vers son bureau, quittant le refuge relatif de son fauteuil pour se rapprocher de Kenneth. Son coude avait quitté l'accoudoir pour se poser sur le plateau du bureau et elle posa le menton sur sa paume. Elle avait un sourire en coin, prête à relever le défi, quel qu'il soit.
Il n'y avait plus qu'une dizaine de cm entre eux, et cela faisait monter la pression. Elle adorait ca.

" Et comme je n'ai jamais eu le moindre doute sur votre assiduité... J'imagine, oui, que vous méritez une petite récréation... "

Elle eut un nouveau silence lourd de sens et son sourire s'élargit.

" Vers quoi irait votre bon plaisir ? "

Elle savait pertinemment ce qu'il avait au fin fond de sa pensée. Elle savait aussi qu'il n'irait jamais directement droit au but, c'était pour ca qu'elle pouvait se permettre d'être aussi directe. Cela faisait partie du jeu : donner un peu pour reprendre ensuite, jouer avec ses nerfs pour mieux se l'attacher...
Il n'était pas le seul qu'elle tenait en haleine, mais il faisait partie des rares qu'elle appréciait par ailleurs. Elle eut une pensée pour l'insipide juge Talbott qu'elle avait à sa botte par des moyens équivalents, mais qui n'avait pas les charmes de Kenneth ; Les phacochères sont peut être gentils, mais ca ne veut pas dire que l'on souhaite les faire entrer chez soi.
Mais Kenneth savait aussi les limites à ne pas dépasser pour ne pas finir sa vie dans un fut de choucroute.
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Sam 23 Avr - 16:59

Elle avait tout compris, ce qui le confortait dans son idée que cette femme était loin d'être bête (contrairement à d'autres qui ne pouvaient se prévaloir de jouir d'un apriori favorable de la part du légiste). Aussi en déduisit-il que le fait qu'elle se rapproche de la sorte par dessus le bureau était à percevoir comme un effet de jeu de provocation et non comme un signe manifeste d'attirance naïve et spontanée. Avisé, il avait beau être optimiste, cela ne l'empêchait pas de se rendre à l'évidence et de se dire qu'il en faudrait beaucoup plus pour parvenir à l'intéresser ne serait-ce qu'un temps soit peu. Aussi prit-il tout le temps de la réflexion lorsqu'elle s'enquit de ce qui aurait bien pu lui faire plaisir. Au sourire de plus en plus marqué qui habitait les traits de la beauté froide, il n'eut aucun mal à deviner qu'à question directe elle ne désirait pas une réponse du même genre. Et - de toute façon - ce n'était pas ce qu'il avait prévu de répliquer. Pour tout dire, et même s'il était évident qu'elle avait une emprise indéniable sur le sens de la conversation, Kenneth préférait - et de loin - emprunter détours et contournements pour faire durer le plaisir. Chaque seconde de gagnée était une occasion de plus de titiller le procureur, il ne s'en cachait presque pas d'ailleurs et il aimait ça plus que de raison.

« Aimez-vous danser Madame le procureur ? » Questionna-t-il, un air mutin sur le visage et des étoiles de malice au fond des yeux. « Nous avons partagé des heures de travail, des cafés, des questionnements professionnels et quelques rares repas d'affaires, mais je n'ai jamais eu l'occasion de vous voir danser. Or cela m'enchanterait, j'en suis certain ... »

Cela le ravirait, oui, mais il prenait grand soin de passer sous silence le genre de danse auquel il aurait voulu l'initier si, par hasard, elle lui avait répondu qu'elle ne savait pas danser. Une danse de couple, bien évidemment, loin, très loin de ses petits mouvements sans envergure qui se pratiquaient de nos jours lors des galas et autres soirées plus ou moins animées. Contrairement à bon nombre d'hommes qui s'angoissaient à la simple idée d'avoir à mener une danse, Kenneth, lui, n'avait aucune raison d'avoir peur de mal faire. Depuis toujours il appréciait danser et, sans se prendre pour un danseur exceptionnel, pensait pouvoir se qualifier d'élément aux capacités tout à fait acceptables. Seulement voilà, peu de femmes acceptaient de se joindre à lui plus d'une soirée ; le fait étant que son humour et sa conversation parfois hasardeuse ne séduisaient de toute évidence pas aussi efficacement son habileté à virevolter de ci de là sur des airs de valses ou de tango.

" Soit bon et tais-toi ", devait très certainement correspondre mot pour mot aux pensées de celles qui avaient tenté l'expérience de lui servir de partenaires et qui avaient fini par abandonner, soit exaspérées, soit agacées de constater que le seigneur ait pu concevoir un être capable de contenir autant de désinvolture en son sein. Pourtant, lorsque le jeu en valait la chandelle, Kenneth savait se montrer plus sérieux et plus gentleman qu'il ne l'était en temps normal. Il s'agissait simplement de savoir le tirer vers le haut plutôt que de bêtement se laisser entrainer vers le bas par sa propension à toujours très vite se laisser distraire.
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Dim 24 Avr - 12:30

[ 953843 je kiffe à fond ]

Le temps que Kenneth prit à répondre, Ornella le passa à le fixer, droit dans les yeux, avec un sourire mutin, se demandant ce qu'il allait pouvoir inventer comme extravagance. Pour elle, pourtant le sujet était d'ors et déja clos : ils finiraient autours d'une bonne table, passeraient une soirée intéressante et il rentrait sur sa faim. Elle doutait fort qu'aucune de ses propositions n'aient l'heur de lui plaire. Au vu de son extravagance habituelle, que soumettrait-il ? Une soirée au zoo ? Une escapade truculente à DisneyLand ? Ou pire encore... un pique-nique dans les Rocheuses, ou un week-end à Las Vegas ? Dans tous les cas, elle le cantonnerait à un simple dîner où la conversation pourrait dévier à l'envie.

Pourtant, il la surprit. Bien sur, maitresse d'elle même, la seule manifestation de sa surprise fut le frémissement d'un sourcil, mais pour qui la connaissait bien, c'était un signe indéniable qu'on avait touché quelque chose. Or Kenneth n'allait sans doute pas laisser échapper cela. Quoi qu'il en soit, la proposition du légiste était plus que plaisante : elle n'avait pas eu l'occasion de danser depuis trop longtemps. Pourtant elle adorait cela, elle avait d'ailleurs suivi des cours de tango. Hors de prix, mais fabuleux. Elle n'avait mangé que de la salade pendant 6 mois - refusant d'opter pour son pendant glucidique, à savoir les patates - , mais cela avait valu le coup.
Elle se posa fugitivement la question de savoir si cet excentrique était capable d'aligner deux pas de danse. Elle sonda un peu plus son vis à vis, cherchant dans ses yeux la moindre trace de doute ou d'ironie. Mais force était de constater qu'il était droit dans ses bottes.

Intéressant.

Piquant.

Touché...

Son sourire était sans équivoque. Oh que oui, elle aimait danser.
Elle leva la main pour se saisir de sa cravate, poussant le vice un peu plus loin, allant et venant lentement le long de l'étoffe une fois ou deux avant de la lisser dans son entier avec un "hum" pensif.

" Oui, je crois que c'est un plaisir que je peux vous accorder. Et où et quand souhaitez vous cette... distraction ? "

Elle finit de faire glisser la cravate entre ses doigts et la laissa retomber.

Elle n'imaginait même pas qu'il lui fasse l'affront de l'emmener dans une de ces boîtes qu'affectionnent ses assistants ; ils avaient largement passé l'âge de se trémousser sur de la techno, si Ornella l'avait jamais fait, et rien n'était moins sur. En outre... L'expression de Kenneth laissait supposer qu'il pensait à quelque chose de plus sensuel, à n'en pas douter.

[yes, I'm a bad girl ]
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Lun 25 Avr - 20:19

[ Laughing quelle croqueuse d'homme ! ]

Silencieux, Kenneth attendait la sentence non sans omettre de détailler la moindre des expressions du visage de la belle, trop conscient qu'elle puisse être capable de répondre " non " tout en pensant " oui " (et vis et versa) et ce de manière à ce qu'un œil non avisé ne puisse se rendre compte qu'il s'agissait là de mensonges uniquement destinés à faire languir. Sans se croire ni se savoir expert dans l'art de décoder les signaux (il en était bien loin même à certains moments), Kenneth pensait pouvoir miser sur son intuition et sur l'infime haussement de sourcils qu'il crut déceler chez le procureur pour se dire que la proposition n'allait peut-être tomber à plat aussi vite qu'elle avait été formulée.

Tâchant de ne pas briser toutes ses chances de s'entendre dire " oui " par une relance maladroite, il se contenta de garder le silence et de soutenir le regard d'Ornella en lui laissant le temps de le faire patienter comme elle aimait de toute évidence si bien le faire. Toutefois, sa concentration fut mise à rude épreuve lorsque la main du magistrat vint s'emparer de sa cravate et jouer négligemment avec. Distrait, le regard de Ken accompagna le mouvement des doigts du procureur le long de l'étoffe non sans qu'une certaine tension de sa part ne commence à se faire ressentir.

" Oui, je crois que c'est un plaisir que je peux vous accorder. Et où et quand souhaitez vous cette ... distraction ? " Ravalant un « Ahem » qu'il se serait bien vu pousser histoire de se racler la gorge et de reprendre contenance, Kenneth profita que la beauté froide lui rende l'usage de sa cravate pour se redresser un tantinet. Le but étant de répondre à sa question en faisant preuve de bon goût et d'inspiration, il s'incita au calme, recentra son attention et tâcha de poursuivre d'une voix égale pour ne pas se trahir plus que nécessaire : « Que diriez-vous d'une virée à Los Angeles ce samedi soir à 20H30 ? Il se trouve qu'une réception incluant danse et banquet aura lieu au Crystal Casino et que j'y suis invité pour services rendus à l'hôte de la soirée. On ne se plaindra pas que j'amène avec moi la divine Ornella Di Marzio, bien au contraire. Je serai même ravi de faire des jaloux ... »

Évidemment, il se gardait bien que préciser que les services rendus à l'hôte de la soirée n'avaient rien de parfaitement légal et qu'ils remettaient en cause quelques uns des principes fondamentaux du serment d'Hippocrate. De toute façon - et en définitive - pour Ornella aussi il lui arrivait d'adapter à sa sauce les applications des codes de déontologie ...


Dernière édition par Kenneth Anderson le Mer 27 Avr - 22:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Mar 26 Avr - 11:25

[à dire vrai, c'est surtout la joueuse qui se fait plaisir ^^ ]

Ornella jubilait intérieurement, tellement que le coin de ses lèvres tressaillit. Elle se serait bien moquée gentiment de lui, mais ca aurait rompu le charme.
Kenneth était un partenaire de jeu particulièrement plaisant. Même s'il accusait légèrement le coup de sa manoeuvre - un coup un peu bas, Ornella en convenait volontiers - , il gardait admirablement contenance. D'autres que lui se seraient effondrés à moins, rendant les armes en demandant grace... Si l'on peut dire. Elle les oubliait vite. Mais Kenneth ne se laissait pas oublier. Il avait même tendance à s'incruster en profondeur... Qu'importe !

Ornella lui accorda un break en se redressant à son tour alors qu'il lui répondait. La proposition était très alléchante : quitter quelques heures Inglewood pour le coeur de LA avait tout pour la séduire. Avec le décorum en prime, puisqu'il y aurait le repas, le "banquet" - elle demandait à voir - dans un casino. Elle n'affectionnait guère les machines à sous et autres jeux de hasard. A nouveau, elle se laissa aller à un petit sourire en coin.

" Oh je ne doute pas que cela flatte votre ego. Veiller néanmoins à ne pas exagérer la flatterie... ou je pourrais vous demander des services à leur hauteur... "

Elle lui lanca un regard acéré et taquin avant d'incliner la tête. Oh que oui, la proposition lui plaisait grandement. Elle passait deja sa garde robe en revue, déterminant si oui ou non elle lui ferait l'honneur de faire les boutiques pour se présenter à ce dîner en grandes pompes. Feminine jusqu'au bout des ongles, il n'était pas question de faire pale figure, et même si elle s'en défiait, elle appréciait néanmoins l'idée que lui puisse se disputer ses faveurs, surtout quand cela pouvait s'avérer très utile.

" En ce cas, je pense que nous sommes arrivés à un accord satisfaisant. Je vous attendrai comme d'habitude chez moi. 19 h vous conviendrait-il ? "

S'il avait envisagé autre chose que de la conduire, il en serait pour ses frais ! On est divine ou on ne l'est pas !
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Mer 27 Avr - 22:29

" Des services à la hauteur " hein ? En réponse cette supposition, Kenneth lui rendit un sourire aussi angulaire que celui dont elle l'avait gratifié la seconde précédente. Intérieurement, il se fit la réflexion (qu'il n'aurait bien évidemment jamais formulée à haute et intelligible voix) qu'il serait certainement prêt à répondre à beaucoup des services qu'elle pourrait éventuellement lui demander pour le plaisir simple et purement intéressé de pouvoir lui en demander d'autres en retour, à titre plus personnels toutefois. En effet, s'il savait qu'avouer son béguin lui serait fatal car trop banal et trop semblable à toutes les autres déclarations qu'elle avait du entendre avant de faire sa connaissance, il ne pouvait toutefois pas se mentir à lui-même quant aux limites beaucoup plus lestes qu'il était prêt à redéfinir pour le bon plaisir de madame. Et même s'il y avait fort à parier pour que cette dernière le soupçonne d'être moins retord qu'il ne voulait bien le laisser paraitre, le jeu des apparences et l'entretien de la farce lui plaisaient plus que la perspective d'une déclaration sincère et vulnérable. Il n'était pas comme ça. Contre toute attente, il estimait avoir passé l'âge d'être explicite.

" En ce cas, je pense que nous sommes arrivés à un accord satisfaisant. " « Je le pense aussi. » " Je vous attendrai comme d'habitude chez moi. 19 h vous conviendrait-il ? " « Mais certainement ! »

Mimant une révérence, il s'accorda l'audace de lui attraper délicatement le bout des doigts avant de lui offrir un baise-main. Chasteté et protocole, voyez qu'il était prêt à bien des tours de passe-passe pour lui plaire !

« Sur ce, je n'abuserai pas plus longtemps de votre temps précieux. » * J'aurais très largement l'occasion de le faire samedi * Pensa-t-il en se reculant d'un pas et en amorçant son départ. « Que la semaine vous soit douce et profitable, à samedi soir. » Enfin, comme s'il avait encore été possible qu'elle se ravise et ne jubile de lui avoir fait une fausse joie, il s'empressa de quitter la pièce pour mieux savourer sa victoire.

Sur le retour, il passa d'un pas aérien devant le bureau de la secrétaire et - déduisant qu'elle était certainement du genre à tout raconter à sa patronne - profita qu'elle le regarde bouche grande ouverte pour caser ce qu'il espérait être un message prochainement rapporté et (de préférence) déformé / amplifié : « Fermez la bouche, vous allez avaler une mouche ! Et puis cessez de craindre sans cesse les colères de votre supérieure. Elle est si douce quand on sait s'y prendre avec elle ... » Suffisant, il ponctua sa phrase d'un clin d'œil assuré et disparu comme il était venu : tout en impertinence et en sans gêne désespérant.
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MessageSujet: Re: Le miel et les abeilles [Ornychou]   Jeu 28 Avr - 18:31

Ornella savourait pleinement le moment. Jouer avec les nerfs des autres - surtout les hommes - lui apportait beaucoup : outre les avantages inhérents à ce petit jeu, cela lui assurait en prime une certaine tranquillité, comme en témoignait la servilité de ses assistants comme Clorissa. Bien sûr, cela demandait parfois une certaine souplesse, comme se fendre de soirées barbantes avec de pauvres hommes sans intérêts, mais ma foi... on n'a rien sans rien !

Kenneth, lui sortait des sentiers battus. La preuve : alors qu'elle pensait l'avoir... "maté" pour la journée, il se fendit d'un baise-main qui eut le mérite de la surprendre. Pas tant le fait qu'il soit capable de ce genre de geste - il cadrait bien avec l'excentrique personnage - , mais plutôt qu'il ose le lui faire à elle. Elle se défendait jalousement en ce qui concernait les contacts tactiles, son apparente rigidité refroidissant en général tout geste spontané du type tripoter les cheveux, tapoter l'épaule, et plus encore ce genre d'effusion.
Elle haussa donc un sourcil dubitatif et surpris, sa main se raidissant presque aussitôt. Cependant, le baise-main fugitif n'avait peut être pas laissé le temps à Kenneth de le sentir... qu'importe, à dire vrai, s'il avait percu son irritation... non le terme ne convenait pas à Ornella, elle ne se sentait pas irritée. Incommodée ? Perturbée ? Agressée ?
A bien y réfléchir, elle était surtout fachée d'avoir été prise au dépourvue. Mais avec le légiste, après tout, il fallait s'y attendre... Et elle n'aimait pas trop ca... En général...

Elle poussa un bref et discret soupir.

Alors qu'il reculait elle le salua d'un signe de tête.

" Merci, à vous aussi. "

Salutation simple pour la peu expansive procureure. Elle resta pensive, le menton négligemment posé sur sa paume, une fois qu'il eut refermé la porte de son bureau.

Dehors, Clorissa regarda effectivement Kenneth sortir la bouche grande ouverte, et la referma à l'injonction du légiste. Elle avait l'air prête à se pendre plutôt que de rejoindre le bureau, mais le fait qu'elle n'ait entendu aucun éclat de voix et la remarque de Kenneth lui donna un peu de courage. Et si le légiste s'était présenté, c'était sans doute pour apporter un dossier qu'il lui faudrait traiter. Elle poussa donc la porte du bureau, mais tout de même prête à défaillir.

Ornella reprit son attitude sévère, et alors que son assistante ouvrait la bouche, Ornella la coupa aussitôt, tout en plongeant dans le dossier qui était resté ouvert tout le temps de la visite de Kenneth.

" Je vous dispense des excuses. "

Elle ramassa le dossier apporté par Kenneth et le tendit à Clorissa sans lever le nez.

" Versez ces éléments au dossier J-224 dans les plus brefs délais. Puis prenez un rendez vous avec le juge Thorn. "

Clorissa ouvrit à nouveau la bouche, la referma et se racla la gorge.

" Bien sur Madame. Désirez vous un café ?"

Ornella releva vivement la tête et scruta son assistante avec attention. Clorissa semblait mielleuse, onctueuse, et beaucoup moins traumatisée que d'habitude. Aussitôt la procureure soupconna le légiste d'avoir glissé quelque chose à son assistante. Mais elle n'irait pas jusqu'à demander la teneur de cet échange - encore qu'avec Clorissa, la notion d'échange était peut être exagérée. Ornella se retint de sourire devant cette réminiscence du passage de Kenneth. Mais Clorissa était entrée sans frapper... Si elle espérait s'en sortir avec un café...

Ornella fixa Clorissa d'un regard insondable, jusqu'à ce que la jeune femme perde peu à peu contenance. Puis elle décida de cesser là la torture.

" Non, merci. Vous pouvez disposer. "

Et sans plus se préoccuper de l'assistante, qui sortit précipitamment du bureau, le coeur battant la chamade en se demandant ce qui avait bien pu lui passer par la tête, Ornella se remit à son travail.

La journée n'était pas si terrible que ca...
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Le miel et les abeilles [Ornychou]

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